Musée intercontinental de l’esclavage: découvrez l'exposition temporaire

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Dans la cour de l’ancien hôpital militaire.

Dans la cour de l’ancien hôpital militaire.

La première phase du Musée intercontinental de l’esclavage a été inaugurée mardi après-midi par le Premier ministre. Dans ce contexte, une exposition temporaire a actuellement lieu jusqu’à la fin de janvier 2021. Cette première phase comprend également le lancement d’une consultation publique.

Dès l’entrée de l’ex-hôpital militaire, converti en Musée intercontinental de l’esclavage, des guides vous accueillent. Sa mise sur pied est une des recommandations du rapport de la Commission Justice et Vérité, soumis en 2011.

Le public est invité à visionner la bande annonce du film sur l’esclave Pedro Boniface.

Mercredi matin, une quarantaine de personnes avaient déjà visité cette exposition temporaire intitulée Briser le silence/Breaking The silence/Kas sa silans-La. Cette exposition permet une consultation publique. Les visiteurs ont ainsi pu donner leur avis sur ce qui s’y trouve. L’opinion publique par rapport à ce musée est très importante, car c’est un lieu de mémoire et de réconciliation, où chacun a le droit et le devoir de dire ce qu’il pense et ce qu’il voudrait y voir.

Notre pays et l’esclavage à l’entrée du musée.

Dans la cour, plusieurs panneaux explicatifs sont dédiés à l’hôpital militaire. Les visiteurs comprennent ainsi qu’avant l’érection de ce bâtiment, il existait un tout petit hôpital en bois, fondé par le gouverneur Maupin et qui n’offrait que 35 à 40 lits. C’est Mahé de Labourdonnais, administrateur de l’île de 1735 à 1744, qui fit réaliser l’hôpital en 1740 et qui est tel qu’on peut encore le voir aujourd’hui. Des panneaux explicatifs, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, racontent l’histoire et l’architecture de l’hôpital, ainsi que son fonctionnement. «Autrefois, les bâtiments ne servaient pas qu’à une seule fonction. Il en allait de même pour cet hôpital dont certaines salles faisaient aussi office de magasin et où l’on stockait de la nourriture», explique notre guide.

Panneau lumineux réalisé par Nalini Treebhoobun

Cet hôpital a été choisi pour accueillir le Musée intercontinental de l’esclavage, non seulement parce qu’il est le plus vieux bâtiment de l’île et qu’il se situe à Port-Louis, dans une région qui rappelle fortement la traite d’esclaves mais aussi parce qu’il a été construit par des esclaves, des travailleurs engagés, venus de Pondichery, au Sud de l’Inde, et des Européens et que des esclaves et des Blancs y ont été soignés. Des panneaux explicatifs à l’intérieur du bâtiment évoquent plus en détail le fonctionnement de cet hôpital. Les salles que nous visitons sont chargées d’histoire et de souffrance.

Si beaucoup d’éléments sont disponibles sur l’hôpital militaire, il n’en va pas de même sur les esclaves, qui y ont pourtant séjourné. Peu d’éléments les concernent. Cette exposition nous apprend qu’entre 1778 et 1783, 897 esclaves sont morts à l’hôpital et qu’ils ne recevaient pas le même traitement que les Blancs. Une liste partielle de ces esclaves peut aussi y être consultée. «Les visiteurs scrutent cette liste pour voir s’ils connaissent les noms», souligne notre guide.

Une salle est consacrée au commerce intercontinental des esclaves dans l’océan Indien, où les visiteurs découvrent ou redécouvrent que Maurice était une plaque tournante du commerce des esclaves. Ces derniers, de Maurice, pouvaient être expédiés jusqu’en Amérique. Grâce à des plans, on découvre l’intérieur d’un négrier et on lit le texte Révolte à bord du négrier Saturne d’Alain Romaine. Cette exposition temporaire, c’est aussi des vidéos, notamment celle de la bande-annonce de Pedro, qui raconte l’histoire vraie de Pedro Boniface, un esclave en fuite, rattrapé et puni et qui finit par mourir, probablement sous les coups de fouet. Ce sont aussi des extraits d’œuvres ayant trait à l’esclavage, des lights box comprenant les œuvres de Nalini Treebhoobun et de Vandita Varjanbhay. Pour une expérience immersive, un espace aménagé dans la cour vous entraîne dans un voyage au cœur de vous-même, qui fait remonter à la surface vos pensées les plus profondes, et parfois les non-dits à propos de l’esclavage.

La visite se termine dans une autre partie du bâtiment où des enfants exposent, à travers leurs œuvres, leur vision de l’esclavage. Des vidéos, notamment sur l’hôpital militaire et l’esclavage, sont également proposées. Après cette visite, vous pouvez coucher par écrit vos impressions, qui seront par la suite utilisées pour la conception du musée. L’exposition et la consultation publique dureront jusqu’à fin janvier 2021. Le public est invité à y venir en grand nombre.

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