Journée mondiale de la démocratie: face aux mobilisations citoyennes, le PM condamné à agir

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À l’exception d’Ivan Collendavelloo, désormais «backbencher», il est attendu que l’équipe dirigeante réagisse face aux revendications du peuple.

À l’exception d’Ivan Collendavelloo, désormais «backbencher», il est attendu que l’équipe dirigeante réagisse face aux revendications du peuple.

Il ne pourra pas continuer à diriger le pays tout en ignorant les cris de la rue. Des observateurs politiques estiment qu’après trois manifestations réussies (11 juillet, 29 août, 12 septembre), le Premier ministre (PM), Pravind Jugnauth, doit envoyer un signal fort à la population. 

Tout changement doit commencer par le chef du gouvernement lui-même, affirment-ils. Armoogum Parsuramen, ancien ministre du Mouvement socialiste militant (MSM) sous le règne d’Anerood Jugnauth, est persuadé que s’il n’agit pas maintenant, il prend d’énormes risques pour son gouvernement et pour le pays. «Ces manifestations historiques sont des signes que la population n’est pas contente. Les participants se sont déplacés par leurs propres moyens. Si le PM n’agit pas, c’est à ses risques et périls», observe l’ancien ministre. 

Tout comme l’ancien MSM, Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Éducation, croit que si Pravind Jugnauth ne prend pas de décision immédiate, cette mouvance prendra de l’ampleur. «Il y a eu la première marche le 11 juillet organisée par les syndicats. La foule était bonne, mais il n’a rien fait. Par la suite, il y a eu d’autres événements et l’inaction du gouvernement est venue agacer davantage les Mauriciens. Il est temps pour lui de prendre des décisions. La population suit toujours une mouvance qui se lève. J’en ai vu beaucoup lors des campagnes électorales qui n’ont pas été bénéfiques aux gouvernements», ajoute l’ancien ministre travailliste. 

Les deux hommes sont également d’accord sur une des mesures que Pravind Jugnauth doit prendre immédiatement : cesser de nommer ses proches ou des parents des ministres dans des postes clés. Il faut également que les Mauriciens arrêtent de se sentir persécutés, ajoute Dharam Gokhool. «Le chef du gouvernement est aussi le chef de la police. Le public a noté que quand il s’agit des petites gens ou des opposants au pouvoir, les arrestations se font très vites. Mais quand ce sont des ministres et des activistes du gouvernement, rien n’est fait. De plus, la population a pris en considération qu’il y a eu une série des mesures et des faits qui ont entravés leurs libertés», note-t-il. 

La drogue inquiète 

Il souligne que malgré les promesses, la situation de la drogue à Maurice inquiète beaucoup de familles. «Des recommandations de la commission d’enquête sur la drogue n’ont pas été appliquées. Pourquoi ne pas les appliquer immédiatement?» se demande-t-il. 

Pour sa part, Armoogum Parsuramen affirme que le PM doit faire preuve de leadership, non pas en sanctionnant la population, mais on lui faisant confiance. «Des Mauriciens continuent à perdre leur emploi, mais de l’autre côté, le gouvernement nomme des parents des ministres dans des institutions. Pendant le confinement d’autres ont perdu leur maison et des proches du gouvernement ont eu des contrats», rappelle-t-il. 

L’ancien MSM affirme que le manifeste électoral du gouvernement doit être exécuté. D’ajouter qu’«il est temps pour Pravind Jugnauth de faire son mea-culpa. Il faut qu’il étudie les reproches que le peuple lui fait». 

Cependant, Dharam Gokhool affirme qui si le chef du gouvernement n’arrive à agir dans les domaines dénoncés par la population, c’est probablement parce qu’il a pris des engagements apolitiques ou politiques qui l’en empêchent. «Si c’est le cas, c’est très mauvais pour le pays», regrette l’ancien ministre.

Un remaniement ministériel est difficile 

Jean-Mée Desvaux, ancien conseiller spécial au bureau du Premier ministre (PM), sous le règne de Paul Bérenger, estime que le maillon faible est Pravind Jugnauth lui-même. «Il faudrait commencer par le PM, donc c’est impossible. C’est lui qui montre le plus de faiblesse. Dans ce corps, ce ne sont pas les membres qui sont faibles mais c’est la tête.» L’ex-conseiller dit connaître le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano. «Un remaniement ministériel pour remplacer un Ramano qui est intelligent, vous allez mettre qui à la place ?» se demande-t-il. Il ajoute que l’équipe dirigée par Pravind Jugnauth n’est pas meilleure que sa précédente équipe élue en 2014. «Steven Obeegadoo essaie de se débrouiller comme il peut. Tout cela, ce sont des anciens MMM, mais il ne peut pas tout faire. On verra d’autres grosses bêtises pendant les prochains quatre ans», ajoute-t-il. Dharam Gokhool maintient également que le PM ne dispose pas de personnes capables pour un éventuel changement. «Je ne vois pas comment il pourrait le faire car il dispose d’une équipe faible. Qui va remplacer qui ? Pravind Jugnauth lui-même doit donner le ton pour que ses ministres puissent le suivre», souligne-t-il. Armoogum Parsuramen est plutôt d’avis que les ministres devraient plutôt changer de comportement.

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