Voyages touristiques : privilégier la proximité

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Quand le ciel accueillera à nouveau le ballet des avions un peu partout à travers le monde, les habitudes des peuples de la Terre, coutumiers des voyages, auront sûrement changé. Par la force des choses, par la récession qu’a entraînée la Covid-19 dans le sillage de son passage meurtrier et par les risques encore bien réels de contracter la maladie, ils devront penser autrement leurs vacances d’été. Les Européens, friands de déplacements à l’autre bout du monde, devront patienter pour revoir les eaux turquoises de l’océan Indien. Pour les Français par exemple, l’été sera synonyme de vacances franco-françaises. Au mieux, de vacances à proximité, en Espagne ou en Grèce.

L’objectif des ministres du Tourisme de l’Union européenne (UE), réunis en visioconférence le 27 avril dans le cadre du Conseil européen, est clair : sauver la saison d’été et éviter la formation de nouveaux clusters en Europe. Leurs discussions ont porté sur l’établissement de «couloirs» entre les pays les moins touchés par la Covid-19 et la possibilité pour les touristes non-infectés de passer les frontières. Le premier couloir de la sorte évoqué est celui entre la Slovaquie, la Croatie et la République tchèque, pays qui enregistrent un faible nombre de cas. Des passeports de santé seraient ainsi créés attestant que le voyageur n’est pas porteur du coronavirus.

La Commission européenne a appelé le mercredi 13 mai à un retour progressif de l’activité touristique dans l’UE, secteur crucial de son économie puisqu’il représente 10% de son PIB et 12% des emplois. Elle préconise que l’ouverture des frontières entre les pays membres prenne en compte «une situation épidémiologique comparable», l’adoption des «mêmes mesures de précaution» et un traitement égal dans le cadre de ce processus. Le 15 mai, elle a appelé les 27 Etats membres à prolonger d’un mois, soit jusqu’au 15 juin, l’interdiction temporaire des voyages non essentiels vers l’UE.

Les frontières intérieures de l’UE seront rouvertes complètement d’ici fin juin. Les restrictions de voyage à destination ou en provenance de l’extérieur de l’UE seront levées progressivement début juillet. L’Espagne, destination préférée des Français depuis plusieurs années, a proposé une reprise coordonnée des déplacements en Europe le 15 juin, date qui devrait devenir le D-Day du tourisme en Europe. La péninsule ibérique a annoncé l’entrée des touristes en toute sécurité à partir de juillet.

Dans un même souci de relance du tourisme, le gouvernement italien a rouvert ses frontières aux citoyens italiens le 3 juin et annulé la quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers dans la péninsule. A partir du 15 juin, la libre circulation sera rétablie à la frontière commune entre l’Autriche et l’Allemagne, assouplissement qui permettra notamment les voyages d’affaires et les visites familiales. A cette même date, le tourisme reprendra en Grèce avec des vols autorisés en provenance de plusieurs pays de l’UE. Les voyageurs décollant de l’UE ne seront plus soumis à des mesures strictes de quarantaine à l’exception des passagers en provenance des régions les plus touchées par le coronavirus. Le meilleur des scénarios prévoit que la Grèce reprenne ses activités touristiques le 1er juillet et que l’île de Santonin, bijou des Cyclades, la plus visitée des vingt-quatre îles de l’archipel, fasse à nouveau rêver avec ses couchers de soleil parmi les plus beaux au monde et ses maisons blanches suspendues entre ciel et terre. Le tourisme représente 20% du PIB de la Grèce et pèse également lourd pour la Croatie (24%), le Portugal (18%), l’Espagne (15%) et l’Italie (13%). Quant à la Tunisie, elle a annoncé la réouverture de ses frontières maritimes, terrestres et aériennes le 27 juin.

Les Français ont fait un trait sur leurs vacances de Pâques et sur les ponts de mai. Edouard Philippe, leur Premier ministre, a prévenu le 28 avril qu’il n’était pas «raisonnable d’imaginer voyager loin à l’étranger très vite». Une injonction qu’ils ont entendue puisque quatre Français sur dix prévoient de passer leurs vacances dans la région où ils résident.

C’est une situation qui n’arrange pas les affaires de l’île Maurice, confrontée à la pire crise de tourisme de son Histoire. La baisse des arrivées touristiques pour le mois de mars est de 51,2 % comparativement à 2019. Les principaux marchés se sont effondrés : la France, qui occupe la première place, chute de 49,2%, l’Allemagne chute de 37,8%, l’Angleterre recule de 48,1%. Privilégier le local, les circuits courts, la proximité : voilà de nouveaux réflexes qui auront des conséquences désastreuses sur l’économie des pays situés à l’autre bout du monde. Ce n’est pas une simple contraction du marché, c’est un arrêt sur image.

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