Effets du Covid-19: Cash n Carry sous administration volontaire

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Cash n Carry, l’incontournable revendeur d’électronique et de «produits blancs», est entré en administration volontaire. La décision a été prise lundi, la société ayant été victime d’un violent «credit squeeze» (resserrement de crédit) suivant le lockdown de mars à mai et, par la suite, la réduction de ses ventes de 40 à 50 % par rapport au rythme pré-Covid-19.
Avec Galaxy et Courts Mammouth, Cash n Carry fait partie du trio de tête des ventes d’électroménagers et de produits  électroniques, bien que Courts fasse aussi dans le mobilier. Brassant un chiffre d’affaires annuel de Rs 1,2 milliard, Cash n Carry, dont le goodwill établi auprès du public est indéniable, s’est, au cours des années, développée sur neuf sites à travers l’île et emploie à l’heure actuelle 250 personnes. Elle appartient à la famille Li Sung Sang.

Il faut comprendre que l’administration volontaire n’est ni une liquidation, ni un receivership, mais permet à des administrateurs, dans le cas présent Huns Biltoo, partenaire chez KPMG, de prendre en main une entreprise, sous le contrôle de la cour, afin de la restructurer et l’alléger pour sauver son «going concern» essentiel, la continuité des affaires, tout en la protégeant de ses créanciers. C’est l’équivalent du «Chapter 11» américain, la procédure déjà utilisée pour Air Mauritius et Connections. 

Cash n Carry va continuer à vendre comme avant, jusqu’à ce que l’administrateur décide de son plan, après un état des lieux financier de la société. Le «business model» de l’enseigne n’engageait aucune dette bancaire. Son financement était assuré par des traites de fournisseurs, généralement de 90 jours, négociées chez au moins deux affactureurs (des sociétés externes qui gèrent les créances d’une entreprise).

Il n’y a pas eu de ventes durant le confinement, ce qui fait que les échéances normales n’ont pu être réglées. Les sociétés de factoring, sans entrées d’argent, se sont donc tournées vers leurs assureurs, Atradius et Coface. Ces derniers, sans flexibilité et selon leur algorithme prévu, ont exigé paiement, mais sans le renouvellement des crédits qui existaient auparavant. Cette approche a donc conduit Cash n Carry qui a, pourtant, depuis, fait les paiements qu’elle pouvait, droit dans le mur. 

La baisse des ventes a, en plus, sérieusement asséché la trésorerie (cash-flow), sans que la compagnie ne puisse réduire ses coûts administratifs, puisqu’elle ne pouvait ni licencier (ayant bénéficié du Wage Assistance Scheme), ni négocier ses loyers à la baisse, même s’il y a eu un moratoire de six mois sous la Covid-19 Act. 

D’aucuns s’interrogent sur la situation du reste du commerce à Maurice, au vu de la baisse des ventes de Cash n Carry. Ils se demandent si les signes de la reprise de l’économie mentionnés par le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque de Maurice, il y a quelque temps, ne sont pas, finalement, soit anecdotiques, soit tout simplement illusoires.

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