Santé mentale des enfants: quand les thérapies s’invitent dans les foyers

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Anila Servansingh, responsable de l’atelier d’art thérapie à OpenMind.

Anila Servansingh, responsable de l’atelier d’art thérapie à OpenMind.

Des kits de thérapie accompagnant des sessions filmées de musicothérapie, d’hortithérapie et d’art-thérapie, animées par les thérapeutes d’OpenMind, seront distribués la semaine prochaine aux enfants bénéficiaires de l’association et au-delà. Un programme établi dans le cadre de la célébration du dixième anniversaire de cette organisation non gouvernementale.

OpenMind, association spécialisée dans les soins pour enfants et adolescents présentant des troubles psychologiques, a lancé un programme digital d’ateliers thérapeutiques ciblant, dans un premier temps, 443 enfants (dont 144 à Rodrigues faisant partie de la Football Academy de la MCB Forward Foundation). Ce programme comprend 25 sessions filmées par des professionnels et animées par trois thérapeutes du centre. 

Les vidéos seront envoyées par WhatsApp, suivies d’une distribution de 1 600 kits de matériels (art-thérapie et hortithérapie) préparés pour les enfants afin que ces derniers puissent poursuivre la démarche thérapeutique à la maison. Le lancement de ce nouveau programme coïncide avec le dixième anniversaire d’OpenMind, célébré le 6 septembre. «Avoir dix ans en 2020, c’est dur. C’est une année traumatique, avec son lot de malheurs successifs et dont l’impact psychologique pèse non seulement sur les bénéficiaires d’OpenMind mais sur toute une population. Ce n’est donc pas le temps des célébrations mais celui de trouver enn sime sorti, le motto qui accompagne OpenMind depuis sa création», explique Marylène François, fondatrice et responsable du centre OpenMind. 

Jocelyn Flore, membre d’OpenMind, constituant les kits.

Un programme né dans l’urgence du confinement 

L’idée des Digital Therapy Workshops a germé pendant le confinement. Face à l’urgence de poursuivre, avec les bénéficiaires, le suivi thérapeutique essentiel à leur santé mentale, l’équipe d’OpenMind a travaillé sur une alternative avec les moyens de bord : les thérapeutes ont filmé avec leur téléphone et réalisé de chez eux, des mini clips d’ateliers d’art-thérapie, d’hortithérapie et de musicothérapie et les ont envoyés à plus de 300 enfants, adolescents et adultes bénéficiaires de l’ONG. 

«Beaucoup vivent en appartements sociaux ou dans des logements exigus et n’ont ni jardin ni coin dédié pour les ateliers.»

Pour compléter ces interventions, le pédopsychiatre réunionnais, le Dr. Christian Simon, partenaire d’OpenMind pour son service de pédopsychiatrie, lancé en mars 2018, a assuré, en parallèle, via Skype et WhatsApp, des sessions individuelles de suivi, explique Marylène François. Le fait marquant, qui est ressorti de ces interventions à distance : «la participation active des parents et de la fratrie au cours de ces ateliers. (…) Enfermés déjà dans leur détresse émotionnelle et désormais enfermés physiquement», les bénéficiaires ont accueilli avec enthousiasme ces interventions. 

Face à ce succès, le programme digital d’ateliers thérapeutiques a été monté dès juillet et le financement adéquat a été trouvé. Une boîte de production spécialisée a été chargée des tournages et a monté les nouvelles vidéos. Celles-ci sont désormais prêtes à être partagées. «Les sessions filmées pour la musicothérapie ont pu se faire avec l’aide solidaire d’ABAIM pour les chansons», précise également la directrice de l’ONG. 

Au-delà de la distribution des kits et des 25 ateliers thérapeutiques filmés, un suivi hebdomadaire des ateliers sera assuré par l’équipe de thérapeutes d’OpenMind. L’ONG quitte les sentiers battus pour relever ce nouveau gros défi. Lequel est accentué par des contraintes que pose cette nouvelle approche, entre autres la nécessité de s’adapter aux conditions de logement et d’espace de vie des enfants bénéficiaires de l’ONG. «Beaucoup vivent en appartements sociaux ou dans des logements exigus et n’ont ni jardin ni coin dédié pour les ateliers.» Mais l’ONG s’adapte. «Nous verrons sur place comment aménager l’espace, en apportant ce qu’il faut. Notre service pour enfants a été totalement revu et réaménagé dans le cadre des contraintes post-confinement et du nouveau calendrier scolaire, avec ce long deuxième trimestre, qui limite drastiquement la présence des enfants au centre pour leurs ateliers thérapeutiques. Donc, à travers ces vidéos, c’est OpenMind qui va chez eux, avec ce qu’il faut comme matériel.» 

