Mort de Kistnen: protection policière octroyée aux proches de la victime

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Mes Sanjeev Teeluckdharry, Anoup Goodary et Rama Valayden à l’issue de la première séance de l’enquête judiciaire et la veuve Simla Kistnen (en médaillon)

Mes Sanjeev Teeluckdharry, Anoup Goodary et Rama Valayden à l’issue de la première séance de l’enquête judiciaire et la veuve Simla Kistnen (en médaillon)

Bien que les avocats qui assistent la famille de Soopramanien Kistnen aient demandé une prompte mise sur pied d’une enquête judiciaire, ils ont été les premiers surpris de la vitesse à laquelle cela a été fait. Et l’ont fait savoir car ils n’ont pas eu le temps de se préparer comme il faut. Cependant, ils ont participé au début de l’enquête à la cour de Moka, hier, et se sont débrouillés pour poser des questions aux témoins, même si c’était un peu au pied levé.

Le premier témoin appelé à la barre, la photographe de la police, a expliqué dans quelle position se trouvait le corps et décrit – élément curieux – les restes de documents brûlés retrouvés dans la main du défunt. Lui succéda un officier du Scene Of Crime Office qui a eu toutes les peines du monde à convaincre l’avocat Rama Valayden que les recherches pour des indices le lendemain ont pu être complétées en 40 minutes. Malgré cela, dira-t-il, les chaussures de Soopramanien Kistnen n’ont pu être retrouvées.

Simla Kistnen, la veuve, expliquera en détail ce qui s’est passé entre le 16 et le 18 octobre . À une question du représentant du Directeur des poursuites publiques, elle dira qu’elle est convaincue que son mari a été assassiné et elle soupçonne le ministre Yogida Sawmynaden ou son frère Koomadha d’y être impliqués. Elle est revenue sur les reproches faits par son mari à l’endroit du ministre du Commerce et les menaces de Soopramanien Kistnen de dénoncer des magouilles financières liées surtout aux achats d’urgence durant le confinement dû à la pandémie du Covid-19.Après la déposition de Simla Kistnen, le magistrat a ordonné qu'une protection policière soit octroyée à son fils et elle-même.

Me Rama Valayden est le leading counsel d’une équipe de légistes composée de Mes Sanjeev Teeluckdarry et Anoup Goodary. Dans une déclaration à la sortie du tribunal, il réitérera sa conviction que ce décès est lié à une affaire plus grave de fraude, de corruption et de détournement de fonds. L’affaire s’est encore aggravée, affirme-t-il, avec un début de coverup à tous les niveaux et notamment de la part de la police. «Rien qu’avec le détournement allégué des salaires de Rs 15 000 qui étaient supposément destinés à la veuve de Kistnen, cela suffit pour que Yogida Sawmynaden démissionne», a-t-il martelé à plusieurs reprises. Il dit ne pas comprendre le silence de l’opposition sur cette affaire. «Il ne faut plus se contenter de walk-outs.»

Des questions dérangeantes

Me Rama Valayden a posé quelques questions qui interpellent. Il a parlé de piqûres de Pethidine, une substance normalement utilisée pour certains traitements mais qui ont la faculté d’immobiliser une personne à qui on aurait administré une dose assez forte. L’avocat a parlé aussi d’un troisième cellulaire qu’utilisait Kistnen et qui aurait été endommagé. Et remplacé par celui offert par le ministre Yogida Sawmynaden, carte SIM comprise. Le partenaire en affaires de Soopramanien Kistnen fut également invité au débat et le représentant du DPP a rappelé que ce partenaire avait eu jadis quelques ennuis judiciaires plutôt graves. Une paire de ciseaux retrouvée sous le corps de l’activiste orange a aussi fait l’objet d’interrogations de la part de Rama Valayden.

L’accès à la salle d’audience refusé aux proches de «Kaya»

Les proches de Soopramanien Kistnen, plus connu comme «Kaya», venus en grand nombre assister à la première audition de l’enquête judiciaire à la cour de Moka ont été surpris de se voir refuser l’accès à la salle d’audience. Et ce, d’une manière très brusque alors que ces proches souffrent déjà de la perte de Soopramanien Kistnen. L’hostilité de certains policiers s’étendait même aux journalistes. Pourtant, la salle était clairsemée et composée seulement de policiers en civil dont ceux du National Security Service. Résultat, une foule de gens est restée à l’extérieur sous un soleil de plomb. Et à son arrivée, Rama Valayden a tenu à s’adresser à la magistrate Vidya Mungroo Jugurnath pour lui dire son incompréhension devant l’attitude de la police qui a choisi de n’admettre qu’un seul proche de l’agent politique du MSM dans la salle. Il a souligné que cette affaire est hyper-sensible et impliquerait des hauts placés et devait se tenir en toute transparence. La magistrate, après l’avoir écouté, a ordonné aux policiers de laisser entrer le maximum de personnes tout en respectant les mesures de protection.

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Après les dépositions des témoins pendant les auditions de l’enquête judiciaire ce mercredi 9 décembre, Me Rama Valayden a fait savoir que le but est de démontrer que Soopramanien Kistnen ne s’est pas suicidé. Le panel d’avocats a aussi évoqué les images CCTV qui seront présentés en cour demain.

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