Renganaden Padayachy explique son Budget

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Ils sont plusieurs, opérateurs économiques, PME, salariés et syndicats qui jusqu’ici affirment attendre en savoir plus avant de se prononcer sur le Budget livré par Renganaden Padayachy le 4 juin. Des éclaircissements sont à apporter sur plusieurs mesures notamment sur la Contribution sociale généralisée qui vient abolir le National Pension Fund. Le ministre des Finances se livre ce samedi 6 juin à un exercice de questions-réponses sur les mesures. Suivez en temps réel les explications du ministre des Finances.

Les Rs 15 000 aux frontliners

«Nous devons faire un arbitrage. Nous n’avons pas de moyens illimités. Nous avons choisi de donner au personnel soignant et aux policiers. Cela s’élève à Rs 300 millions. Ces frontliners ont pris le plus de risque. Si on avait pu, on aurait donné à plusieurs autres comme les éboueurs etc. Les policiers ont fait un travail remarquable. Ils sont allés au-delà de leurs fonctions. Ils ont distribué la pension à domicile. Pour le privé, je ne vais pas faire d’appel car plusieurs entreprises sont en difficulté. Mais ceux dont les profits sont en hausse, il faut une considération particulière pour les frontliners. Je pense particulièrement aux supermarchés, par exemple.»

L’impact des Rs 60 milliards de la Banque de Maurice dans le circuit monétaire

Nous avons tout le temps donné des compensations salariales supérieures à l’inflation. Il nous faut l’équilibre entre le taux de chômage et l’inflation. Oui, la masse monétaire ne sera pas augmentée. La Banque de Maurice ne va pas créer la monnaie, elle l’a absorbée sur le marché. Elle n’a pas injecté Rs 60 milliards dans le circuit monétaire. 

Le taux d’inflation reste de 3 ou 3,5 %, donc toujours en dessous du seuil de 4 %.

Préserver la classe moyenne

La baisse de la taxation, du régime fiscal, est déjà pas mal. C’est un pouvoir d’achat que nous mettons dans les poches de cette classe moyenne. Un chef de famille avec trois enfants aura une hausse de l’exemption à hauteur de Rs 80 000, par exemple. Puis il y a aussi le logement social qui concernera ceux qui ont jusqu’à Rs 60 000. C’est une nouvelle politique. Ils conservent aussi tous leurs avantages et la VAT n’a pas été augmentée. Il faut voir ce que nous n’avons pas fait aussi. Nous n’avons pas pris des mesures qui auraient affecté principalement la classe moyenne et les personnes vulnérables. Nous avons préservé l’essentiel de leurs acquis. Peut-être ce que l’on donne n’est pas beaucoup, mais Rs 1 000 en moins par mois n’est pas une petite somme en termes de taxes.

Employer la main-d’œuvre locale

Dans la construction, nous avons identifié un budget que nous avons déjà. Ces projets de construction auront des conditions. L’Etat va imposer des conditions. Que les grosses entreprises travaillent avec les petites. La construction permettra le boost à l’industrie du ciment, du métal et même l’importation. Nous exigerons que ces entreprises fassent appel à la main-d’œuvre locale. Et peut-être aussi que l’on n’aura pas suffisamment d’expertise étrangère. Nous donnerons en tout cas la priorité aux Mauriciens. Le Project Development Fund aura pour mission de surveiller cela. Il nous faut des produits faits par les Mauriciens, utiliser au maximum les compétences locales. Les 12 000 logements sociaux sont pour les très pauvres.

Contribution sociale généralisée : «Ceux qui ont plus, vont payer plus, oui»

La somme de NPF est garantie par la loi, vous aurez votre pension en fonction de ce que vous avez payé. A partir de septembre 2020, les employés vont payer la Contribution sociale généralisée (CSG) pour aider la pension à 65 ans. Ce fonds peut aussi servir à aider en cas de crise. Il s’agit d’une charge sociale. Le fonds est contributif. L’employé du privé va y contribuer, soit 1,5 % de son salaire, par exemple. Rs 4 500 sont garanties au minimum à l’âge de 65 ans. Et le surplus viendra de la CSG. Il y en aura qui paieront plus. Ceux qui ont plus, vont payer plus, oui.  Nous voulons changer les injustices. Notre philosophie, c’est de toujours essayer d’apporter une aide à ceux qui sont les plus vulnérables.

