Crise sanitaire liée au Covid-19: un impact conséquent sur le sponsoring sportif

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En raison de la crise, les entreprises réduisent les budgets destinés au parrainage d’événements sportifs.

En raison de la crise, les entreprises réduisent les budgets destinés au parrainage d’événements sportifs.

Il est difficile de mesurer l’étendue des effets de la crise du coronavirus sur l’ensemble de l’activité économique mais il est un fait que certains secteurs sont d’ores et déjà sensiblement plus impactés que d’autres. L’activité sportive a été à l’arrêt pendant plus de deux mois en raison du confinement et la reprise se fera lentement avec les premières compétitions prévues pour ce mois-ci. 

Le discours du Budget 2020-2021 était très attendu par la communauté sportive qui est restée quelque peu sur sa faim. Tout indique que les fédérations sportives verront leurs budgets de fonctionnement être réduits. Les clubs et l’organisation d’événements sportifs vont aussi souffrir de la morosité économique actuelle. 

Pour les aider à manœuvrer, il reste évidemment le sponsoring. Mais là encore, les choses ne s’annoncent pas radieuses dans la mesure où les entreprises ont subi le contrecoup de la crise de covid-19 et songent davantage à des coupes budgétaires qu’autre chose. Le sport devra donc se contenter de ressources modestes et devra trouver le moyen de survivre jusqu’à qu’une éclaircie soit entrevue.

«C’est un fait que les budgets des entreprises ont été revus et réduits et cela touche directement le sponsoring sportif. La situation n’est pas la même pour toutes les compagnies. Et on peut comprendre que les entreprises se concentrent sur leur survie et la protection des emplois plutôt que de parrainer des événements sportifs», indique Loren D’Arifat, Events director de RSVP Events, compagnie engagée dans le domaine de l’organisation et de la logistique d’événements sportifs. Parmi les événements auxquels elle est associée, on retrouve le Colin Mayer Tour (VTT), le Rodrigues MTB Challenge (VTT) ou encore le Necker Mauritius Open de squash. «L’industrie sportive est tellement incertaine en ce moment que cela représente un gros risque pour des compagnies de sponsoriser un événement sportif. Elles préfèrent investir leur budget marketing dans d’autres secteurs», ajoute-t-elle.

«Nous attendons la réouverture des frontières»

Le secteur de l’hôtellerie connait une période très difficile en raison de la fermeture des frontières occasionnée résultant de la pandémie. Beachcomber, groupe hôtelier de premier plan à Maurice, s’est retrouvé contraint de renoncer à l’organisation et au parrainage des événements sportifs cette année. «Dans le contexte actuel, avec les frontières fermées et l’impossibilité de regrouper les gens, nous sommes contraints de reporter à l’année prochaine les événements que nous organisons comme le Beachcomber Trail et le Mauritius Tour Beachcomber (MTB), ainsi que ceux que nous sponsorisons comme le Necker Mauritius Open by Beachcomber (squash) ou le Beachcomber Mauritius Ladies Open de golf», indique Arianne Devienne Bellepeau, Leisure & Events Manager de Beachcomber Resorts & Hotels.

Mais selon celle-ci, dès que la situation le permettra, le groupe sera de nouveau présent dans le créneau du sponsoring sportif. «Beachcomber partage de nombreuses valeurs avec le sport telles que la passion, l’esprit d’équipe, le fair-play et un authentique sens de la camaraderie. Nous attendons la réouverture des frontières pour reconduire les événements et nous resterons présents dans le créneau sportif comme il cela a été le cas les années précédentes. Nous nous réjouissons de pouvoir à nouveau travailler sur l’organisation de ces événements et d’accueillir les amoureux du sport dans nos hôtels et sur notre belle île Maurice», rassure-t-elle.

Les clubs font aussi face à des difficultés. «Ca va être dur pour nous de faire tourner le club. Nous aurons une saison bien difficile sur tous les points. J’ai déjà eu des discussions avec nos sponsors et ils ne vont pas investir autant que les années précédentes. Et le club aura à faire face aux mêmes frais, voire davantage. Le transport des joueurs pour les sessions d’entrainement et les matches représente un budget conséquent. Il faudra demander la coopération des joueurs. Mais est-ce qu’ils voudront ou pourront contribuer ? La question reste posée. Cette situation difficile persistera pour les deux prochaines années à mon avis», se désole un président d’un club de sport collectif.

La situation va-t-elle s’améliorer d’ici quelques mois pour permettre aux entreprises d’apporter de nouveau leur soutien financier au sport ? Loren D’Arifat pense que ce sera le cas d’ici janvier 2021. «Tous les événements sportifs qui ont été annulés cette année ont déjà réservé leurs dates pour 2021», rassure-t-elle. Sa collègue, Natalie Stone, se montre plus prudente. «Il est très difficile de faire des hypothèses à ce stade. De nombreux facteurs doivent être pris en compte pour savoir si des manifestations sportives d’envergure pourront être organisées. Par exemple, les restrictions concernant les voyages, les exigences de quarantaine, les restrictions pour les rassemblements qui affecteront les spectateurs entre autres», énumère-t-elle.

Par contre, les nouvelles sont bonnes du côté du Moka Rangers SC, tout au moins s’agissant de l’organisation de sa ligue de VTT. Les épreuves comptant pour cette première édition ont été reprogrammées entre aout et décembre de cette année. Le soutien des sponsors que sont ENL et Aerosporting notamment, est assuré. «La chance que nous avons est que le budget pour notre ligue de VTT avait déjà été voté. Nos sponsors ont tenu leurs promesses et des versements ont déjà été effectués. Heureusement car cela nous permettra de proposer de belles épreuves aux vététistes jusqu’à décembre. Il faut dire que chaque type de course a un cout. Si l’on fait appel à la compagnie ROAG pour le chronométrage électronique, il y a déjà une somme de Rs 30,000 qui est requise. Maintenant, si on offre des médailles, des cadeaux, qu’on doit baliser le parcours, cela a un cout, sans compter qu’il faut qu’une ambulance soit présente sur les lieux. Donc il vaut mieux avoir des sponsors qui ont les reins solides», explique Yannick Lincoln, l’un des responsables de la section VTT du Moka Rangers SC.

Certains spécialistes de l’économie affirment que le pire est à venir suite à la pandémie de covid-19. Tout ce que l’on peut espérer c’est que des moyens soient trouvés pour limiter le plus possible les dommages collatéraux. Sinon, le sport de haut niveau va faire face à de grosses difficultés.

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