Pointe-aux-Sables: en quatre mois, la «police» débarque chez eux trois fois

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La maison de Melissa et David s’est retrouvée sens dessus dessous suivant les perquisitions répétées de ce qu’ils estiment être un acharnement policier.

La maison de Melissa et David s’est retrouvée sens dessus dessous suivant les perquisitions répétées de ce qu’ils estiment être un acharnement policier.

Melissa A. est traumatisée. Depuis le 2 juillet, cette épouse et mère de trois enfants essaie de comprendre pourquoi la police a débarqué chez elle à trois reprises en quatre mois laissant, au passage, la maison sens dessus dessous. À chaque fois, les policiers n’ont rien trouvé d’incriminant, ce qui rend cette affaire encore plus intrigante. Elle a accepté de revenir sur les événements.

 Selon ses dires, vers 7 h 30 le 2 juillet dernier, au moins 30 personnes sont entrées chez elle à Pointe-aux-Sables pour la première fois. «Ils m’ont fait comprendre qu’ils étaient de la police. Quelques-uns étaient cagoulés, d’autres en civil. Sans fournir de détails, ils ont commencé à chercher et à fouiller partout. J’ai à peine eu le temps d’emmener mes trois enfants en bas âge chez ma belle-mère qui habite la même cour.»

 Lorsqu’ils n’ont rien trouvé, les policiers ont exigé que son mari, David, les accompagne aux villas qu’il gère dans le Nord. «Ils ont dit avoir des informations sûres selon lesquelles mon mari a une somme de Rs 52 millions en sa possession. Cependant, ils n’ont rien trouvé.» Après cette épreuve, le couple a voulu en savoir plus et il a contacté les postes de police de Pointeaux-Sables, de Rose-Hill et des Casernes centrales, mais on leur a fait comprendre qu’il n’y avait aucune note sur une quelconque fouille chez eux. Le couple était loin de se douter que leur calvaire ne faisait que commencer.

Le 30 octobre, les policiers ont de nouveau effectué une perquisition chez eux, cette fois avec des chiens renifleurs. L’ordinateur portable de Melissa et la tablette de son fils ont même été saisis. Une nouvelle fois, rien de compromettant n’a été trouvé.

Jeudi dernier, soit le 19 novembre, ils sont revenus fouiller cette fois la maison de leur oncle située dans la même cour. Ils étaient plus menaçants et n’ont pas apprécié lorsque des membres de la famille les filmaient. Lassé par ce qu’il juge être un abus, le couple a porté plainte à l’Independent Police Complaints Commission (IPCC) le même jour. «Aidez-nous à comprendre. Est-ce légal que la police débarque ainsi sans mandat comme bon lui semble ? Mes enfants ont assisté à ces scènes et ne veulent pas aller à l’école de peur que ces gens-là reviennent nous prendre et ne nous ramènent pas.»

Outre la plainte déposée à l’IPCC, Melissa et David ont retenu les services d’un homme de loi, Me Akil Bissessur. Celui-ci évoque les zones d’ombre autour de ces perquisitions. «On ne sait pas s’il s’agit effectivement de la police ou pas. Le commissaire de police devra répondre. La seule raison justifiant une perquisition sans mandat, c’est dans le cas où la police estime que la vie d’une personne en dépend ou si elle est certaine qu’il y a quelque chose d’incriminant. Mais dans ce cas, elle n’a rien trouvé. Le plus surprenant c’est qu’il n’y a aucun document officiel, ni ne sait-on quel poste de police est responsable de cette affaire. Les droits constitutionnels de mes clients ont été visiblement bafoués.»

Un affidavit sera juré par David dans les prochains jours. Du côté de la police, on n’a pas voulu faire de commentaires. Pour sa part, Melissa demande juste de pouvoir vivre normalement. «C’est facile de mettre une tache sur les gens. Il y a une limite. Dites-nous au moins ce qu’on nous reproche.»

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