La Duchess of York Cup née d’une divergence de vue en 1927

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La Duchesse d’York, née Elizabeth Bowles-Lyon, photographiée en 1927. Grande passionnée de courses de chevaux comptant 450 victoires en Grande-Bretagne, elle est décédée en 2002 à l’âge de 101 ans.

La Duchesse d’York, née Elizabeth Bowles-Lyon, photographiée en 1927. Grande passionnée de courses de chevaux comptant 450 victoires en Grande-Bretagne, elle est décédée en 2002 à l’âge de 101 ans.

La Duchess of York Cup est arrivée à un stade où on peut parler de son âge vénérable car elle fête son 93e anniversaire cette saison. Cette belle longévité cache cependant une naissance fortuite survenue à la suite d’une divergence de vue en 1927. Au début de cette année- là, l’annonce de la visite du Duc et de la Duchesse d’York avait remué la petite colonie anglaise qu’était alors l’île Maurice et où il était coutume d’agrémenter le séjour de distingués visiteurs par un après-midi aux courses.

Le Reception Committee, mis en place par le gouvernement colonial pour organiser les activités de cette visite, approcha le Mauritius Turf Club (MTC) pour la tenue d’une journée de courses le 1er juin 1927 en l’honneur des visiteurs royaux. Pour la course principale, ce comité proposa d’offrir au MTC une coupe en or devant s’appeler The Duke of York Cup. A son tour, le Mauritius Turf Club invita le Mauritius Jockey Club (MJC) dont l’hippodrome se trouvait à Mangalkhan, Floréal, à se joindre à lui afin que cette journée royale soit une grande communion des turfistes. Il faut signaler que le Mauritius Jockey Club, fondé en décembre 1904, n’était point considéré comme le rival du Mauritius Turf Club mais plutôt comme son émule sinon, plus affectueusement, comme son frère cadet.

Le 10 janvier 1927, une assemblée générale inédite fut organisée pour réunir, pour la première fois, les membres des deux clubs afin qu’ils prennent connaissance en même temps du projet d’une journée de courses commune. Adolphe Duclos, le président du MTC, donna alors les détails préliminaires de la journée royale dont l’épreuve principale, la Duke of York Cup, serait accompagnée de quatre autres courses. Il proposa ensuite la création d’un comité de 16 membres pour peaufiner les conditions de ces courses. 

L’intention de M. Duclos était d’arriver à un petit comité pour simplifier les débats en sus du fait que les membres du MTC étaient largement inférieurs en nombre à ceux du Mauritius Jockey Club. Sa proposition reçut l’approbation de tous car elle prévoyait un nombre égal de membres du MTC et du MJC, soit sept venant de chaque club à condition qu’ils soient des commissaires en fonction et d’anciens commissaires. Pour compléter le comité, Emile Pitot, ingénieur consultant des deux clubs, et Raoul Halbwachs, secrétaire des deux clubs, furent cooptés.

Cependant, les échanges entre les membres de ce comité furent loin d’être simples dès leur première réunion tenue le 19 janvier 1927. Les conditions de l’épreuve principale évoluèrent d’une course ouverte à poids d’âge à une course à handicap. Puis ce fut l’impasse quand le handicap des nouveaux chevaux par rapport aux anciens fut abordé. Comme c’était bien avant l’ère du Rating, le manque de comparaison possible entre les aptitudes des anciens chevaux et le potentiel des nouveaux, donna lieu à des divergences de vue. Le handicap était devenu le nœud gordien qu’il fallait à tout prix trancher.

Pour sortir le comité de cette impasse, l’Honorable Maurice Martin, président en exercice du MJC et handicapeur d’expérience, proposa alors qu’une autre course à handicap soit réservée exclusivement aux nouveaux chevaux lors de la journée royale. Afin de ne pas pénaliser les propriétaires des nouveaux chevaux, il avança que le MJC serait disposé à offrir une coupe en or de valeur identique (soit Rs 5 000) à la Duke of York Cup pour cette nouvelle course. Cependant, l’idée ne fit pas l’unanimité au comité et il fallut passer au vote pour trancher la question. Par une majorité (11 membres pour et trois membres contre), les partisans de la deuxième coupe en or obtinrent satisfaction. Le nom de la coupe fut tout trouvé : The Duchess of York Cup.


C’est Louis Souchon, le représentant de la Chambre d’Agriculture mauricienne à Londres, qui plaça la nouvelle commande auprès de la Goldsmiths & Silversmiths Company Ltd, une firme anglaise jouissant d’une excellente réputation qu’il avait d’ailleurs déjà engagée pour créer la Duke of York Cup. Les deux coupes furent livrées par bateau au mois de mai 1927. Elles suscitèrent l’admiration dès qu’elles furent présentées au public à Maurice. Certes, ces deux trophées ont une certaine ressemblance mais ils comportent des différences significatives telles que les oriflammes sur leur circonférence ou le sens des chevaux au galop sur leur côté principal. Les chevaux courent à main gauche sur la Duchess of York Cup, comme c’était le cas sur l’hippodrome de Mangalkhan, et la Duke of York Cup montre des chevaux évoluant à main droite comme au Champ de Mars. 

L’Honorable Maurice Martin, l’initiateur de la Duchess of York Cup, eut son nom attaché à la journée de la Duchesse pendant plusieurs décennies. Le Mauritius Jockey Club, tout comme le Mauritius Turf Club, lui rendit un hommage posthume à partir de 1938 en programmant la Maurice Martin Cup à l’ouverture de la saison hippique.

Khalid Rawat

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