Drogue chez les jeunes: le cinéma pour briser le silence

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Vandana Nathoo et Damien Nayna, productrice et réalisateur de Swazir to sime.

Vandana Nathoo et Damien Nayna, productrice et réalisateur de Swazir to sime.

Auprès des enfants comme des adolescents, la drogue fait d’innombrables ravages. Vandana Nathoo, mère de famille, ne voulait y rester insensible. Elle a produit Swazir to sime, un court métrage muet, qui compte déjà 418 000 vues sur Facebook. L’œuvre sera utilisée pour des campagnes nationales ainsi que pour une visibilité internationale.

Cris de joie, foule en liesse : l’aéroport est en ébullition. Kevin, athlète mauricien, qui a brillé à l’étranger, est accueilli en héros. Trophée en main, le voilà qui rentre fièrement chez lui. Mais l’allégresse vire soudain à la mélancolie lorsqu’il rembobine les images de son ami de toujours, un autre sportif. Hélas, ce dernier a sombré dans la toxicomanie. De quelques gorgées de sirop à la drogue synthétique, il a fait sa descente aux enfers… Ainsi démarre le court-métrage Swazir to sime, produit par Vandana Nathoo. «À ce jour, nous avons eu plus de 418 000 vues tant au niveau local qu’international sur Facebook. Le film est aussi diffusé sur YouTube. Une organisation du Sri Lanka m’a contactée suite au lancement du court-métrage pour la diffusion», confie cette mère de famille de trois garçons de neuf, 11 et 14 ans.

Depuis 2019, l’idée lui trottait dans la tête. «Il y a environ un an, j’ai assisté à un témoignage où le père d’une jeune fille évoquait son désespoir face à sa descente infernale dans l’univers de la drogue. Cela avait presque détruit cette famille, jadis très unie. Cette histoire m’avait profondément touchée. Après des recherches, j’ai appris que les drogues dures avaient étendu leurs griffes à tous les échelons de la société, sans distinction de sexe ou d’appartenance ethnique, sociale», relate-t-elle.

Pour elle, il fallait agir immédiatement. «Malheureusement, il y a beaucoup de tabou entourant la drogue à Maurice. Pourtant, beaucoup de jeunes meurent d’overdose. On doit en parler et toucher tout un chacun», affirme Vandana Nathoo. Par pure coïncidence, quelques jours plus tard, elle entend le nouveau président de la Mauritius Round Table No 1, exposer son thème de l’année : la drogue. «Je l’ai appelé dès le lendemain avec l’idée folle de faire des séances de sensibilisation contre la drogue dans les 300 écoles secondaires de l’île. Nous avons choisi l’option d’un court-métrage pour lequel l’association financerait partiellement la cinématographie et je devais trouver le reste par le biais de parrainages.»

Convaincue que son histoire attendrirait même les cœurs les moins sensibles, elle est épaulée par l’organisation engagée dans des projets sociaux pour l’amélioration de la société depuis 50 ans et la société AVS Cinematography.

Alors que le projet prend forme, la productrice découvre d’autres horreurs de la toxicomanie. En effet, grâce à des interactions avec des éducateurs, l’unité de soutien antidrogue, des travailleurs sociaux et un parent de victime, elle se rend compte à quel point la pression des pairs est un facteur déterminant et susceptible d’être l’élément déclencheur. «Seulement 5 % du millier de toxicomanes, admis dans un centre spécialisé, peuvent vraiment s’en sortir. C’est pour cette raison que je voulais faire ce film. Qu’il choque et éduque les jeunes mais aussi leurs parents. Il nous immerge dans une sombre réalité dont absolument personne n’est à l’abri», explique Vandana Nathoo.

Pour la dépeindre, Damien Nayna a relevé le défi de ce film muet qui visait à toucher un maximum de Mauriciens mais aussi des étrangers. «Visuellement, nous avons réadapté le script pour voir comment on pouvait communiquer les messages sans voix. C’était plus difficile car tout se joue sur le regard et sur les éléments visuels comme les tons, la lumière, les moods. Il y a aussi des symboles de couleurs positives et négatives», explique Damien Nayna, le réalisateur. Pour le jeu de scène, ce dernier ainsi que son frère, Cédric, Gaffer et chef opérateur, s’inspirent de faits réels pour reproduire les effets et comportements des toxicomanes sous emprise des stupéfiants.

Dans la même lignée, Vandana Nathoo ne s’arrête pas en si bon chemin. Le film sera projeté lors des campagnes de la brigade antidrogue et d’autres instances éducatives. «Nous avons l’intention de contacter des associations internationales qui militent contre la drogue et de présenter le courtmétrage aux festivals étrangers.»

Pour sa part, une source de l’unité d’éducation de la brigade antidrogue précise que ce film sera d’un apport considérable pour sensibiliser les jeunes en particulier sur la drogue synthétique. Du côté de la Mauritius Round Table No 1, des fonds ont été collectés lors d’une avant-première en novembre 2019 pour la rénovation du centre Frère René Guillemain pour la réhabilitation des jeunes toxicomanes en privilégiant l’Art thérapie. Le lien pour le film est le suivant: https://www.facebook.com/swazirtosime/videos/1617889391709746/

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