L’opposition parle de leçons à retenir...

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La présence des politiciens a été plus timide cette fois-ci, lors de la marche à Mahébourg. Seuls le chef de l’opposition, Arvin Boolell, le whip de l’oppostion, Shakeel Mohamed, Richard Duval, député du Parti mauricien social démocrate (PMSD), Ritesh Ramful, député rouge et Tony Apollon, membre du Mouvement militant mauricien (MMM), étaient présents. Ont-ils réalisé que la colère de la rue est adressée non seulement au gouvernement mais à toute la classe politique ? Se sentent-ils mal à l’aise face aux revendications des manifestants ? Ou alors n’étant pas le centre d’intérêt, comme tous les politiciens en ont l’habitude quand ils sont au milieu d’une foule, ont-ils préféré rester sourds, d’autant qu’il n’y a pas eu de mot d’ordre de leurs leaders ? En tout cas, les messages contenus dans les revendications ont de quoi embarrasser toute la classe politique. En tiendra-t-elle compte ?

Xavier-Luc Duval, leader du PMSD, n’était pas à la marche samedi. Selon lui, les partis de l’opposition se sont mis d’accord pour permettre uniquement aux députés de la circonscription de Mahébourg/ Plaine-Magnien, dont Richard Duval et Ritesh Ramful, d’y participer. Toutefois, Xavier-Luc Duval n’a pas manqué de suivre cette mobilisation à distance et la qualifie de «belle réussite». «Encore une fois, le peuple a manifesté sa solidarité envers la région de Mahébourg qui a été terriblement affectée. Maintenant, nous attendons une réaction drastique mais aussi un remaniement de Pravind Jugnauth.»

Cependant, le leader du PMSD n’est pas convaincu qu’un sentiment de révulsion envers la classe politique habite les Mauriciens. «Principalement cette mobilisation citoyenne a vu le jour après les multiples cas de corruption, l’échouement du MV Wakashio, les dauphins retrouvés morts et le drame du remorqueur Sir Gaëtan. Mais certainement tous les partis politiques ont une leçon à tirer.» Arvin Boolell s’est dit touché par l’accueil des Mahébourgeois. «Ritesh Ramful a participé à la marche et, en tant que leader de l’opposition et avant tout citoyen, je me suis fait le devoir d’être présent. Le gouvernement ne doit pas rester insensible à l’appel de la population. Le peuple réclame un véritable changement et non entendre encore une fois Pravind Jugnauth relater que Maurice est un pays démocratique. Il cherche la stabilité ainsi que la conviction qu’il vit dans un système juste.» En ce qui concerne les revendications des manifestants, le leader de l’opposition laisse entendre que ce n’est pas uniquement le gouvernement mais toutes les parties impliquées qui doivent se sentir concernées. «Nous avons tous à tirer des leçons durant cette période épineuse. Le plus gros blâme revient au gouvernement mais ces évènements amènent à la réflexion.»

Shakeel Mohamed, quant à lui, certifie que cette deuxième mobilisation a envoyé encore une fois des messages forts au gouvernement, à l’opposition ainsi qu’à la classe politique. Il se sent aussi concerné que le gouvernement par le cri de révolte des Mauriciens. «Ce serait arrogant et manquer de sagesse de ne pas prendre note de l’avis du peuple. La situation ne concerne pas uniquement le gouvernement, mais aussi l’opposition», fait-il comprendre.

Le député travailliste a d’ailleurs salué les participants et les organisateurs. «J’ai senti une atmosphère patriote avec de fortes revendications. Nous ne pouvons pas ignorer cela. Malheureusement, je ne crois pas que Pravind Jugnauth réagira face à ce cri du peuple.» D’ailleurs, il condamne l’attitude des autorités samedi après-midi lors du concert qui a suivi au Mahebourg Waterfront. «Elles ont interrompu le concert à 19 heures. Si c’était un député qui avait organisé un concert dans sa circonscription, personne n’aurait osé couper court. C’est d’une stupidité.»

Reza Uteem, président du MMM, dit n’avoir pu se déplacer à Mahébourg en raison d’une rencontre politique qui avait lieu à Port-Louis. Cependant, il souligne que les Mauves ont incité les membres du parti et la population à participer à cette mobilisation. «Encore une fois, le ras-le-bol des Mauriciens a parlé. Le gouvernement fait la sourde oreille et ne veut pas se rendre à l’évidence que le peuple souffre.» Les messages scandés par les manifestants concernent selon Reza Uteem tous les politiciens du pays.

Pour sa part, Roshi Bhadain, leader du Reform Party, était également présent à Mahébourg bien qu’il ait dû se retirer, dit-il, assez vite pour préparer son congrès de Triolet. En revanche, 550 de ses sympathisants ont participé à la marche, affirme-t-il. Il ne se sent donc nullement menacé par cette mobilisation, qu’il dit d’ailleurs, rejoindre en tant que patriote. Au sujet des messages forts scandés, Roshi Badhain relate que son intérêt se porte uniquement sur son pays, et non sur la politique.

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