Ludovic Balloux: «Avec Dressme.mu, nous souhaitons sensibiliser les Mauriciens à une consommation écoresponsable circulaire»

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Ludovic Balloux, cofondateur du groupe Netlab et de la plateforme Dressme.mu.

Ludovic Balloux, cofondateur du groupe Netlab et de la plateforme Dressme.mu.

Qu’est-ce que le groupe Netlab et quels sont ses objectifs ?

Netlab a vu le jour en 2016 avec la naissance de weshare.mu, plateforme dédiée aux petites annonces d’objets de seconde main, qui répondait à une façon de vivre et de consommer en pleine mutation. Weshare.mu est aujourd’hui devenue un modèle populaire comme en témoignent ses 820 000 visiteurs uniques annuels et sa place de premier site le plus fréquenté à Maurice par des utilisateurs en situation d’achat selon nos données. Le succès de Netlab est l’incarnation d’une certaine philosophie de consommation, celle de la seconde vie des objets et de l’engagement vers une consommation plus responsable et plus solidaire. À travers les échanges et les opportunités qu’elle suscite au quotidien, Netlab joue un vrai rôle, non seulement dans la transition environnementale et l’économie circulaire, mais aussi dans l’amélioration du niveau de vie et du pouvoir d’achat des Mauriciens. Autant de rencontres qui font de Netlab un facilitateur de lien social de proximité mais également un acteur majeur de l’économie collaborative.

Combien de membres adhèrent à ce groupe ?

Aujourd’hui, plus de trois Mauriciens sur quatre utilisent les plateformes Netlab, dans toutes les facettes de leur vie : logement, véhicule, déco, meubles, mode, multimédia… Netlab est le reflet du quotidien des Mauriciens, de leurs comportements, de leurs besoins.

Vous venez de lancer la plateforme Dressme.mu. De quoi s’agit-il ?

Dressme.mu est la cinquième plateforme que nous lançons après weshare.mu, molakaz.mu, cardealerz.mu et merci.mu. Elle est destinée à la vente et à l’achat de vêtements d’occasion entre particuliers à Maurice. Le site propose ainsi des vêtements, des accessoires et des chaussures de seconde vie pour les femmes, les hommes et les enfants. Nous souhaitons à travers cette nouvelle plateforme, sensibiliser les Mauriciens à une consommation écoresponsable circulaire en leur offrant la possibilité de vendre rapidement des vêtements de seconde main auprès de la plus grande communauté digitale de Maurice.

Qu’est-ce qui vous fait croire que dans la balance entre vêtements neufs et vêtements de seconde-main, les Millenials privilégieront ces derniers ?

La jeune génération est indéniablement une génération ultra fashion. Mais pas fashion à n'importe quel prix. De plus en plus, la priorité des Millennials est de se tourner vers des marques écoresponsables, ou alors vers des options plus soucieuses de l’environnement comme les vêtements d’occasion. Les Millenials comprennent les enjeux écologiques; c’est la génération durable. Cette génération se veut différente de celles qui l’ont précédée dans bien des domaines.  Ils ont également tendance à renouveler leurs équipements et garde-robe plutôt que de conserver et laisser dévaluer leurs biens, c’est-à-dire de revendre presque systématiquement quelque chose, qui ne leur sert plus. L’apport du digital y joue un rôle prépondérant. Des plateformes telles que Vinted ou ThredUp se multiplient à l’international et aujourd’hui Dressme.mu à Maurice.

A quoi voyez-vous que les Millenials mauriciens sont justement plus conscients des enjeux environnementaux ?

Les Millenials sont âgés entre 24 et 39 ans, et c’est exactement la tranche d'âge qui passe le plus de temps sur nos sites, soit en moyenne 12 minutes. La seconde-main est donc une option qui séduit pour des raisons écologiques et pécuniaires. Nous sommes conscients qu’il existe encore des freins à l’adoption de vêtements de seconde vie et notre rôle chez Netlab est aussi d'éduquer. Nous sommes optimistes quant à un avenir plus vert. Il suffit de regarder les différentes initiatives qui voient le jour quotidiennement. Les entrepreneurs offrent de plus en plus de solutions à des problèmes écologiques : les vêtements de seconde main, des sociétés de surcyclage de  bois, de textiles, de plastiques. La jeunesse se lève également pour nettoyer les plages ou encore se mobilise dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Nous assistons également à une génération d’entrepreneurs qui souhaitent faire une différence. Il y a certes encore du chemin à parcourir, des consciences à éveiller mais si l'écosystème entrepreneurial est en pleine ébullition quand nous parlons d’écologie, c’est bien qu’il y a un réel intérêt de la part des Millenials.

Dans votre communiqué, vous faites état de «consommation équilibrée entre le neuf et les vêtements de seconde vie». Qu’entendez-vous par «consommation équilibrée» ?

