Dans la presse du… 9 septembre 2009: 4 morts et 38 blessés à Pailles

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L’autobus de la CNT se retrouva sens dessus dessous sur le terre-plein après la collision.

L’autobus de la CNT se retrouva sens dessus dessous sur le terre-plein après la collision.

«C’était comme un cyclone.» C’est sous ce titre en une que l’express du 9 septembre 2009 raconta l’horreur qui eut lieu la veille à Montebello, Pailles. Un camion transportant du sucre percuta un autobus vers 7 heures. Cet accident fit quatre morts et 38 blessés, dont un dans un état grave. 

Ils s’appelaient Canden Mohun, Jonathan Fidèle, Jagmohun Beeharry et Juskaramsing Ramtohul. Leur point commun : ces quatre hommes décédèrent lorsqu’un camion transportant un chargement de sucre pour le compte de la propriété sucrière de Constance La Gaieté heurta de plein fouet l’arrière d’un autobus de la Compagnie nationale de transport (CNT). 

Le camion heurta l’arrière de l’autobus, ce qui expliqua l’état de l’avant du véhicule.
Une bonne partie du sucre qu’il transportait se renversa sur l’asphalte et sur le terre-plein.

Comment cet accident se produisit- il ? Peu après 6 h 50, le camion conduit par un quinquagénaire se dirigeait vers la capitale. Il passa sur le pont Colville-Deverell et poursuivit sa route. À un moment, l’autobus de la CNT, qui avait quitté Henrietta vers 6 heures et transportait une cinquantaine de passagers, doubla le camion sur la voie rapide, puis se rabattit sur la gauche. 

À la hauteur de la station-service Indian Oil, le chauffeur du camion se mit à donner des coups de klaxon. Plus tard, il dira aux policiers : «Mo frin pa finn trapé.» Pour l’heure, ce fut l’affolement parmi les automobilistes. Ceux qui se trouvaient sur la voie rapide ralentirent pour se ranger sur le terre-plein. 

Un motocycliste quitta la route brusquement pour éviter de se faire écraser par le camion. Il se retrouva sur le bas-côté, se blessant aux jambes. Il fut témoin de la collision brutale entre les deux véhicules. 

Policiers et pompiers nettoyèrent la route à grande eau pour la débarrasser du sucre.

Ce fut une scène d’horreur. Une des victimes fut projetée hors de l’autobus et se retrouva sous le camion d’où elle fut extirpée. Des blessés hurlèrent de douleur pendant que des pompiers les retiraient de l’autobus. 

L’un d’eux raconta qu’il avait entendu un fracas accompagné d’une secousse terrible. «Pa koné kan mo finn vinn anba lao. Bis-la tinn déviré, mo lamé inn kwins anba enn siez.» Sous le choc, ce quadragénaire confia qu’il avait vu deux des quatre hommes qui moururent. «Enn ti dévan mwa a gos, lot la a drwat. Zot inn mor déswit telman zot inn krazé anba kousin-la», relata celui qui fut assis à la sixième rangée de cet autobus de la CNT. 
Un autre rescapé, un jeune de 22 ans, souligna : «Tou vit ti éklaté ek bis ti déviré.» Après que l’autobus fut renversé, il perdit connaissance et se réveilla bien plus tard, à l’hôpital Jeetoo, avec des blessures à la tête et l’épaule déboîtée. 

Les sièges de l’autobus, déracinés dans l’accident, furent enlevés pour aider les blessés.

Un autre encore répétait : «Monn sap ek lamor.» Ce maçon de 45 ans avait pris place à l’arrière de l’autobus. Dans le choc ayant suivi l’accident, le réservoir de diesel de l’autobus éclata pour le tremper complètement. Il fut extirpé du véhicule par un badaud. Il eut cinq côtes cassées et des blessures à la tête. Mais «monn sap ek lamor», continuait-il de dire. 

D’autres n’ont malheureusement pas eu la chance de survivre à cette terrible collision. Caden Mohun fut l’un d’eux. Ce jeune homme de 28 ans s’était marié trois mois seulement avant le drame. En sus de cela, sa femme et lui attendaient la naissance de leur enfant. «Il allait devenir papa pour la première fois, fit ressortir le père de la victime. Rien que de parler de la naissance prochaine de son enfant le rendait extrêmement heureux.» Le père expliqua que le jeune homme était son benjamin. «Il travaillait très dur pour offrir à sa famille ce dont elle avait besoin. Il était très régulier. Son travail passait avant la fête», ajouta-t-il. 

Quant à Jonathan Fidèle, le Vacoassien ne devait pas initialement prendre l’autobus de la ligne 141 mais a finalement changé d’avis. Un de ses amis, un collégien, raconta que le cousin du Vacoassien et lui-même se trouvaient, vers 7 h 30, bloqués sur la route par un embouteillage monstre causé par l’accident. «On a appelé Jonathan pour le taquiner. Mais on a eu la surprise de notre vie», lâcha l’adolescent de 17 ans. En effet, ce fut un policier qui répondit…

Jagmohun Beeharry, âgé de 51 ans, habitait, lui, à Cascades, Henrietta. Il travaillait comme soudeur dans une compagnie à Pailles. Sa fille aînée, âgée de 18 ans, témoigna que la famille apprit la nouvelle de l’accident par la radio dès le matin. «Kan so patron dépi so travay inn téléfoné, inn dir ki li pann vinn travay, lerla ki nou’nn douté ki mo papa parmi bann viktim…» 

Juskaramsing Ramtohul, pour sa part, avait 62 ans. Il prenait l’autobus tous les jours à la même heure. Ce jour-là, il a failli rater son bus. «Gramatin li ti pé lav lasiet. Lerla so madam dir li les li, sinon li pou gagn tar», expliqua sa belle-soeur. Selon ses proches, la victime aimait son épouse plus que tout au monde. Dès qu’il arrivait au travail, il l’appelait pour lui signifier qu’il était bien arrivé. Mais ce jour-là, n’ayant pas reçu d’appel, sa femme sut qu’il lui était arrivé malheur. «Mo téléfonn li, li pa pran. Téléfonn-la res soné mem», murmura-t-elle. Lorsqu’elle l’appela sur son lieu de travail, on lui indiqua que son mari n’était jamais arrivé. Entre deux sanglots, la veuve ne cessait de demander : «Kouma mo pou fer aster, mo misié pa la?»

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