Folie, quand tu nous tiens !

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Il semble qu’une des choses les plus difficiles à penser, c’est ce qu’on appelle la « folie ». On met dans ce mot beaucoup de choses, comme des comportements étranges, démesurés, incroyables, irrationnels ou insensés. La folie est un mot presque magique, car on l’utilise pour « classer » quelque chose que l’on ne comprend pas, en définitive. Mais à y regarder de plus près, la psychologie - au sens général, incluant aussi la psychiatrie et la psychanalyse, même si les différences entre ces disciplines ne sont pas moindres – a tenté depuis maintenant deux siècles de comprendre et classer les différents troubles mentaux. Mais comme toutes les disciplines, elle a une histoire et parfois celle-ci fait froid dans le dos. La psychologie, et la psychiatrie surtout, par les méthodes qu’elles ont utilisées au 19e et 20e siècles ont été parfois horribles, et ce caractère affreux a sans doute connu son apogée pendant la période nazie en Allemagne, par des expérimentations sur le cerveau dépassant l’imagination. En fait, ce qui dévie des normes sociales, ce qui sort de la manière de vivre d’un groupe peut être taxé de folie. Mais là où cela devient plus sérieux, c’est lorsque la psychologie, s’inspirant de la médecine, va mettre en place une nosologie, c’est-à-dire une classification des différents troubles mentaux observés et théorisés.

Le cinéma a beaucoup traité de la « folie » ces dernières décennies, et un film qui reste est des plus forts sur ce sujet est Shutter Island de Martin Scorsese. Le personnage principal du film, Teddy Daniels, est un policier qui arrive sur une petite île, au large de Boston, où se tient un hôpital psychiatrique qui ressemble à un pénitencier, ou, plus exactement, à un camp de concentration. On apprend dans le film que ce policier a fait partie des troupes américaines qui ont libéré les camps de concentration en Europe, quelques années auparavant. Ce que ce marshal a découvert dans ces camps est innommable et va le traumatiser profondément. Ce film traite de la « folie » avec, d’un côté, l’hôpital psychiatrique où les patients sont internés, et de l’autre, le personnage principal qui, au fur et à mesure manifeste des symptômes comportementaux indiquant des troubles psychiques. Mais ce long métrage nous montre aussi une folie collective, celle de la guerre, et plus particulièrement des camps de concentration. La folie se décline, donc, à plusieurs niveaux, de telle sorte qu’un individu ayant connu l’horreur de la folie des hommes ne peut rester « normal » après cela. De surcroît, Teddy Daniels a connu un drame personnel, dans lequel il tue sa femme, une fois qu’il a découvert qu’elle avait tué leurs trois enfants. Un film fou… sur la folie.

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