Vishwanaden Amasay, de la police de l’Environnement: «Les Mauriciens salissent moins»

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Des dizaines de milliers de Mauriciens étaient dans la rue à trois reprises récemment. Quel a été le constat après ces rassemblements ?

Nous avons remarqué qu’un changement de mentalité s’est opéré durant les dernières années. Et c’est tant mieux. Il faut dire qu’avec l’interdiction du sac en plastique, élément le plus polluant d’entre tous, les Mauriciens en ont moins à jeter. Ils les conservent et les réutilisent, d’autant plus que ceux-ci coûtent plus cher maintenant. Les Mauriciens salissent moins.

Selon vous, qu’est-ce qui explique ce constat ?

Les médias, qu’ils soient locaux ou internationaux, y sont pour quelque chose. Mais ce sont aussi les réseaux sociaux, qui tendent à véhiculer de bonnes habitudes et à condamner les mauvaises. Les campagnes menées par les organisations non gouvernementales et par les autorités y ont aussi contribué. Et il ne faut pas oublier les contraventions…

Les gens ont donc compris les dangers de la pollution ?

Je crois que oui. De nombreux Mauriciens, qui ont souffert des inondations par exemple, ont compris les méfaits du plastique jeté dans les drains. Ils réalisent aussi que ces mêmes plastiques finissent dans la mer où ils représentent un danger pour le poisson que nous consommons. Et que dire des effets nocifs du plastique incinéré sur notre santé ! Le cancer, par exemple, est une maladie qui tue de plus en plus…

Y a-t-il toujours un manque de poubelles dans le pays ?

Dans certains endroits, c’est possible. Cependant, je dois dire que des personnes ne veulent pas marcher jusqu’à une poubelle et se contentent de se débarrasser de leurs déchets, non sans avoir vérifié que personne ne les regarde, surtout un représentant de l’ordre !

Justement, certaines personnes pensent que se débarrasser d’un déchet en l’accrochant quelque part et non le jeter par terre n’est pas un délit…

C’est bien un délit et il est punissable.

Hormis les policiers de l’environnement, qui peut dresser des contraventions ?

Les policiers de la force régulière, les officiers de la Special Mobile Force, de la National Coast Guard, etc., tous sont habilités à le faire. De même qu’un fonctionnaire du bureau sanitaire.

Combien de contraventions ont été dressées ces dernières années et quelles sont les sanctions ?

Il y a eu 2 200 contraventions en 2019. Et pour les derniers huit mois de 2020, le nombre était de 1 500. À noter que des contraventions ont aussi été prises dans les usines qui fabriquent des sacs en plastique.

Malgré l’interdiction du sac avec manches, on en voit beaucoup en circulation. Que fait la police ? Nous effectuons des descentes chaque semaine dans les foires et autres commerces où nous procédons à des saisies. Certaines personnes continuent quand même à défier la loi.

Pourquoi ne pas contrôler ces sacs en plastique à leur source, à l’importation et dans les usines ?

C’est vrai, il suffirait d’agir ainsi. Mais les granulés importés sont utilisés pour fabriquer divers produits. C’est pourquoi le ministère de l’Environnement compte venir bientôt avec des amendements à la loi pour rendre ce genre de contrôle plus effectif. C’est ce que j’ai cru comprendre.

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