Attentisme, manque de leadership, problème de com: les reproches au gouvernement pleuvent

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Des bouées installées autour du navire 14 jours après le naufrage

Des habitants de Pointe d’Esny et des représentants d’EcoSud avaient, dès les premiers jours du naufrage, demandé aux autorités d’installer des bouées autour du Wakashio. Or, beaucoup d’huile a coulé depuis affectant plusieurs plages et la vie marine. Ce n’est qu’hier mercredi, soit 14 jours après, que les autorités ont décidé de placer ces barrages. Ce n’est pas un peu tard ? «Très en retard !» nous dit cet habitant de Pointe-d’Esny qui avait été le premier à faire une demande en ce sens. «La majeure partie de l’huile s’est déjà déversée dans nos lagons. Il y a toujours un peu de fuites mais ce n’est pas conséquent. Donc, après la mort la tisane.» Pour notre interlocuteur, ce retard à l’allumage démontre l’incompétence et sur- tout le refus d’écouter les habitants et les connaisseurs.

D’autre part, on apprend que le Technical Coordination Committee oui, c’est encore un autre réuni hier après-midi a failli finir en eau de boudin. En effet, les Français qui y participaient ont menacé à un moment de quitter la réunion, étant remontés contre le manque d’organisation et de leadership. Ils ont pu être calmés par la suite et la réunion a repris après qu’il fut décidé qui chapeautera toutes les opérations

Appel aux volontaires pour arrêter le ramassage de l’huile

Ce comité aurait aussi décidé de lancer un appel aux volontaires pour qu’ils arrêtent de nettoyer les plages et autres lieux et laissent ce soin à une compagnie privée dont les services ont déjà été retenus pour l’évacuation de l’huile collectée. Du côté de Rezistans ek Alternativ, Stephane Gua dit être d’accord avec les autorités pour dire qu’il serait peut-être plus prudent de laisser les professionnels  il dit bien les professionnels  récupérer l’huile échouée sur les rivages non seulement pour ne pas mettre en danger la santé des volontaires mais surtout pour que tous les dépôts soient enlevés plus efficacement à l’aide d’équipements spéciaux. «Il y a surtout le risque de trampling c’est-à-dire que l’on piétine cette huile qui sera alors absorbée par le sol et constituera un danger pour notre environnement», dit-il. «Cependant, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne lance pas cet appel directement au public. D’ailleurs, je trouve que les autorités font terriblement preuve de manque de transparence. Pourquoi ne mettent-elles pas sur pied un site Web mis à jour à chaque heure pour informer non seulement la population mais surtout les volontaires ?»

Une autre écologiste nous fait part aussi de son incompréhension devant tant d’amateurisme et de contradictions. «Alors que les autorités demandent timidement et indirectement aux volontaires d’arrêter de ramasser l’huile à la pelle, des officiers de différents ministères et même des membres de la SMF et de la NCG sont présents auprès de ces volontaires comme à Bambous-Virieux. De plus, on donne des équipements aux volontaires. N’est-ce pas là une façon de leur dire de continuer à ramasser cette huile et par conséquent à mettre leur santé en danger ? Le gouvernement serait-il réticent à émettre un communiqué dans ce sens en laissant le soin aux ONG pour ne pas briser ce formidable élan citoyen ? En attendant, c’est leur santé qu’il brise.»

Communicants du privé à la rescousse

Contactée, une source proche des autorités nous fait comprendre que si le gouvernement n’a pas encore décidé de demander officiellement aux volontaires d’arrêter c’est parce qu’il attend les recommandations des experts de l’ONU qui arrivent aujourd’hui. «Étonnant !» s’insurge l’écologiste. «Faut-il attendre les experts des Nations unies pour dire aux volontaires de ne plus entrer en contact avec l’huile déversée par le Wakashio ?» La communication semble donc être un vrai problème au niveau des autorités. Pour remédier à cela, elles auraient dé- cidé d’avoir recours aux services d’une boîte de communication privée à travers la Mauritius Tourism Promotion Authority. Cela, en dépit d’une armée de communi- cants payés des deniers publics. «Après l’immobilisme et le “pa mwa sa li sa” le gouvernement tente de sauver son image grâce à une communication professionnelle. On aura tout vu avec ce gouvernement !» ajoute l’écologiste.

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Le 26 juillet, les habitants de Pointe d’Esny se réveillent avec une triste image: l’épave du MV Wakashio drossée sur les récifs. Le navire japonais battant pavillon panaméen s’est échoué la nuit précédente. 12 jours après, il déverse son contenu dans nos lagons, causant une marée noire. Sans perdre de temps, les Mauriciens, main dans la main, s’activent pour limiter les dégâts. Retour sur la pire catastrophe écologique du pays…

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