Achat de terrains: Bhadain va-t-il éjecter Pravind Jugnauth du pouvoir ?

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Roshi Bhadain possèderait des documents qui mettrait Pravind Jugnauth en mauvaise posture.

Roshi Bhadain possèderait des documents qui mettrait Pravind Jugnauth en mauvaise posture.

Alors que nous avons tous les yeux rivés sur le Wakashio, le pays est sans doute assis sur un volcan politico-financier, avec des ramifications financières internationales, impliquant directement le chef du gouvernement. Roshi Bhadain dit détenir toutes les preuves et Pravind Jugnauth doit, dit-il, «lev paké alé». Le leader du Reform Party a fait jouer la bande-annonce à Rose-Belle vendredi…

Ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de cette affaire de terrain de 7 023 mètres carrés au total, attouché à la résidence familiale à Angus Road, Vacoas, que la famille de Pravind Jugnauth a acquis pour Rs 20 millions en 2008 de la compagnie Bel Air Sugar Estate. Les allégations autour de ce deal n’ont jamais abouti à des éléments concrets, laissant planer le verdict d’une propagande sans fondements. Or vendredi, lors d’un congrès à Rose-Belle, le leader du Reform Party a envoyé une onde de choc en montrant des extraits du document notarié. Selon l’acte, Pravind et Kobita Jugnauth détiennent la jouissance de ce terrain de 7 023 mètres carrés (comprenant un grand et un petit), dont les «acquéreurs» sont officiellement leurs deux filles, qui étaient alors mineures, et qui sont aujourd’hui âgées de 25 et 27 ans. 

«Qui a payé pour les 20 millions sans le concours du notaire ?» demande Roshi Bhadain.

Il s’avère que le notaire Jérôme Koenig se dédouane en écrivant noir sur blanc que les Rs 20 millions ont été payées non seulement hors de sa «vue», mais également «sans son concours». Ce paiement a été fait selon l’acte, «dès avant ces présentes», terme technique utilisé pour décrire un événement antérieur à la rencontre entre le vendeur et l’acquéreur devant le notaire.

Mais dans son discours, Roshi Bhadain a posé une étonnante – et détonante – question : ces Rs 20 millions ont-elles été payées dans un compte bancaire en Angleterre par un individu qui n’aurait rien à voir avec le deal ? Le bénéficiaire de ce virement, selon l’ancien ministre des Services financiers, n’est même pas le vendeur officiel du terrain, soit la compagnie Bel Air Sugar Estate. «Kifer enn boug dan Langleter pou paye Rs 20 milion enn lot boug dan Langleter pou enn terin 2 arpan dan Moris, et kifer sa finn anrezistré lor 2 zanfan ki ti minér dé énn politisien ?» a-t-il lancé sur un ton pour haranguer son public. 

Le leader du Reform Party dit savoir que l’Independent Commission against Corruption (ICAC) enquête depuis plusieurs années sur cette transaction, mais pas que. Les autorités britanniques enquêtent elles aussi sur l’aspect financier de cette transaction et le bureau britannique de l’Attorney General a officiellement demandé l’assistance de son homologue mauricien, via le traité des Nations unies, connu comme Mutual Legal Assistance. «Attorney General Moris bizin vinn dir, a poursuivi Roshi Bhadain, éna tro boukou témwin pou ki sa zafer la toufé. Haut-commissariat britannique dan Moris ousi éna tou korespondans lor sa zafer la.» 

Ce deal impliquant quasiment toute la famille Jugnauth va bientôt faire grand bruit.

Roshi Bhadain insiste en citant Pravind Jugnauth, qui s’est décrit comme «un homme de principe» : «Si Pravind Jugnauth a révoqué Ivan Collendavelloo parce que son nom figure dans un document de la Banque africaine de développement, qui va révoquer Pravind Jugnauth aujourd’hui, s’il refuse de step down alors que son nom est dans tous ces documents ?» 

L’express a joint Roshi Bhadain au téléphone durant le week-end pour lui poser cette question : «Cette affaire est un secret de polichinelle que personne n’arrive à prouver. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?» Réponse du leader du Reform Party : «Les documents que vous avez vus et ceux que vous n’avez pas encore vus. J’ai dit vendredi que je ne montrais que l’échantillon et lakwizinn pa ti bizin mét lamin dan nik mouzonn». 

L’express a attendu Pravind Jugnauth dans le Sud lundi pour lui poser une question sur la nouvelle orientation de cette affaire mais on a été refoulé à l'entrée de la conférence de presse.

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