Viennent de paraître: Serge Lebrasse fait danser les plumes

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Pyneesamy Padayachy est l’auteur d'une opérette en créole basée sur la chanson «Madam Ezenn» de Serge Lebrasse.

Pyneesamy Padayachy est l’auteur d'une opérette en créole basée sur la chanson «Madam Ezenn» de Serge Lebrasse.

Ses chansons inspirent les auteurs. Opérette et poèmes, qui viennent de paraître, évoquent l’œuvre du monument de la chanson, qu’est Serge Lebrasse.

Pyneesamy Padayachy: au rythme de «Madam Ezenn»

L’idée séduit. Imaginer l’histoire de Madam Ezenn et de ses filles à marier. C’est la trame de l’opérette en créole, signée Pyneesamy Padayachy. C’est fin septembre qu’il a lancé le texte de cette opérette en trois actes, rythmée par des chansons de Serge Lebrasse.

En préface, Pyneesamy Padayachy, ancien haut fonctionnaire, explique avoir voulu rendre hommage à Serge Lebrasse «pou servis ki linn rann nou pei». Il se souvient que, dans les années 1970, alors qu’il était Permanent Assistant Secretary au ministère de la Jeunesse et des sports, il a collaboré à l’organisation de la fête de l’Indépendance au Champ-de-Mars. «Mo ti dir (Serge Lebrasse) ki finn ariv ler pou fer sega vinn enn dans sinkronize kot tou danse fer mem zest an mem tan. Mo ti dir li ki sa pou ena enn pli gran linpresion dan gran laplenn Sandmars. Li finn aksepte seye.»

Aujourd’hui, Serge Lebrasse a 90 ans. Et l’auteur de l’opérette, né en 1931, en a 89. Ce qui ne l’a pas empêché d’imaginer Madlenn, Melani et Mirey, les trois filles de Madam Ezenn. Celles pour qui cette dame va se promener vers minuit au cimetière «labouzi rouz dan so lame». On y retrouve le personnage de Tizan, figure du folklore mauricien. Mais aussi des préjugés bien ancrés dans la société. Madam Ezenn, «koz franse dife dife», se moque Tizan. Madlenn ne veut pas d’un mari, «kagna kagna»; Melani rêve d’un homme «ki kler pou mo gagn piti kouler blan», alors que Mirey est catégorique : «Mo pale enn nwar touni.»

Soulignons que Pyneesamy Padayachy a pris le soin de respecter la graphie officielle du créole à une exception près. L’accent aigu sur le «e» final. Il donne, d’ailleurs, «lakle lekritir kreol» au début de l’ouvrage, qui comprend, outre l’opérette Madam Ezenn, une pièce de théâtre intitulée Trazedi Esklav. Une pièce qui décrit, selon l’auteur, «bann mizer ki bann esklav ti pase» au 19ème siècle. Il donne des noms de tribus et de peuples africains et malgaches à ses personnages. Convoquant ainsi, Makonde, Merina, Bemba, entre autres.

Pyneesamy Padayachy n’en est pas à ses premiers écrits. En 2003, il a signé une pièce de théâtre, Anjalay, pour commémorer le 60e anniversaire de son décès tragique. Une pièce, qui a été traduite en français par Jean-Georges Prosper. Il est également l’auteur de Capture of Mauritius, pièce de théâtre sur la conquête de l’île par les Anglais en 1810, et Revenants of Le Reduit, un dialogue imaginaire entre trois gouverneurs ayant résidé au Réduit: Isidore Decaen, dernier gouverneur français, sir John Shaw Rennie, dernier gouverneur britannique, et sir Seewoosagur Ramgoolam, gouverneur général. Madam Ezenn et Trazedi Esklav sont les premières œuvres écrites directement en créole par Pyneesamy Padayachy, les précédentes ayant d’abord été écrites en anglais avant d’être traduites.

Dev Virahsawmy: l’hommage à deux «zean lamizik popiler»

Pas un, mais deux hommages. C’est ce que chante la poésie de Dev Virahsawmy. Il signe Kan ravann pe sonn maf, dédié à Serge Lebrasse et Cyril Ramdoo, «de zean lamizik popiler». En préface, l’auteur explique que, si les chansons et les expressions de sa mère Gouna l’ont impressionné et visiblement marqué «me pa otan ki tex Serge Lebrasse e pli tar tex Cyril Ramdoo».

Pour lancer la série Kan ravann pe sonn maf, le poète a d’abord tenu à rendre hommage à ces chanteurs. «Lemonn dan dif ; mo pei dan dif ; lespwar dan dif.» Mais Dev Virahsawmy n’est pas auteur à nous laisser sans consolation. Le meilleur remède : l’art. La poésie, la chanson, la musique. Ce «rebor arzante ki dir nou ki nou kapav sorti dan dif si nou konn swazir ki sime nou pran».

Le créateur, l’artiste Dev Virahsawmy a beau se qualifier de «enn latet pikpik», ses observations de la société sont acérées, quand elles ne sont pas acerbes. Il invoque Saraswati «pou fer Madam Ezenn ek so trwa zennfi/Pou froder maryaz ar Koudme Cyril/ Pou ki nou kiltir aret santi pi».

Dans un monde où «tou pe vinn toktok», le poète fait défiler sans complaisance les images de la réalité. «Oter bann labank depas Samarel/ Groser bann kofor defons Si- tadel.» Être sensible à la musique, c’est aussi et (surtout) entendre les dissonances. «Gran pret politik ek ekonomik/Tartif ek serif zot servi me trik/ Pou fer piyaz met paryaz ar piyaz.» Ah ! la voix du poète. Réaliste, il lance : «Mo zis espere ki mo sante pa pou sonn maf.»

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