Enn sel solision…

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«Enn sel solision, revolision» pouvaiton lire parmi les pancartes des marches pacifiques et revendicatives qui ont eu lieu ces dernières semaines. Il est vrai que la révolution, telle qu’on a pu la voir à l’oeuvre depuis le 18e siècle en Europe, puis ailleurs, peut faire peur. Peur, car elle est violente, meurtrière, coupe des têtes (au sens propre), fait fusiller à la pelle, emprisonne, enferme, met dans des camps de travail, d’internement ou de rééducation des milliers, voire des millions de gens. Peur, car au moment où la révolution se passe, tout est incertain, le chaos règne, l’incertitude domine, l’indécision commande, l’indétermination est la règle. Il est donc assez légitime que la révolution fasse peur. Par contre, si l’on parle de révolution pacifique et non-violente à Maurice, en quoi cette solution serait envisageable ? En effet, elle mettrait en acte les abolitions du népotisme, du clientélisme, du castéisme, du communalisme. La solution serait la mise en place d’une réforme sérieuse et profonde des institutions pour qu’elles soient plus efficaces et plus égalitaires. La solution serait aussi se donner comme objectif principal l’éradication de la pauvreté, l’amélioration du système de santé, une réforme profonde de l’éducation qui viserait à ne laisser sur la touche personne.

On pourrait voir ici que ce genre de révolution est idéaliste, et est d’une telle exigence et d’une telle ambition qu’en définitive, elle serait irréalisable. Si l’on demande que tout change tout de suite, bien sûr que c’est perdu d’avance. Mais si l’on se donne le temps et les moyens, les choses peuvent changer de manière significative. Les révolutions violentes semblent vouées à l’échec, il faut alors tenter la révolution pacifique, dans le sens où les mentalités et les pratiques politiques doivent changer. Changer les mentalités, voilà une expression galvaudée, et qui, comme tout ce qui se répète à l’envi, peut être vidé de son sens. Mais ici c’est bien la manière de penser et de pratiquer la démocratie qu’il faut transformer. L’égalité des chances (expression aussi dépréciée à force d’être dite) a justement tout son sens dans une société où beaucoup voient que les opportunités, c’est pour les autres. Comment mettre en place ce genre de société lorsque ni les politiques, ni les institutions internationales ne semblent vouloir ce changement ? C’est là tout le pari qui attend les forces vives et la population en général (et pas générale) de ce pays. Mais en attendant, on pourrait dire : «Enn sel solision : evolision». Le «r» peut être enlevé si l’évolution est profonde.

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