MK, c’est notre emblème

Nous avons identifié une certaine somme d’argent pour aider Air Mauritius, soit Rs 7 à 9 milliards, pour n’importe quel cas de figure pour réussir de nouveau à faire revivre MK. Il est important pour notre indépendance que l’Etat conserve la compagnie aérienne nationale, notre emblème. 

Les aides face à la perte des emplois

«Nous avons travaillé avec des moyens de bord pour assurer un minimum, avec le Wage Assistance Scheme, qui est de Rs 5 milliards par mois et le Self Employed Assistance Scheme. Mais nous n’avions pas beaucoup d’information car cette dernière catégorie ne contribuait pas à des charges sociales. Raison pour laquelle nous sommes venus avec la formule de Rs 5 100 soit la moitié du salaire minimum. Le but de la Mauritius Investment Corporation est d’aider aussi les distressed companies qui sont dans des secteurs clé et qui, pendant un certain laps de temps ne peuvent soutenir cette période de crise. Mais ces entreprises devront aussi s’engager à ne licencier personne. Toutes les PME peuvent à travers la Development Bank of Mauritius, notamment celle opérant dans le secteur touristique, peuvent profiter de plans financiers à un taux préférentiel pour soutenir cette période. Ce, à condition qu’il n’y ait pas de licenciement. Une troisième catégorie porte sur ces entreprises qui ne peuvent faire autrement que licencier. Il y a le Workfare Programme, pour ceux qui ont travaillé pendant six mois. Ceux se trouvant en dehors de ces catégories peuvent obtenir cette somme transitoire de Rs 5 100.»

Sur l’abolition du National Pension Fund

Le National Pension Fund c’était quoi ? Les employés du public ont leur contribution pour leur pension. Le NPF jamais on a réformé. Notre système de pension, durant la crise, a démontré qu’il ne peut tenir. L’ambition du gouvernement, c’était d’avoir un système soutenable. Nous pensons à nos personnes âgées.

Avec les Rs 9 000, cela représente 90 % du salaire minimum. Avec la crise, face à nos ambitions, de faire la pension arriver à Rs 13 500, il nous faut trouver les moyens de le faire. L’Etat, c’est nous, toute la population.
Notre système de pension était individuel. Le retraité à 65 ans se retrouvait avec Rs 500 à peu près.  C’était régressif. Une personne avec Rs 10 000 de salaire contribuait Rs 300 dans ce fonds. Celle avec un salaire de Rs 1 M contribuait Rs 562, soit un taux de 0.06 %. 

Toute augmentation dans la pension sera à partir 2023. Il nous faut une croissance positive. Nous gardons l’essentiel soit Rs 9 000 à partir de 60 ans, qu’il travaille ou pas. A partir de 2023, si tout va bien, on peut envisager une hausse à partir de 65 ans, soit les Rs 450 supplémentaires. Cette augmentation viendra de la Contribution sociale généralisée. Je vais contribuer pour payer la pension des anciens. Ce sera un système plus juste où la grande partie va contribuer un peu moins.»

Etre notre propre producteur

Il est temps de revenir à base, de retourner à la terre. Il nous fait considérer ce qui est essentiel pour nous. Notre terre. Donner de la valeur aux travailleurs dans les champs. L’agro-industrie est très importante. Dans des pays avancés, tout le temps, ils vont vers des mesures pour le développement du secteur agricole et de l’agri-industrie. 

La pêche également doit être développée. Nous importons pour Rs 8 milliards. La nouvelle normalité, c’est aussi de produire notre propre consommation. Il en est de même pour l’industrie pharmaceutique. Il est important d’attirer l’expertise pour créer des joint-ventures afin de créer cette industrie. 

Le futur, c’est le Data Economics. Nous devons avoir une telle ambition. Nous devons nous en donner les moyens.

