Dr Deoraj Caussy: «Nous avons 80 % de chances de faire face à une seconde vague…»

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Longtemps attendu par les opérateurs touristiques, les frontières vont finalement s’ouvrir par phases le 1er octobre. Est-ce une bonne idée ?

 Je suis pour l’ouverture des frontières car, lorsqu’elles restent fermées, nos activités économiques et sociales sont limitées. Ce qui a, par conséquent, un impact négatif sur notre santé. Mais il faut être très vigilant lors de l’ouverture des frontières. C’est un point que j’ai avancé maintes et maintes fois ; il faut prendre un risque calculé. Autrement dit, nous devons savoir quel est le niveau de risque que nous prenons et quelles sont les mesures de contrôle nous avons mis en place, que nous avons élaboré et que nous avons testé pour nous permettre de faire face à la situation. Pour cela, nous devons surveiller en permanence, à tous les niveaux, la présence du virus et pouvoir prendre des mesures drastiques, le cas échéant, pour éradiquer les foyers importés et en même temps protéger la santé des personnes vulnérables. Ce sera un exercice d’équilibre difficile mais nous devons relever les défis.

Pensez-vous que le pays est bien préparé pour accueillir des touristes, notamment ceux des pays en zone rouge, comme l’Inde, le Royaume-Uni ou La Réunion, qui sont nos principaux marchés ?

La préparation se traduit par une feuille de route qui sert de modèle pour l’action future et l’action présente. C’est comme la conduite. Lorsque vous conduisez, vous avez besoin d’une carte qui vous montre où vous allez et, si vous vous perdez dans une forêt, elle vous montre comment en sortir et revenir sur l’autoroute. Nous avons été confrontés à la première vague et, ce faisant, nous avons pu affiner les outils et moyens dont nous disposons pour contrôler cette pandémie. On espère que le plan de préparation nouvellement formulé tire des leçons de la première vague. Un plan de préparation à une pandémie doit contenir des éléments clés susceptibles de protéger la santé de la population, prendre en charge les personnes malades, détecter la transmission au niveau communautaire et pouvoir ajuster en conséquence les mesures de contrôle de manière que le virus ne refasse pas surface au niveau communautaire.

Cette fois, l’accent sera mis sur la médecine communautaire. Ce seront des messagers de la santé qui alerteront en cas de contamination locale. Dans quelle mesure peuvent-ils être efficaces dans ce cas précis ?

La médecine communautaire est la pierre angulaire par laquelle nous contrôlons un problème majeur de santé publique. Le virus pose un défi important au niveau communautaire pour tous les pays du monde, nous y compris. Mais quand nous voyons autour de nous des pays qui ont réussi à limiter, éradiquer ou le contenir, ils ont tous agi au niveau communautaire dès le début de la pandémie. Cela consiste à savoir quand un virus est présent dans la communauté par des tests approfondis, le contact tracing et l’isolement. Cela peut être amélioré par la technologie numérique comme celle installée en Corée du Sud, à Singapour, à Taïwan, dans certaines parties du Canada et ailleurs. Elle permet à un cas positif dans la communauté d’être détecté numériquement sur un téléphone portable par toute personne en contact étroit avec ce cas et on peut prendre des mesures en conséquence pour la tester et l’isoler afin de briser la chaîne de transmission. La détection de la transmission au niveau communautaire devrait être renforcée par la technologie numérique.

Nous ne savons toujours pas grand-chose sur le Covid-19. Sur une échelle de 1 à 10, dans quelle mesure serions-nous exposés à une seconde vague malgré toutes les précautions prises ?

Je donnerais ma note basée sur une évaluation scientifique de l’observation dans le monde entier. Si l’on regarde comment divers pays y ont fait face et comment leurs efforts ont été vains dans une grande mesure malgré leurs bonnes intentions, la perspective n’est pas très optimiste. Les nations, qui ont pris des mesures très agressives comme la Nouvelle-Zélande et ailleurs, nous ont appris qu’il est difficile d’éviter une deuxième vague. Étant donné que le virus est très répandu dans le monde et qu’à Maurice, nous avons un niveau de prévalence indétectable, il va de soi que nous sommes ouverts à une deuxième vague, car la tendance naturelle de la pandémie est d’atteindre une prévalence uniforme dans le monde. Il peut s’arrêter de lui-même. Je dirais que nous avons au moins 80 % de chances. Ce que je ne peux pas prédire, c’est la gravité, la durée et l’intensité d’une deuxième vague, mais j’espère que les mesures de santé publique prises lors de la première vague nous permettront de faire face à une éventuelle deuxième vague.

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