Le sport retourne sous cloche, nouveau coup dur

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Un ramasseur de balle masqué lors d'un match amical entre Lyon et Nice, le 4 juillet 2020 au Groupama Stadium à Décines-Charpieu Photo JEFF PACHOUD. AFP

Un ramasseur de balle masqué lors d'un match amical entre Lyon et Nice, le 4 juillet 2020 au Groupama Stadium à Décines-Charpieu Photo JEFF PACHOUD. AFP    

Le sport professionnel va continuer pendant ce nouveau confinement qui débute dès vendredi, mais le huis clos imposé partout en France, s’il perdure, menace à terme les finances de clubs exsangues, qui demandent déjà de l’aide.

L’inquiétude n’est pas nouvelle. Depuis des semaines voire des mois pour certains, les clubs professionnels, du football en passant par le rugby, le hand ou le basket, ont appris à vivre avec un public clairsemé, réglé par une jauge variant de 1 000 à 5 000 personnes selon les régions et leur niveau sanitaire, bien loin de leur niveau d’antan.

Le couvre-feu décidé depuis la mi-octobre dans certaines métropoles avait déjà imposé le huis clos pour des rencontres se disputant à des horaires tardifs. Mais là, il risque de s’installer pour longtemps.

«Cette absence de revenus issus de la billetterie était déjà un problème depuis la reprise pour le sport pro», rappelle Virgile Caillet, délégué général de l’Union sport et cycles.

«Ce n’est finalement pas très différent de ce qu’on connaît depuis quelques semaines. Mais plus ça dure, plus c’est pire. En même temps personne n’était dupe, on se doutait que ça allait s’installer dans la durée. L’enjeu maintenant, au-delà des jauges, ça va être les mesures de soutien économique», explique-t-il.

«ça coince avec l’UE» 

Une enveloppe de 107 millions d’euros a bien été débloquée après des semaines de négociations entre le ministère des Sports et Bercy pour aider les clubs durement touchés et compenser cette perte de billetterie. «Mais ça coince avec l’UE», explique une source proche des négociations. «Cette aide est effectivement soumise à l’autorisation de l’UE, et des démarches ont été engagées dans ce sens, mais ce sont des démarches longues», fait-on savoir au ministère des Sports.

Quoi qu’il en soit, la question des aides va prendre un peu plus d’ampleur avec ce nouveau huis clos. «Et le montant débloqué risque de devenir assez vite insuffisant», assure cette source.

Évidemment tous les sports ne sont pas touchés de la même façon. Le rugby par exemple, qui tire près de 60% de ses revenus de la billetterie, des hospitalités qui vont avec, et du sponsoring, et seulement 20% des droits TV, va se retrouver dans une situation très compliquée. Dès le début de l’été, la LNR avait d’ailleurs prévenu que son sport «ne survivrait pas» à la prolongation des huis clos.

«Je ne sais pas combien de temps nous pourrons tenir économiquement en jouant à huis clos, je n’ai pas fait les calculs. Ce qui est sûr, c’est qu’il va falloir que l’Etat nous aide, comme il a aidé d’autres industries du spectacle», estime le président du CA Brive, Simon Gilham.

 Pas «au-delà de 2020» sans aides 

«Une pandémie a un début et une fin. En attendant, il faut que ça continue. Après, le huis clos va induire la nécessité d’aides supplémentaires. Autrement, on ne pourra pas envisager jouer au-delà de la fin de l’année 2020», s’alarme lui Bernard Pontneau, président du club de rugby de Pau.

Le son de cloche n’est pas vraiment différent pour le volley, le handball ou le basket, qui a lui décidé de se mettre en pause à partir de ce week-end, le huis clos n’étant pas tenable économiquement.

«Sans prise en charge du modèle économique, on est déjà au bout. C’est déjà une hérésie sportive vis a vis d’un spectacle vivant et des partenaires, mais je n’ose pas imaginer qu’il n’y ait pas d’accompagnement», s’inquiète Philippe Dallard, président du club de handball de Toulouse (D1). «Le huis clos, on en a marre. On ne peut pas continuer de jouer à huis clos, on n’est pas retransmis à la télé, ce n’est pas comme le foot», s’exaspère lui Jean Azéma, co-président des Spacers de Toulouse (Volley, Ligue A).

Le football pro a lui en effet moins de billetterie-dépendance, mais a un autre souci à gérer en ce moment avec Mediapro. Le groupe sino-espagnol, détenteur des droits TV pour la L1 et la L2, n’a pas payé le versement prévu en octobre, et cherche à négocier, tout en assurant qu’il ne paierait pas les 800 millions d’euros promis cette saison. Quand les ennuis s’accumulent...

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