Construction: les importateurs rejettent toute pénurie de ciment

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Les importateurs notent une hausse considérable de la consommation du ciment depuis la reprise post-confinement.

Les importateurs notent une hausse considérable de la consommation du ciment depuis la reprise post-confinement.

En cette période post-Covid-19, Kolos met 1 200 à 1 400 tonnes de ciment par jour sur le marché, alors qu’en 2019, année record de la consommation, celle-ci était d’environ 800 à 850 tonnes au quotidien. «La consommation soutenue des derniers mois est plus due à un phénomène de rattrapage. Avec l’arrêt des chantiers pendant la pandémie, c’est plus de 100kt de ciment que le marché n’a pu consommer. Pour le mois de juillet, Kolos a fourni 75 % du marché, en dépit de l’accélération des chantiers», explique Dominique Billon, directeur général de Kolos.

Même son de cloche du côté de Lafarge. La demande de ciment est en hausse. Elle aurait considérablement augmenté lorsque l’ensemble du secteur de construction a repris le travail, nous fait-on comprendre. Certains ont également mis les bouchées doubles pour terminer des travaux avant la fin de l’année ou s’assurer de finir leurs pro- jets avant la saison cyclonique.

Toutefois, Booshan Ramloll, directeur de RBRB Construction, est d’avis que les travaux ont repris certes mais que s’il y avait 100 projets avant le Covid-19, aujourd’hui le nombre ne peut pas être à 200. «Peut-être bien que, dû aux travaux du métro, par exemple, on en consomme beaucoup. Mais je ne pense pas que cela soit dû à beaucoup de projets. Je pense que c’est assez artificiel.» Il ajoute que nous sommes au début d’une pénurie de ciment. Le manquement se fait ressentir. Il estime que les fournisseurs sont en train de créer l’offre et la demande pour ensuite augmenter les prix (voir hors-texte).

Sollicitée, l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) nous informe qu’elle suit de près le dossier. Jayen Chellum, secrétaire général de l’association, constate que les consommateurs ont de la peine à trouver du ciment sur le marché. Selon lui, les clients qui consomment en plus grandes quantités sont privilégiés. L’ACIM a contacté plus de 25 quincailleries de l’île.

«La majorité de ceux que nous avons contactés disent qu’ils ne reçoivent des importateurs qu’un contingent de leur commande», souligne Jayen Chellum. «Ils ne reçoivent pas tout ce qu’ils ont demandé et cela laisse entendre que le marché du ciment ne fonctionne pas normalement.»

De son côté, le gérant de la quincaillerie Montée S, Shyan Kassee, affirme que c’est le «rush» au niveau des entreprises de construction. «Donc, la commande exacte n’est pas livrée car tout le ciment ne peut être donné à un seul client.» Il note néanmoins une hausse d’environ 15 % dans la vente.

Pénurie artificielle

LafargeHolcim rejette totalement la thèse d’une possible pénurie de ciment sur le marché local. «L’importation se fait régulièrement par voie maritime, dont la dernière arrivée date du 14 septembre. La prochaine est prévue au début de la semaine prochaine. Mis à part le retard d’un navire lors d’une importation, la dernière fois lors d’un cyclone, l’exercice par voie maritime se fait sans problème», nous informe-t-on. «Nous avons donc du ciment en stock. Les livraisons se font normalement et nos clients sont aussi capables de venir récupérer le ciment dans nos points de dépôt.»

Dominique Billon abonde dans le même sens. «Depuis le mois de juillet, nous entendons parler d’une éventuelle pénurie (…) Nous ne comprenons pas cette perception de pénurie artificielle car notre usine tourne normalement et nos approvisionnements se font selon le planning prévu.»

Il relève que, depuis juillet, les ventes ont été soutenues principalement pour rattraper les retards sur les chantiers. «Il y a donc une demande supérieure et nous subvenons à cette demande pleinement. Sur un marché qui tourne avec une concurrence saine, chaque entreprise a le devoir de répondre à la demande», précise-t-il.

Le directeur général de Kolos fait ressortir que le rythme de consommation de leurs clients les amène à faire venir un bateau tous les 30 à 35 jours pour pouvoir faire face à la demande actuelle et maintenir l’approvisionnement continu des utilisateurs. «À notre niveau, nous ne faisons pas face à des retards, contrairement à tout ce qui a pu être communiqué sur l’importation des conteneurs car nous importons en vrac. Chez Kolos, notre modèle d’importation est différent car notre ciment arrive sur des vraquiers pouvant transporter jusqu’à 45 000 tonnes de ciment à chaque arrivage», énonce Dominique Billon.

Il conclut qu’en tant entreprise responsable qui a le devoir de répondre à la demande du marché, elle remplit son rôle pleinement. «S’il y avait pénurie, les chantiers auraient été à l’arrêt.»

Les chantiers en cours aident à relancer le secteur

Dominique Billon estime que les projets annoncés dans le dernier Budget permettent d’envisager une relance du secteur de la construction. Les projets en pause ont redémarré, tels que l’autopont de Phoenix, l’autoroute A1-M1, Metro Express et les «Urban Terminals». Toutefois, le directeur général de Kolos avance que la construction des individuels dépendra de l’évolution économique. «Si la population perd confiance en elle ou perd son emploi, nous risquons de voir une très forte baisse de la construction individuelle.» Pour lui, le gouvernement a montré sa volonté de relancer l’économie à travers de grands chantiers. Il considère que «c’est une bonne chose pour assurer le maintien de l’activité économique. Certains projets ne démarreront pas tout de suite à cause de toute la préparation mais ils débuteront tôt au tard.»

Hausse de prix en cas de dépréciation de la roupie

En janvier, malgré l’augmentation du fret maritime, soutient le directeur général de Kolos, ce coût a été absorbé grâce à un contrat avec leur partenaire. Il poursuit, cependant : «L’impact de la hausse du dollar par rapport à la roupie ces derniers mois nous a forcés à augmenter nos prix en juillet.» Cette hausse de plus de 10 % a été en partie absorbée mais nous avons dû augmenter nos prix de 5 %. Sauf effondrement supplémentaire de la roupie, nous ne prévoyons pas d’évolution du prix de vente.

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