Prix l’Oréal/Unesco: Coup de chapeau au Dr Devina Lobine

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Devina Lobine étudie des inhibiteurs à base de plantes employés à des fins thérapeutiques dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.

Devina Lobine étudie des inhibiteurs à base de plantes employés à des fins thérapeutiques dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.

La nouvelle a de quoi rendre fier tout un pays ! Notre compatriote Devina Lobine a été récompensée par la Fondation l’Oréal/l’Unesco pour son excellence académique et pour ses recherches en neuropharmacologie – la science qui étudie l’incidence des médicaments sur le système nerveux.

Récipiendaire du prix l’Oréal/ l’Unesco 2020 dans la catégorie «Jeunes talents», cette scientifique de 33 ans étudie des inhibiteurs à base de plantes employés à des fins thérapeutiques dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Pour ce faire, elle met d’abord à profit les propriétés moléculaires, pharmacologiques et neuroprotectrices des plantes médicinales notamment l’aloès aussi connu sous le nom de «mazambron», endémique de Maurice, de Rodrigues et de La Réunion, pour freiner les effets de la maladie d’Alzheimer.

Ce prix conforte son envie de propulser Maurice sur la carte de la recherche sur le continent africain. «Mon objectif est d’aider les sciences de la vie (bio sciences) pour laisser une empreinte durable dans la recherche à Maurice et en Afrique.» Le Dr Lobine, bénéficie ainsi d’un cachet de 15 000 euros pour poursuivre ses recherches. Elle fait partie des cinq chercheuses africaines récompensées par le prix l’Oréal/l’Unesco, engagées dans des recherches post-doctorales.

Native de Saint-Julien d’Hotman

Devina Lobine, native du village de Saint-Julien d’Hotman, issue d’une famille modeste, est la seule chercheuse à travailler sur les inhibiteurs de phosphodiesterase (PDE) – une substance qui bloque l’action d’un ou de plusieurs des sous-types de l’enzyme PDE – à l’université de Maurice, en partenariat avec l’université de Durham, au Royaume-Uni et Axonova, laboratoire privé mauricien situé à Ferney. «Des études pharmacologiques ont montré que ces plantes sont une bonne source d’agents antibactériens, antioxydants et neuro protecteurs.»

Alors que l’aloès était en danger d’extinction, elle a d’abord utilisé des techniques de culture tissulaire pour propager les plantes in vitro pour les réintroduire dans la nature. La recherche médicinale a à cœur la conservation d’espèces endémiques ; d’où ce programme de restauration de 3 000 plantes d’aloès endémiques de Maurice dans les régions du Nord, de Mont-Choisy à Grand-Baie, soutenu par la Junior Chamber International (JCI), dont Devina est membre.

Après son doctorat soutenu en 2017 autour des «Natural Products», passionnée par la recherche et en mal de se trouver un emploi ; elle décide de se lancer dans un programme post-doctoral. Elle commence en décembre 2018 en collaboration avec l’université de Maurice, Axonova Ltd et l’université de Durham.

Ses recherches dévoileront des pistes potentielles dans la conception de phyto médicaments (ces médicaments à base de plantes sont une association de molécules, issue d’une ou de plusieurs espèces végétales) pour la gestion de la maladie d’Alzheimer, dont aucun remède n’a été trouvé à ce jour. «Il est prévu que mes recherches valideront des bio sources locales capables de lancer du bio-entrepreneuriat pour booster l’économie mauricienne.»

Plantes du continent africain

La chercheuse mène parallèlement des recherches soutenues par le Mauritius Research & Innovation Council autour de l’«In Silico identification of new antiviral pharmacores from the floral biodiversity and approved phytochemicals in the fight against Covid-19». Objectif : utiliser des simulations informatiques pour identifier des molécules à partir de plantes issues du continent africain pour inhiber les protéines présentes dans le virus du Covid-19. Une fois que les «lead compounds» seront identifiés, des tests seront effectués en laboratoire.

 La lutte contre le Covid-19 est plus difficile en Afrique en raison des soins de santé et l’accessibilité aux soins souvent inadéquate. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé dernièrement la pratique de la médecine traditionnelle – plus facile d’accès et plus abordable, de tout inhibiteur potentiel du Covid-19, provenant de plantes africaines. Ce sera «une avancée majeure pour les communautés scientifiques et les populations africaines», indique le Dr Lobine. «Toutes les plantes africaines peuvent être immédiatement exploitées comme le thé herbal pour booster l’immunité des patients et aider les malades à guérir.»

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