Meurtre de Dimple Raghoo: «Que la mort de notre sœur ne soit pas vaine»

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La famille Raghoo au complet avant que les sept sœurs ne perdent leurs parents il y a une dizaine d’années.

La famille Raghoo au complet avant que les sept sœurs ne perdent leurs parents il y a une dizaine d’années.

Dimple Raghoo, une sœur, une tante, une collègue, est tombée au front alors qu’elle participait à une mission de livraison surveillée pour le compte de la brigade antidrogue au centre commercial de Beau-Vallon, mardi. Sa famille plaide pour qu'«qu’aucun autre fils, fille, soeur, frère, nièce, neveu, tante, oncle ne laisse derrière lui un vide aussi infini»

«Aujourd'hui, le cœur brisé, j’ai accompli ses derniers sacrements... son corps autrefois fort et en forme, couvert de bandages et d’ecchymoses. Van a fait passer son devoir avant sa vie... sa précieuse vie... nous laissant tous à nouveau orphelins. Une grande partie d’entre nous est partie avec elle».

La douleur est toujours vive. Le message en remerciement aux innombrables citoyens qui ont rendu un vibrant hommage à la constable Dimple Raghoo qu’a livré Pooja, la benjamine des sœurs Raghoo, sur sa page Facebook au soir des funérailles, prend aux tripes. Un véritable cri du cœur pour surtout demander que la mort atroce de sa sœur, membre de la brigade anti-drogue, tuée par le conducteur d’une voiture de la marque Honda Ballade Elegance en fuite lors d’un exercice de livraison surveillée de cette unité au centre commercial Bo’Valon, à 17 h 44, mardi, ne soit pas laissée vaine.

«Sa mission était de contribuer à faire de notre île un endroit meilleur... d’éradiquer les drogues qui déchirent tant de familles et ruinent la vie de nos jeunes. Qu’aucun autre officier ne soit martyrisé... qu’aucun autre fils, fille, soeur, frère, nièce, neveu, tante, oncle ne laisse derrière lui un vide aussi infini. Qu’aucun autre innocent ne soit blessé», plaide Pooja Raghoo dans toute sa souffrance.

Vanessa, Van pour sa famille et Vani ou Dimple pour ses amis, rappelle-t-elle, «a été une figure paternelle dans nos vies, étant l’épine dorsale de la famille, nous protégeant, nous offrant une vie sûre et confortable, et toujours prête à nous aider. Les gens qui nous ont connus ont été témoins de la façon dont elle a tout construit pour nous à partir de rien». De poursuivre, qu’avec Van à leurs côtés, ils n’ont jamais eu peur d’être seuls à la maison.

Les sept soeurs Raghoo : (de g.à dr.) Pooja, Prima, Kareshma, Chaya, Dimple, Priya qui est morte d’un cancer en octobre 2019 et Lavishka.

Pour sa part, Prima Rughu, une autre sœur de Dimple Raghoo, qui a été la dernière à recevoir la visite de la membre de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) mardi avant que celle-ci ne reçoive un appel pour se rendre à la fatidique opération de livraison surveillée au centre commercial Bo Vallon, a le cœur déchiré. Elle confie ne pouvoir endurer ce nouveau décès dans la famille. Cela, un an à peine après le décès de Priya, une autre des sept sœurs Raghoo, emportée par un cancer en octobre 2019 et suivant la perte de leurs parents il y a une dizaine d’années.

«On en a assez. Notre famille est suffisamment meurtrie», pleure Prima Rughu.

Pendant ce temps, les témoignages à l’égard de Dimple Raghoo pleuvent sur les réseaux sociaux. Elle est décrite à la fois comme étant une policière d’une assiduité hors pair et comme cette amie qui a toujours répondu présente dans les moments importants. Une de ses amies exhorte ses proches à se souvenir de la personnalité pétillante de Vani plutôt que de garder uniquement le souvenir de sa mort atroce.

D’ailleurs, dans une vidéo qui a été partagée sur Facebook, on voit la policière chanter et danser à cœur joie avec ses proches. Des images qui, selon l’auteur, reflètent toute la bonne humeur que véhiculait Vani. Une «présence qui ne passait jamais inaperçue».

Pour rappel, Dimple Raghoo, 38 ans, a accompli son rêve le plus cher, le 10 décembre 2007 en portant, à l’âge de 25 ans, pour la première fois, l’uniforme bleu.

Ses collègues et supérieurs s’accordent à dire que depuis, elle l’a toujours porté avec dignité et respect. À ses sœurs de renchérir que la policière n’a jamais regretté son choix de se joindre à la force policière même si elle était bien consciente du danger auquel ses collègues et elle sont exposés au quotidien au sein de la brigade anti-drogue, unité que cette habitante de Vieux-Grand-Port a rejointe le 5 octobre 2010. Danger qui a finalement eu raison d’elle

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