En finir avec soi

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Le précepteur, maître et ami de l’empereur Néron était un philosophe stoïcien. Ce philosophe a accompagné Néron dans les dernières années de son règne, après s’être enrichi et avoir été aimé par le peuple, puis quand Néron a été de moins en moins apprécié par le peuple et par ses ennemis politiques, le stoïcien Sénèque va subir la même disgrâce. La roue tournant parfois très vite en politique et dans le cercle du pouvoir, en particulier, Néron, se sentant trahi par certains de ses proches, ordonne à plusieurs de ces derniers de se suicider. Etrange demande faite par l’empereur, car obliger quelqu’un à se suicider… n’est pas vraiment un suicide.  Mais c’est là que l’histoire nous a laissé une des plus célèbres morts, et surtout une des plus écrites et mises en scène : le suicide de Sénèque et de sa femme. Le stoïcisme dans sa forme la plus idéalisée nous dit que le sage est libre de toute passion, de tout attachement terrestre et de toute crainte de la mort. Sénèque, fidèle à l’image du stoïcien qu’il était (ou qu’on a fait de lui) va se donner la mort de manière stoïque, mais mettra beaucoup de temps à agoniser et à mourir, se vidant très lentement de son sang, pour mourir, en définitive, car la mort était trop lente à venir, de vapeurs toxiques qu’il demanda qu’on lui fît.

Jeudi de la semaine écoulée était la journée mondiale de la prévention du suicide. Que l’on soit croyant ou non-croyant, le suicide est vu comme quelque chose de négatif, car il est la négation de la vie. Et la vie est la seule chose dont on peut dire qu’elle est unique et qu’elle nous est unique. Perdre cela, c’est tout perdre. La décision d’un individu qui décide d’en finir est toujours issue d’une souffrance ou d’une incapacité à envisager d’autres solutions que celle-ci, qui s’avère être une non-solution. En effet, résoudre un problème n’a de sens que si l’on est vivant. Mais la raison perd souvent de sa force dans les moments les plus difficiles où la souffrance domine et parfois dicte notre comportement. La souffrance a ses raisons que la raison ignore. Et pourtant, se référant à un code d’honneur, on trouve des actes suicidaires « héroïques », comme celui de Sénèque, mais il suffit de penser aussi au célèbre « seppuku » des samouraïs, ou aux fameux kamikazes. Mais sans doute, en dépit des raisons que l’on peut connaître de la personne elle-même qui met fin à ses jours, ou des raisons que l’on peut inférer du sens de son acte, on ne sait, en définitive, jamais vraiment les motivations de ce geste suprême.

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