Si l’objectif du projet Therapy from Home et son programme de Digital Therapy Workshops est de garder le lien thérapeutique avec les enfants bénéficiaires de l’association, OpenMind souhaite également le rendre accessible aux enfants des familles de squatteurs, qui sont en détresse psychologique. Pour pouvoir y arriver, le programme, tel qu’il est conçu, a ses limites : il s’adresse aux enfants dont les familles ont accès, via un téléphone, au réseau WhatsApp et à des enfants, qui vivent dans une maison, au sein du foyer familial. «Le programme est non seulement un concept mais une réalité inaccessible aux enfants de squatters, qui n’ont plus de maison familiale, de foyer sûr. La situation du logement est extrêmement précaire pour les plus vulnérables et dont les enfants vivent encore sous des tentes ou sont placés chez des proches. Il faut donc trouver un moyen pour que ces enfants aient aussi accès à ce programme. D’où la proposition d’une synergie avec la plateforme citoyenne Drwa a enn lakaz (DAL), avec une action concertée pour 103 autres enfants. Un nouveau programme, qui pourra donc toucher au total 546 enfants. Pour un dixième anniversaire dans un pays chaviré avec enn sime sorti… » a conclu Marylène François.

À propos d’OpenMind 

Hier, cela a fait dix ans que le centre OpenMind a ouvert ses portes aux personnes souffrant de troubles psychologiques avec un programme d’aide centré sur l’art-thérapie, l’hortithérapie et l’écothérapie. Aujourd’hui, OpenMind se spécialise dans le «Mental Health Care» pour enfants et adolescents avec une équipe thérapeutique constituée du Dr Christian Simon (pédopsychiatrie), de psychologues, d’une psychomotricienne, d’orthophonistes et d’une artthérapeute. Le ‘village thérapeutique OpenMind’ est situé à Verdun.

Pour plus d’informations, téléphonez à OpenMind : 433 0361

Campagne pour briser les tabous sur la santé mentale

Le projet «Bona Fide», mené pour l’ONG Friends in Hope et la branche de Réduit du réseau d’étudiants AIESEC, est une campagne visant à sensibiliser les jeunes et moins jeunes sur la question de la maladie mentale, et à éliminer les tabous, qui y sont souvent associés. Les activités liés à cette campagne s’étendront jusqu’au 10 octobre, qui est la Journée mondiale de la santé mentale.

Touchée par la question de la santé mentale et des tabous, qui l’entourent à Maurice, une équipe de jeunes d’AIESEC Réduit a approché, après le confinement, l’association Friends in Hope, pour leur proposer une campagne de sensibilisation visant à briser les tabous autour de la santé mentale. Dickshay Mooloo, Project Manager de la campagne et membre d’AISEC-Réduit, souhaite que davantage d’informations circulent sur la santé mentale et que les personnes n’hésitent plus à chercher un soutien professionnel si et quand le besoin se fait sentir. 

Oummé Joomun, ergothépeute à l’association Friends in Hope.

Pour cette campagne, il travaille en étroite collaboration avec Oumme Joomun, ergothérapeute de Friends in Hope. Cette dernière explique que la campagne comprend quatre activités principales, dont la première activité, lancée le 5 août dernier, est un Online Photo Challenge, qui invite le public à se photographier tout vêtu de blanc et le pouce en l’air. Cette photo doit être postée sur les réseaux Facebook ou Instagram avec les hashtags #Tougherthanstigma et #Sanztoregar. La personne doit aussi taguer au moins trois de ses amis afin de s’assurer que le message soit transmis et relayé au maximum. Des vidéos-témoignages d’une minute ont aussi été réalisées la semaine dernière auprès des bénéficiaires de l’association et de leurs proches et ces films racontent leur quotidien, leurs difficultés et évoquent les tabous autour de la maladie mentale, qui freinent les parcours thérapeutiques, et l’aboutissement de ce cheminement thérapeutique vers une vie «normale», en entravant notamment, l’accès à une certaine forme d’autonomie de vie et financière. Ces vidéos seront également diffusées sur les réseaux sociaux. 

Dickshay Mooloo, Project Manager de la campagne «Bona Fide»
de AIESEC-Réduit pour Friends in Hope.

Des causeries en ligne seront aussi animées sur Zoom ou Facebook Live (l’interface de diffusion reste encore à être définie) par des professionnels de santé mentale employés à Friends in Hope. 

Pour finir, un événement de sensibilisation est prévu une semaine avant la journée du 10 octobre, laquelle sera marquée par la marche annuelle de Friends in Hope pour la sensibilisation à la maladie mentale.

À propos de Friends in Hope 

Friends in Hope est une association d’aide et de soutien aux personnes présentant des troubles psychiatriques et à leurs familles. Elle a été fondée en 1997, il y a 23 ans, par un groupe de parents d’enfants souffrant de maladie mentale, qui avait décidé de se réunir. Leur inspiration était un mouvement sud-africain, Friends of Tara. Las de se battre seuls contre le manque d’infrastructures adéquates, et las de la prise en charge inadaptée et des tabous, les parents ont trouvé et trouvent en ces rencontres régulières, une forme de soutien. 

Pour plus d’informations, contactez Friends in Hope sur le 454-0849.

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