Les projets sociaux pour relancer l’économie

«Nous avons l’argent. Nous allons faire de sorte que les logements sociaux qui concernent également la classe moyenne que c’est réalisable. Parce que l’argent est là. C’est un investissement, un projet qui utilisera la compétence locale. Avec des entreprises locales, des matériaux de Maurice… Rien qu’avec ce projet de logement social, il y aura la relance économique par la construction. Des milliards ont été identifiés pour Rivière-des-Anguilles Dam, car notre développement économique passe par l’accès à l’eau et à l’énergie. L’emphase est ainsi sur l’eau et sur l’électricité pour terminer les projets importants et préparer la base pour l’économie de demain.»

«C’est une charge solidaire entre les Mauriciens pour aider mon voisin, mon ami…»

Est-ce injuste d’imposer la Solidarity Levy alors que les étrangers ne sont pas concernés ? «Et Diaspora mauricienne ? C’était quoi ? La diaspora qui rentre à Maurice et ne paie pas de taxe. Il s’agit d’une charge solidaire. Parce que je suis un Mauricien et je veux aider le peuple mauricien. Rs 5 000 ou Rs 10 000 de plus par mois pour aider mon voisin, mon ami… Je ne vais pas le demander à des étrangers qui vont passer un moment dans le pays. 

Tout d’un coup, j’entends que c’est discriminatoire. Il y a trois ans c’était toujours là. Quand c’est devenu 25 % c’est devenu discriminatoire. Ma philosophie, mon engagement politique, c’est un engagement solidaire. Plus de transparence. Ceux qui peuvent payer un peu plus, doivent le faire. Ce n’est pas une mesure anticonstitutionnelle. Nous avons la nationalité mauricienne. Cela aurait été anticonstitutionnel s’il y avait une disparité entre Mauriciens. 

Selon l’estimation, la taxe effective d’une personne qui touche un salaire de Rs 3 700 000 par an, sans dépendant passe de 13,6 % et devient 14, 5 %. Est-ce énorme ? Rs 16 500 l’année. Si cela est trop, ben…. Moi j’accepte de le payer. 

Certains qui ont le droit à la parole viennent pour critiquer. Ceux qui sont d’accord sont silencieux et ne diront rien. C’est une mesure qui correspond à notre politique économique. Nous ne sommes pas dans le business as usual. Nous ne sommes pas dans la politique de prendre ‘enba donn lao’. Beaucoup pensaient qu’il fallait augmenter la VAT et le PAYE. »

«Ce n’est pas un emprunt de l’Etat»

Un grant, c’est un don. Li pé donne l’Etat Rs 60 milliards, pour préserve so mission à li. La Banque centrale se doit de soutenir l’Etat. Des anciens gouverneurs aussi le soulignent ils parlent de création monétaire, de Helicopter Money… C’est la même chose. Préserver l’économie avec des aides exceptionnelles de l’autorité monétaire. C’est enn donation. Ce n’est pas un emprunt de l’Etat. Il n’y a pas de retour. Il s’agit d’un one-off pour le budget. 

Ne va-t-on pas vers un déséquilibre financier avec le décaissement de la Banque centrale?

Réponse : C’est une pratique courante. Comment la Banque centrale absorbe autant de liquidités et comment elle rembourse l’argent à chaque fois ? A travers le monde, la Banque centrale doit s’assurer de la stabilité financière. Elle doit trouver l’équilibre entre stabilité bancaire et stabilité des prix.  Ce n’est pas une chose que l’on aurait fait quand tout va bien. Elle le fait maintenant. Si elle ne le fait, nous irions vers une crise économique sans précédent. Et le système bancaire aurait été touché. Nous risquerions deux crises. Cela aurait été fatal pour l’économie.

L’aide exceptionnelle la banque de Maurice

«Rs 30 milliards sont utilisées dans les dépenses courantes et Rs 30 milliards pour l’investissement qui est important pour nous préparer dans le futur. Des mesures pour parer au plus pressé, comme nous le faisons pour le chômage pour la première catégorie.