Il est question pour nous d'ancrer petit à petit le réflexe du seconde main dans le quotidien des Mauriciens. Ce qui signifie : adopter des gestes plus responsables comme trier sa garde-robe régulièrement. Savez-vous que nous portons seulement 30 % des vêtements que nous possédons? Pourquoi ne pas vendre le reste afin de leur donner une seconde vie ? Il existe des pièces avec des cycles de vie courts comme des vêtements de grossesse, une robe de mariée ou encore des objets de puériculture, qui peuvent être portés ou utilisés à maintes reprises. Pourquoi acheter du neuf quand ces produits sont disponibles à moindre coût? Adhérer à ce style de vie, c’est limiter son empreinte carbone et éviter que des tonnes de déchets textiles soient enfouis, sans compter que nous pouvons gagner de l’argent et améliorer notre pouvoir d’achat. Il serait irréaliste de notre part d’imposer une garde-robe à 100 % d’occasion. L’idée est de rééquilibrer en s'interrogeant sur la provenance de ses vêtements neufs, sur les matériaux qui sont utilisés dans leur fabrication. Consommer oui, mais ne pas tomber dans la surconsommation. La mode responsable est à la portée de tous ! Le changement commence par soi et par de petits gestes qui font bouger les lignes.

Comment va fonctionner la plateforme Dressme.mu ?

Dressme.mu est une plateforme de vente et d’achat entre particuliers. Les utilisateurs y déposent une annonce et notre équipe de modérateurs prend le relais pour s'assurer que le produit corresponde bien à la photo et conseillent les vendeurs pour mieux décrire le produit. C’est une étape importante car la qualité de l’annonce est essentielle pour permettre un choix avisé. Une fois l’annonce validée, les utilisateurs y ont accès pendant 60 jours, même si les objets sur les sites Netlab se vendent en moyenne en quelques jours. L’acheteur prend directement contact avec le vendeur pour en savoir plus, discuter du prix et finalement passer à l’achat.

En quoi sera-t-elle plus compétitive que les autres plateformes de vêtements en ligne ?

Les données nous guident dans nos décisions. NetLab réalise l’intégralité de ses développements, produit l’ensemble de ses algorithmes et maîtrise l’ensemble de ses données. Nous ne faisons rien au hasard, nos données sont analysées et interprétées depuis quatre ans maintenant, ce qui nous a permis de fidéliser les visiteurs de nos différentes plateformes. NetLab est donc la mieux à même de répondre avec réactivité aux besoins de ses utilisateurs et partenaires. Le nombre de nos utilisateurs uniques annuels susmentionnés en témoignent. Et puis, il y a l’humain. Derrière ces sites, se cachent des femmes et des hommes, qui partagent les valeurs de NetLab, à savoir rendre service aux Mauriciens en s’adaptant le mieux possible à leurs besoins, en étant à leur écoute et en optimisant sans cesse la qualité. Nous avons su intégrer l’Intelligence Artificielle dans nos processus, tout en capitalisant sur l’intelligence émotionnelle d’une équipe motivée pour mieux servir une communauté d’utilisateurs, qui ne cesse de grandir. Il y a aussi le facteur d’amélioration du pouvoir d’achat des Mauriciens. Pour servir le plus grand nombre, on peut retrouver des vêtements, des chaussures, des accessoires et des objets de puériculture pour tous les budgets. Toutes les annonces sont proposées avec prix et photos et ne restent pas plus de 60 jours sur les sites, si elles ne sont pas renouvelées par les utilisateurs. Il n’y a aucun doublon et elles sont toutes traduites en français et en anglais, tout en pouvant bien entendu être déposées en créole. De plus, tout a été pensé pour que l’utilisation des sites soit facile, intuitive et rapide. Les évolutions techniques sont constantes, l’expérience utilisateur est une priorité chez NetLab. Il faut aussi tenir compte du fait que nous offrons une plateforme et un User Service gratuits qui fonctionne de 8 à 22 heures, six jours sur sept, pour encore mieux les accompagner dans leur démarche de présentation de leurs biens et objets afin que les acquéreurs puissent identifier rapidement et efficacement une annonce correspondant à leurs recherches. Dressme.mu est une plateforme gratuite, qui le restera toujours pour les individuels.

Quelles sont vos attentes par rapport à cette plateforme et combien de Millenials estimez-vous pouvoir convaincre ?

Nos attentes ne sont pas exclusivement chiffrées et la première attente est humaine avant tout. C’est une évolution du grand public sur la façon de consommer et les réflexes associés aux démarches d’achat-vente que nous voyons comme le succès. Concernant l’audience, nous l’estimons à 100 000 utilisateurs les deux premiers mois, suivi d’une croissance à deux chiffres les mois suivants. Des initiatives de marketing et de communication sont prévues pour contribuer à faire connaître la plateforme à tous les Mauriciens. Nous avons aussi d’autres projets comme lancer trois nouvelles plateformes d’ici la fin de l'année. En attendant, il est primordial pour nous d’enrichir constamment l’expérience de nos utilisateurs afin d’être le plus proche possible de leurs besoins. Netlab détient aujourd’hui cinq plateformes d’offres centralisées dans les objets de seconde main. Nous sommes dans une logique d’amélioration continue, portée par la philosophie d’améliorer le pouvoir d’achat et la qualité de vie des Mauriciens. 

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