Échouement du MV Wakashio: les animaux marins souffrent

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Le crabe violoniste : cette espèce de crustacés est appelée ainsi en raison de son énorme pince. Le crabe violoniste est souvent aperçu sur les côtes, sous les mangroves. 

Le crabe violoniste : cette espèce de crustacés est appelée ainsi en raison de son énorme pince. Le crabe violoniste est souvent aperçu sur les côtes, sous les mangroves. 

Les espèces marines vivant dans le lagon de Pointe-d’Esny et dans ceux des villages alentours sont menacées par l’huile lourde, qui a suinté du «MV Wakashio». Quelles espèces sont en danger? On t’explique.

Quel danger pour les animaux marins ?
Beaucoup d’animaux tels que les tortues et les dauphins doivent remonter à la surface pour respirer. Or, l’huile lourde flotte sur l’eau et est gluante. Malheureusement, elle peut recouvrir les animaux marins, pénétrer leurs branchies* et les empêcher de respirer. Ces animaux peuvent également avaler cette substance et s’intoxiquer. Cette huile est également mauvaise pour les phytoplanctons, qui sont la nourriture des coraux. Cette huile les tue et par conséquent, prive les coraux de leur alimentation.

*branchies : organes externes des animaux marins, qui leur permettent de respire.

Les endroits où les animaux souffrent le plus
Plusieurs lagons, dont ceux de Rivière des Créoles, Bambous-Virieux, Petit-Bel-Air, Vieux-Grand-Port, Deux Frères, Bois-des-Amourettes et de l’Île-aux-Cerfs, entre autres, ont été envahis par cette huile. Le crabe violoniste, connu pour ses grosses pinces, l’Ocypode ceratophthalma connu comme le crabe fantôme aux yeux cornus ou encore les crabes appelés carcassaye sont actuellement en danger. Mais aussi, les herbes marines, les algues et les oiseaux migrateurs, qui traversent de longues distances pour venir à Maurice. Les autres îlots du Sud-Est tels que l’Île de la Passe, l’Îlot Vacoas et l’Île aux Fouquets ont également été touchés. Des reptiles, qui sont des espèces endémiques comme les Lesser night geckos, les Bojer Skink et les Bouton Skink, qui vivent sur ces îlots, ont dû être évacués. Les mangliers sont également en danger. Le manglier ou palétuvier est une plante aquatique, qui pousse sur le littoral dans des zones marécageuses*. À Maurice, il existe deux types de mangliers : le rhizopora mucronata et le bruguiera gymnorhiza. Au même titre que les coraux, les mangliers offrent un abri à beaucoup d’espèces marines comme des crabes, des crevettes et de petits poissons. La mangrove permet à ces espèces de venir pondre leurs oeufs sous ses racines afin d’être à l’abri des prédateurs. Il faut également savoir que la mangrove abrite des espèces qui, plus tard, seront capturées en pleine mer pour les besoins de la pêche à l’instar de la gueule pavée. Quand les feuilles de mangliers tombent dans la boue ou l’eau, elles sont mangées par de nombreux animaux.

*zone marécageuse : terrain où se trouve une couche d’eau immobile et généralement profonde.

Le parc marin de Blue-Bay
Le parc marin se trouvant à Blue Bay est également en grand danger en raison de la marée noire. Plus de 72 espèces de poissons, dont l’Amphiprion chrysogaster, connu comme le poisson clown mais aussi le poisson papillon, le poisson chirurgien, le poisson cocher, et le poisson fusilier, courent un grand danger. Les coraux du parc, et en particulier le lobophyllia, connu comme le corail cerveau, sont extrêmement précieux. Le corail cerveau est âgé de plus de 1 000 ans et s’il se brise, les biologistes marins craignent que nous ne soyons obligés d’attendre encore des centaines d’années afin de le revoir dans nos lagons.