La deuxième catégorie vise à assister les secteurs en difficulté. Pour donner un support payant pour passer cette période transitoire, qui peut durer quatre mois, six mois ou plus…

Nous allons essayer de prévenir les faillites. La Banque centrale, comme un ancien deputy governor je peux le dire, sa fonction première est de préserver le système bancaire. Si ce système collapse, tou pou colaps. Une personne qui ne peut travailler ne peut honorer ses emprunts, la banque elle-même sera affectée. Et les banques devront en retour prendre des mesures. Ce sera un cycle infernal… Avec une crise financière comme en 2009, l’effet de deux crises en même temps, fatal à l’économie. Nous avons un excès de réserves, soit six mois imports. Nous avons œuvré pour que ce seuil soit étendu d’une année. Ces réserves sont pour le peuple. Il ne s’agit pas de s’en glorifier et après nou pé mor de faim. Ces réserves doivent aider pour build the future.»

«Taxer un peu plus bann ki ena et mo parmi»

«Ce n’est pas appauvrir tout le monde. Mais de rester solidaires dans des moments difficiles. Taxer un peu plus bann ki ena. Mo parmi. Monn discut sa enormemement avec bokou dimounn ki couma moi ki kav pay inpé plis pou ki la classe moyenne pas subir trop l’effet de sa crise la. «Je vais directement à la Solidarity Levy. Les gens doivent comprendre que sé enn tigit selma ki pé pran.  Taxe effectif au départ, 13.6 % et deviendra 14.1 % ce n’est pas énorme. Pou bann ki couma moi nou inper pli privilégié. Nou pé saye redistribué. Et nou pé say garde lesentiel. Enn pension ki a 90 % du salaire minimum. Garde ki nou kapav say pay fee SC HSC.»

Back to basics

«Nous sommes en période de guerre sanitaire. Il y a eu des échanges intenses entre l’équipe des Finances et le Premier ministre. Nous avons dégagé les voies. Ce qu’il faut changer radicalement, comme la réforme structurelle au niveau des taxes, au niveau de la pension.»

Robin des bois ?

Face aux accusations contre le budget présenté par le ministre Renganaden Padayachy, ce dernier se livre à quelques réactions. Il souligne que l’exercice est de centre gauche, qu’il se veut solidaire car «nou lavi pli importan. Biensur ena critik. Biensur pas kav satisfer tou dimounn».

Budget 2020-21: Business Mauritius s’inquiète des charges fiscales additionnelles

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 5 juin, le Chief Executive Officer (CEO) Business Mauritius, Kevin Ramkaloan, ainsi que les membres de l’organisme, ont passé au crible les mesures budgétaires.  Les intervenants de différents secteurs ont fait part de leurs appréciations et des clarifications qu’ils attendent par rapport aux mesures annoncées. 

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Comment accueillent-ils le budget?

«Le gouvernement a retenu nos propositions», se réjouit-on du côté des planteurs. Un son de cloche du côté des employeurs laisse comprendre que les mesures budgétaires passent de travers, surtout la pension contributive. Puis il y a ces autres acteurs de la société, dans l’environnement, les technologies... «On verra le retour de l’évasion fiscale comme sport préféré des hauts salariés…» 

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MLC: «Nou pa dakor inn aboli NPF»

Le Mauritius Labour Congress a analysé les mesures budgétaires lors d’un point de presse ce vendredi 5 juin. Le syndicat a notamment déploré l’abolition du National Pension Fund (NPF). Ce système, est d’avis son président Haniff Peerun, a fait ses preuves. Et il a été restructuré «sans consultation»

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Budget: PWC, BDO, AXYS…

Voici les réactions des différentes firmes

L’accueil réservé au Budget est plutôt mitigé du côté des firmes comptables, entre autres. PWC demande surtout à voir la mise en application des mesures annoncées. Mais laisse entendre qu’elle s’attendait à plus. «We are disappointed that little sacrifice has been made by the public sector, with over Rs66.7bn of exceptional funding being required to fund recurring government expenditure.»

Lire la suite de l'article: https://bit.ly/2MwgrTq

 

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Série de mesures dans le budget, qui se veut, un budget «d’équilibre», dira Renganaden Padayachy. Privilégier la sécurité alimentaire, le NPF aboli, les taxes… Consultez notre dossier regroupant les articles par secteur.

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