Quelle histoire ?

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L’histoire de la colonisation est très intéressante lorsqu’il s’agit de comprendre comment les choses se sont déroulées à travers le temps. Raconter l’histoire des Français, des Anglais ou des Hollandais à Maurice, par exemple, a un grand intérêt pour mieux cerner comment économiquement et militairement les puissances coloniales ont organisé leur rapport de force entre elles, et comment les choses se sont déroulées. Mais là où cela devient plus passionnant, c’est raconter la société et les rapports entre les colons et les colonisés. Rentrer dans la complexité de la distribution des rôles par les colons dans la société et de la manière dont l’esclavage et l’engagisme ont été orchestrés. Intéressant par les lois, les codes et les pratiques qui n’accordaient, aux colonisés, le statut d’homme libre à part entière, et qui donnaient des semi-statuts à d’autres. La différence fondamentale entre un travail d’historien sur cette période, par exemple, et un travail d’apologiste, c’est que le premier va tenter, dans la mesure du possible, de tenir compte des rapports et des relations mis en place entre les différentes composantes de la société, alors que le deuxième va faire une «histoire» des Anglais ou des Français à Maurice, dans l’océan Indien ou en Inde en montrant la «grandeur» de la puissance coloniale dans ses différents territoires.

C’est sans doute la tendance de tous les dominants des divers endroits du monde (et des nostalgiques de ces époques) de faire une sorte d’histoirepropagande de la grandeur d’une nation, mais dans toute grande nation se trouvent des parties qui méritent qu’on s’y arrête mieux car elles ont été ignorées, balayées ou bien reléguées au second plan. Les formes d’esclavage, les manières d’organiser le travail des engagés, les différences économiques et sociales qui voient le jour entre les engagés et les esclaves dans un premier temps, puis entre les engagés eux-mêmes. La création d’une bourgeoisie parmi les arrivées de l’Inde dans l’esp ace colonial, puis la création des autres bourgeoisies dans les autres communautés. Mais faut-il rappeler que tout ne repose pas sur la division communautaire, mais bien plus sur le travail et la place qu’a chaque groupe dans la société mauricienne du 18e, 19e et 20e siècle. On va trop loin, dirons certains. On touche, au fait, au coeur de notre société avec ses inégalités. Ainsi, les mettre en exergue pour mieux les comprendre est le travail de l’historien, du sociologue ou de l’anthropologue, chacun suivant son échelle et sa perspective. Ignorer cet aspect de l’histoire, c’est ignorer aussi les problèmes du passé et surtout du présent.

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