Élections villageoises: agenda caché ou surprise du chef

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Paul Bérenger et Navin Ramgoolam sont tout deux d’avis que le «nomination day» doit être repoussé.

Paul Bérenger et Navin Ramgoolam sont tout deux d’avis que le «nomination day» doit être repoussé.

Onze. C’est le nombre de jours restants pour que les aspirants conseillers de village puissent s’organiser pour le nomination day du 31 octobre, jour des inscriptions. Or, les partis de l’opposition estiment ce laps de temps trop court. Ils y voient même une tactique ou encore un agenda caché du gouvernement. Les leaders des trois partis de l’opposition parlementaire, Navin Ramgoolam, Paul Bérenger et Xavier-Luc Duval, en ont discuté lors d’une réunion dans la journée d’hier.

 L’opposition estime qu’en publiant le décret électoral (writ of elections) le 16 octobre et en fixant l’inscription des candidats au 31 octobre pour le scrutin du 22 novembre, les autorités rendent difficile la mobilisation des mouvements proches de l’opposition. Alors que ceux du Mouvement socialiste mauricien(MSM) étaient probablement déjà au courant de la date des élections. Les trois leaders politiques demandent même au gouvernement de repousser la date du dépôt de candidatures (nomination day).

Aucun des trois partis, que ce soit le  Partitravailliste (PTr), encore moins le Mouvement militant mauricien (MMM) ou encore le Parti mauricien social-démocrate (PMSD), ne participe à cette élection. Cependant, leurs activistes ou membres de leurs branches régionales seront de la course sans le symbole de leur parti respectif. S’ils se font élire majoritairement, ils pourront contrôler les conseils de district. D’ailleurs, celui de Rivière-Noire en est un exemple. Il est dirigé par Véronique Leu-Govind, présidente du PMSD, assisté de Khemraz Ortoo, membre du bureau politique du MMM.

C’est un exemple à suivre, insiste le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, qui invite des candidats valables à se présenter à ces élections. «Il y a un sentiment dans le pays que le MSM a tout accaparé. C’est l’occasion pour installer des contre-pouvoirs dans les conseils de district.» Pour l’opposition, le gouvernement craint que la situation de Rivière-Noire ne fasse des émules ailleurs. D’où sa stratégie pour empêcher les proches de l’opposition de s’organiser. «Je tiens aussi à dénoncer ce que Pravind Jugnauth et le MSM font. C’était bien planifié. Ils savaient bien en avance quand les élections allaient se tenir. Au lieu d’attendre le 16 octobre pour l’annoncer, ils auraient pu le faire bien plus tôt», commente, pour sa part, Paul Bérenger.

Depuis la publication du décret électoral, les mouvements en lice pour ces élections doivent trouver neuf candidats en prenant en considération la proportion homme-femme et établir une liste avec six personnes d’où ils choisiraient une personne pour remplacer un élu en cas de démission. Il semblerait qu’à la veille de la publication du décret électoral, des proches du MSM avaient commencé à s’organiser en vue de ses élections à Triolet.

 Cependant, un activiste de la circonscription no 6 (Grand-Baie – Poudre-d’Or) affirme n’avoir rien entendu récemment. «Avant le confinement, on nous avait demandé de nous préparer pour les élections», relate-t-il. Sunael Purgus, président du conseil de district de Pamplemousses, également proche du MSM, nie qu’ils étaient au courant. «Une douzaine des projets sont prêts dans le district de Pamplemousses. Si je savais que les élections étaient proches, j’aurais fait des inaugurations chaque semaine», dit-il.

N’empêche que le leader du PTr estime que le temps accordé aux candidats pour s’organiser est trop court. Paul Bérenger abonde dans le même sens et demande que la date du dépôt des candidatures soit repoussée. Le leader rouge estime également que Pravind Jugnauth n’a aucun respect pour les candidats et la démocratie. «Il a aussi décidé de lancer la campagne électorale en pleine Doorga Pooja, quand tout le monde est occupé et bientôt, ce sera aussi la fête de Divali. Il a fait la même chose quand il a organisé les élections générales pendant les examens empêchant des jeunes de voter», maintient Navin Ramgoolam. Cette fois-ci, dit-il, tout se passe dans la confusion.

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