Le parc marin de Blue-Bay a été proclamé parc national en 1997 et a été déclaré parc marin trois ans plus tard. Ce parc s’étend sur une superficie de 353 hectares. Il est reconnu pour son paysage sous-marin exceptionnel et son jardin unique de coraux. Le parc marin de Blue-Bay abrite un riche écosystème d’une beauté rare, avec diverses communautés de faune et de flore. En 2008, le site a été déclaré site Ramsar dans le but d’assurer la protection des espèces qui s’y trouvent. Le parc marin est d’ailleurs organisé en zones spécifiques pour assurer une protection à ces espèces, tout en permettant des activités récréatives et éducatives pouvant soutenir l’activité économique, sans bouleverser l’écosystème. Cela permet donc aux visiteurs de profiter de la beauté de l’endroit, de faire de la plongée en apnée, de la plongée sous-marine et du ski nautique ou encore de monter à bord des bateaux à fond de verre.

L’Île-aux-Aigrettes
Au cours de la semaine, l’organisation Maurititus Wildlife Foundation (MWF), qui se charge de la conservation et de la préservation des espèces végétales et animales menacées du pays, a déplacé 18 oiseaux, qui se trouvaient sur l’Île-aux-Aigrettes et ceux-ci ont été transférés à la volière de Rivière Noire où des espèces d’oiseaux rares sont conservées. Les oiseaux concernés sont six cardinaux de Maurice et 12 oiseaux à lunettes. Heureusement, aucune espèce sur l’île n’a été affectée par la catastrophe.

L’Île-aux-Aigrettes est une petite île constituée de rochers de corail et située dans la baie de Mahébourg, à environ 850 m au large de la côte Sud-Est de Maurice. C’est un site de conservation d’importance internationale, qui a été déclaré réserve naturelle en 1965. L’Île-aux-Aigrettes tire son nom d’une colonie d’aigrettes, qui habitaient l’île dans les années 1600. Les aigrettes sont de gracieux oiseaux avec de longues pattes. Certaines des plantes que l’on trouve sur l’Île-aux-Aigrettes ne poussent nulle part ailleurs dans le monde et sont ce qui reste d’une forêt côtière, qui entourait autrefois une grande partie de Maurice. Dix-huit espèces végétales mauriciennes, qui poussent sur l’île, sont classées en danger ou très rares. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Île-aux-Aigrettes a été utilisée par les Britanniques comme base militaire et c’est à cette époque qu’une grande partie de la forêt indigène a été défrichée. En 1985, le Mauritian Wildlife Foundation (MWF) a mis en place un projet de réhabilitation et de gestion de l’habitat sur l’Île-aux-Aigrettes pour restaurer la végétation et la faune de l’île et lui faire retrouver son état d’origine. Cette organisation poursuit cet exercice de restauration, tout en proposant au public de visiter l’île et de profiter de ce lieu unique.

Qu’est-ce que la Convention de Ramsar ?
Tu as sûrement beaucoup entendu parler de la Convention de Ramsar depuis l’échouement du MW Wakashio. La Convention de Ramsar, connue également comme la Convention des zones humides, est un engagement, qui a été mis en place afin de protéger les zones humides*. Ces zones jouent un rôle essentiel dans la biodiversité car elles accueillent des espèces d’eau douce. De plus, dans certains endroits du globe, le riz est cultivé dans les zones humides. Terre-Rouge, Blue-Bay et Pointe-d’Esny ont été décrétés sites Ramsar. Dans le monde, il existe plus de 50 sites Ramsar, notamment en Afrique de l’Ouest, en Asie et en Europe. *zones humides : étendues de marais ou d’eau naturelles ou artificielles. L’eau peut être immobile ou courante, douce ou salée.

L’amphirion chrysogaster, connu comme le poisson clown,
vit dans le parc marin de Blue Bay. 
Les Bouton skinks et les Bojer skinks sont des reptiles, qui vivent sur l’Îlot Vacoas,
l’Île de la Passe et l’Île aux Fouquets, entre autres.
Le Cardinal est parmi l’un des espèces ayant été déplacées de l’Île-aux-Aigrettes
vendredi dernier par le Mauritian Wildlife Foundation. 
L’Ocypode ceratophtalma ou tout simplement le crabe fantôme aux yeux cornus,
est connu pour sa rapidité de mouvements et sa capacité à disparaître de la vue à la vitesse de l’éclair. 
Les mangliers ou mangroves pour citer un groupe de mangliers, 
abris pour beaucoup d’espèces,sont aujourd’hui menacés par la fuite d’huile. 
Leurs racines qui sortent de la terre ont été souillées par le pétrole.
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