Steila, citoyenne du monde

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Steila, étudiante à l’université de Brunel à Londres.

Steila, étudiante à l’université de Brunel à Londres.

Dans la vie, il y a ceux qui se cantonnent strictement à leurs études universitaires. Puis il y a les autres, qui le font en multipliant en parallèle les activités extra-universitaires pour rendre ces années encore plus marquantes. C’est cette deuxième option qu’a choisie cette Française d’origine mauricienne.

On a beau considérer cette jeune fille de 23 ans comme Mauricienne mais en fait, elle est une citoyenne du monde. Bien que née à Paris de parents mauriciens, lorsqu’elle a 6 ans, ses parents quittent la France pour s’installer à La Réunion. Sa grand-mère, sa mère et son oncle opèrent des commerces à Saint-Denis. Ils y seraient sans doute restés si en 2007, le maire de cette commune n’avait pas décidé de faire démolir les anciennes boutiques et y ériger à la place un centre commercial portant le nom de Pole Océan. Travaux qui allaient prendre quatre ans à se concrétiser. Après avoir pesé le pour et le contre, la famille Ramburn décide de voguer vers d’autres cieux et va s’installer au Royaume-Uni. Ils finissent par jeter l’ancre à Londres où la mère de Steila Ramburn donne des cours particuliers.

Stella représente les étudiants venus de l’Union européenne, notamment. Pour son dévouement et parce qu’elle est sur tous les fronts, elle a également reçu deux «Gold awards».

Steila grandit et effectue toute sa scolarité primaire et secondaire à Londres mais ses parents s’assurent à ce qu’elle n’oublie pas ses racines indomauriciennes. Ainsi, sa mère continue à lui parler en créole et à s’assurer qu’elle pratique la religion de ses pères. Et pour qu’elle ne perde pas de vue ses multiples identités, les Ramburn vont régulièrement en vacances à Maurice, en France et en Inde. «De sorte que je me sente une citoyenne du monde. Je compte d’ailleurs transmettre ces valeurs à mes enfants un jour», réplique-t-elle par mél.

Le droit l’intéressant, Steila Ramburn décide d’opter pour cette filière à la fin de ses études secondaires et choisit de faire une demande d’admission auprès de l’université de Brunel à Londres. Université qui a l’avantage d’avoir son propre campus, permettant ainsi aux élèves de faire une petite marche pour gagner les amphithéâtres et salles de cours.

Sachant que les Mauriciens sont partout, elle s’attend à en trouver une petite communauté sur le campus universitaire. Or, elle est déçue. Elle n’en rencontre aucun, du moins, dans les premiers temps de son admission. «Graduellement, j’ai réalisé que les Mauriciens qui étudiaient à Brunel étaient perdus dans la foule.»

Comme il y a 100 fraternités au sein de cette université et aucune mauricienne, Steila Ramburn décide de fonder une fraternité mauricienne pour faire la promotion de la culture et des traditions de l’île. Aussitôt dit, cette fonceuse le fait et cette fraternité organise régulièrement des événements non seulement pour mieux faire connaissance mais aussi fêter notamment l’Indépendance de Maurice, Diwali, Holi et d’autres dates marquantes du calendrier pour les Mauriciens.

Mais cela ne suffit pas à Steila Ramburn. Puisqu’elle a des origines indiennes, elle décide de se présenter à l’élection de la fraternité indienne «pour élargir les horizons et les points de vue de ses membres sur les liens qui unissent nos deux pays. Comme le Premier ministre, Pravind Jugnauth, s’est vu décerner le deuxième Award le plus prestigieux en Inde, à savoir le Padma Vibhushan, j’ai aussi reçu les félicitations de l’Indian National Students Association lorsque l’association a réalisé que j’étais d’origine mauricienne. Ses membres étaient contents et fiers de voir qu’il n’y avait pas que les générations précédentes qui tenaient à préserver ce lien entretenu au cours des nombreuses décennies mais la nouvelle génération également».

La fraternité indienne lui ouvre toutes ses portes et elle est même élue vice-présidente puis présidente de cette instance. Mais Steila Ramburn en veut davantage. Elle se porte volontaire pour faire partie de l’Union des Etudiants de Brunel et on lui confère la responsabilité de Brunel Buddy, c’est-à-dire qu’elle est chargée d’accueillir les nouveaux étudiants sur le campus et les aider à s’installer. Elle invente des chorégraphies sur les succès de Bollywood et apprend aux intéressés à danser. Et lors des journées portes ouvertes à l’université, elle se fait guide. Elle est tellement sur tous les fronts qu’elle finit par se faire remarquer par la direction de l’université qui décide de lui attribuer deux Gold Awards pour son engagement tous azimuts. Des trophées qui lui sont remis par le professeur William Leahy, vice-recteur pour les étudiants, le personnel et responsable de l’engagement civique à l’université de Brunel.

Ce n’est pas tout. Elle se porte volontaire pour représenter les étudiants venant des pays de l’Union européenne, s’assurant que leurs besoins soient considérés par l’université et l’Union des Étudiants. «J’aide les étudiants des pays de l’Union européenne à s’installer sur le campus et j’essaie de répondre aux questions relatives à leurs filières d’études. Je veille à ce qu’ils s’intègrent bien et participent aux activités extra-universitaires. J’organise aussi les évènements destinés à célébrer la diversité présente à l’université de Brunel ».

Et ses études de droit dans tout cela ? «Tout est une question d’organisation. Dans ma filière, nous avons 12 heures de cours par semaine et notre emploi du temps change hebdomadairement. J’ai un emploi du temps personnel me permettant de consacrer deux heures par jour à mes activités extra-universitaires. Je m’assure à ce que ces heures soient productives et efficaces pour que ces activités ne prennent pas le dessus de mon temps d’études. Et puis, je suis une couche-tard et mes soirées, je les passe à la libraire de l’université à étudier et à faire des recherches. Je suis consciente que je dois compléter mes études du barreau et je fais tout pour réussir et m’installer professionnellement».

Steila ignore encore dans quel pays elle posera ses valises. «C’est encore un grand point d’interrogation. Tout dépendra des différentes opportunités qui s’offriront à moi…»

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