Sir Gaëtan: opération de pompage ardue face à une mer agitée

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Ce type de robot est utilisé par Polyeco S. A. et Dive Solutions pour explorer le fond marin lors de l’opération de pompage. Polyeco S. A.

Ce type de robot est utilisé par Polyeco S. A. et Dive Solutions pour explorer le fond marin lors de l’opération de pompage. Polyeco S. A.

Depuis que les opérations de pompage du Sir Gaëtan ont débuté, Polyeco S. A. et Dive Solutions ont fait face à des conditions défavorables en mer. Pendant trois jours consécutifs, à compter de lundi, aucun pompage n’a pu être effectué. Ce n’est que jeudi et vendredi que les opérations ont repris, même si la mer était agitée. Selon les chiffres compilés par Polyeco S. A., 41,5 m3 d’hydrocarbures ont été extraits de l’épave, à ce jour. Et 22 m3 ont été transférés des réservoirs d’huile du Posh Perseverance – remorqueur battant pavillon singapourien – vers un camion-citerne de 20 tonnes. 

Les nuances de bleu du lagon de Vol Molke, à Roches-Noires, ne laissent pas insensible. Le ciel bleu et dégagé est synonyme de beau temps. Face au temps clément de ce vendredi, tout laisse croire que le diesel et le lubrifiant à bord du remorqueur pourront être pompés ce dimanche. C’est du moins l’avis d’Athanasios Polychronopoulos, Executive Chairman de Polyeco Group, rencontré vendredi sur la jetée de la plage publique de Vol Molke. 

«Nous espérons terminer pendant le week-end. Nous avons offert nos services au gouvernement mauricien car c’est une situation difficile. Nous avons l’expertise pour ce genre d’opération», soutient Athanasios Polychronopoulos. «Étant Grecs, nous comprenons tout à fait les inquiétudes des Mauriciens quant à la préservation de leurs ressources naturelles puisque la mer tient une place importante dans notre économie et notre culture. Nous assurons qu’il n’y aura pas de déversement d’huile», confie-t-il. 

Mais peu avant, direction le site des opérations, là où le Posh Perseverance a jeté l’ancre. C’est en petits groupes qu’une équipe embarque à bord de trois pirogues à moteur. L’idée est de comprendre la salvage operation

«Nous faisons face à un climat défavorable, ce qui ralentit les opérations. Nous espérons compléter dans les meilleurs délais malgré une mer agitée. La dextérité et l’expertise du personnel sont des facteurs clés lors d’une opération d’une telle complexité», affirme Nikolaos Vlachos, On-Field Manager de Polyeco et responsable des opérations. En effet, pendant le trajet jusqu’au site du naufrage du Sir Gaëtan, il sera constamment suspendu à son talkiewalkie pour suivre les opérations et les instructions du Posh Perseverance. Pas question pour lui de prendre des risques inutiles. «Safety first. Pour monter à bord du remorqueur, il faudra bien se chausser. Il faut des chaussures appropriées», lance-t-il. La traversée qui prendra environ une heure n’est pas de tout repos. De temps en temps, alors qu’on se trouve toujours dans le lagon azur, de petites vagues viennent s’écraser sur la coque du bateau, éclaboussant au passage tout ce petit monde. 

Mais les choses sérieuses commencent dès que la pirogue se retrouve en haute mer. Là où le bleu change de ton. Il noircit. À chaque mouvement, la pirogue fend la houle de plus de deux mètres. La puissance des houles fait craindre le pire aux occupants. Face à cette mer agitée, il faut avoir solides non seulement le coeur mais également le dos et les reins. Cette mer agitée nous plonge aussitôt dans la soirée du 31 août lorsque face à une mer déchaînée, le Sir Gaëtan a sombré dans les abysses après une collision avec la barge L’Ami Constat. L’on essaie à travers un flash-back d’imaginer l’équipage du remorqueur luttant de toutes ses forces pour rester en vie. Les imaginer s’agrippant aux canots de sauvetage. En vain. La houle a la mainmise. 

Les pirogues s’approchent du Posh Perseverance. Ils font le tour mais en gardant une distance raisonnable afin qu’ils ne soient pas projetés contre la coque du remorqueur. «Vous voyez cette bouée rouge ? C’est là où se trouve le Sir Gaëtan à environ 20 mètres de profondeur. Nous avons délimité la zone d’opération et avons déployé des booms absorbants en cas de déversement d’hydrocarbures», explique Nikolaos Vlachos. La vue du site donne des frissons. Pendant quelques minutes, les opérations sont suspendues, le temps que la visite se termine avant que les plongeurs ne regagnent le fond. 

L’équipe de Dive Solutions a essayé de couler un robot pour une exploration de l’épave et de l’opération de pompage, en vain. «La houle était tellement forte et la mer tellement mauvaise que notre bateau aurait pu se retrouver sous le remorqueur. Polyeco a tout de suite réagi afin de ne pas prendre ce risque», lâche Shani Ghurburrun, Project Manager de Dive Solutions. L’opération de pompage a pu reprendre aussitôt que le dernier bateau a pu quitter le site du naufrage.

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