En 18 ans, un milliard de dollars a essayé d’atterrir dans le pays

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L’information ne devrait pas trop inquiéter les autorités bancaires. Révélée hier, lundi 21 septembre par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dans le cadre de son enquête baptisée «FinCen Files», elle porte sur un montant de USD 1 milliard, soit autour de Rs 40 milliards, qui auraient atterri dans une dizaine de banques locales et internationales. Comment le sait-on ? Parce que les banques qui ont reçu cet argent ont alerté la Financial Intelligence Unit (FIU) locale à travers 105 Suspicious Transaction Reports (STR).

Les informations fuitées du Financial Crimes Enforcement Network (FinCen, instance équivalente à la FIU de Maurice, dont le siège est basé à Vienna, aux États-Unis, soulignent que les 105 transactions potentiellement suspectes sont étalées sur une période allant de 2000 à 2018. Elles concernent les grandes enseignes bancaires allant de la Mauritius Commercial Bank (MCB) à la State Bank of Mauritius, en passant par l’ex-Barclays Bank, aujourd’hui Absa Bank, Afrasia Bank, Deutsche Bank Mauritius (qui a cessé ses opérations entre-temps), Standard Chartered Bank, ABC Banking Corporation, Investec Bank Mauritius, Bank One et Bank Internasional Indonesia. La FinCen a sans doute été alertée par la FIU elle-même.

En parcourant les transactions suspectes transitant par le circuit bancaire, il ressort que le plus gros nombre des rapports d’activités suspectes a été soumis par la Deutsche Bank pendant cette période à la FIU, soit au nombre de 37. Ce chiffre est suivi d’Investec Bank (14), ainsi que de la Standard Chartered Bank (13). Idem pour la MCB, avec 13 rapports suspects. Le STR impliquant le plus gros montant de transactions douteuses revient à la banque allemande avec USD 228 millions. Quant à la MCB, le montant s’élève à presque USD 3 millions.

Par ailleurs, on relève que toutes ces transactions, jugées douteuses par ces neuf banques, ont été «processed» par cinq institutions correspondantes basées aux États-Unis. À la Banque de Maurice, ces révélations sont suivies de près et ont fait l’objet d’une réunion urgente hier matin, lors de laquelle des responsables des établissements bancaires cités dans les «FinCent files» étaient présents, de même que les représentants de la Mauritius Bankers Association.

Le Chief Executive Officer de celle-ci, Daniel Essoo, souligne d’ailleurs que pour des raisons légales, il n’est pas possible pour les banques de commenter sur les STR, rappelant que «le système international de lutte contre la criminalité financière confie aux banques la responsabilité de surveiller toutes les transactions bancaires, et, s’il y a besoin, de soumettre des déclarations d’opérations douteuses aux autorités».

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