Mort de George Floyd: les instances du sport américain inégales face au racisme

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Le basketteur-star des Los Angeles Lakers LeBron James le 31 janvier 2020 lors d'un match contre les Portland Trail Blazers à Los Angeles.

Le basketteur-star des Los Angeles Lakers LeBron James le 31 janvier 2020 lors d'un match contre les Portland Trail Blazers à Los Angeles.

Franchises, ligues, instances sportives ont toutes exprimé leur émotion ces derniers jours après le décès de George Floyd et leur indignation face aux violences racistes persistantes qui gangrènent les Etats-Unis, un élan devenu mondial mais non dénué de contradictions.

Historiquement à la pointe du changement social dans le paysage sportif américain, la NBA a été la première à réagir, juste après la diffusion de la terrible vidéo montrant le calvaire de cet homme noir, plaqué au sol, un policier blanc appuyant son genou sur son cou durant plus de huit minutes.

De la superstar LeBron James, toujours prompt à faire entendre sa voix pour dénoncer les actes racistes, à la légende Michael Jordan, pourtant souvent réfractaire à l’engagement, en passant par le patron de la NBA Adam Silver, tous ont pris la parole. Jusqu’aux entraîneurs, considérant qu’il est de leur devoir d’éducateurs d’agir au sein des communautés.

Hormis les New York Knicks, dont le propriétaire James Dolan a estimé qu’ils n’étaient «pas plus qualifiés que quiconque pour donner (leur) avis sur des questions sociales», les franchises ont aussi vite réagi, même si chez les San Antonio Spurs, c’est surtout le coach Gregg Popovich qui s’en pris à Donald Trump, le traitant d'«idiot dérangé».

Depuis plus de 35 ans, la ligue n’a cessé de prendre des initiatives pour lutter contre le racisme, notamment en faisant du Martin Luther King Day un jour majeur de sa saison et en créant la plateforme «NBA Voices» qui promeut l’égalité et la diversité. En 2014, Adam Silver a même banni à vie Donald Sterling pour des propos racistes, l’obligeant à vendre sa franchise des Clippers.

Le cas Kaepernick

Dans le sillage de la NBA, où la liberté d’expression possède un caractère sacré - même lorsque cela aboutit à un incident diplomatique avec la Chine, comme en octobre avec le tweet d’un dirigeant des Houston Rockets en soutien des manifestants de Hong Kong -, les autres ligues comme la MLB (baseball) et la MLS (foot) ont largement fait part de leur indignation et peine.

Roger Goodell, patron de la NFL (football américain), a ainsi estimé qu’il restait beaucoup à faire, «tant au niveau du pays que de la ligue». Et pour cause: celle-ci est composée à 70% de joueurs noirs, mais compte seulement 3 entraîneurs issus des minorités sur 32 équipes.

L’instance, qui vient de renforcer sa politique d’embauche en imposant aux franchises de faire passer des entretiens à au moins deux candidats externes issus des minorités pour les postes d’entraîneur, traîne néanmoins comme un boulet sa gestion du cas Colin Kaepernick, mis au ban depuis plus de trois ans.

L’ancienne star des San Francisco 49ers initia en 2016 un mouvement de protestation contre les violences policières faites aux Noirs, en s’agenouillant pendant l’hymne américain. Donald Trump l’a insulté pour cela et aucun club n’a fait appel à lui depuis.

Il n’a pas manqué d’appeler à manifester ces derniers jours. Et LeBron James a mis en exergue sur Twitter une photo du quarterback genou à terre avant un match à côté de celle du policier blanc agenouillé sur Floyd, avec ce message: «Vous comprenez maintenant!!?? Ou c’est toujours flou?».

Protestations interdites aux Jeux

Au sein de la NHL, où les hockeyeurs sur glace sont très majoritairement blancs, de nombreux joueurs ont réagi et leurs franchises ont suivi. Mais le blog spécialisé RMNB observe que seulement 13 d’entre elles soulèvent le problème du racisme dans leur communiqué, 8 mentionnent George Floyd et 2 écrivent «la vie des Noirs compte». Une tonalité différente.

La Fédération américaine de foot s’est elle contentée de ces mots: «Unis contre le racisme». Or, c’est cette même instance qui impose aux membres des sélections nationales de rester debout pendant l’hymne.

Une mesure consécutive au genou posé à terre par la star militante Megan Rapinoe, qui avait suivi Kaepernick et lutte actuellement avec ses coéquipières championnes du monde pour l’égalité salariale vis-à-vis de leurs homologues masculins.

Ailleurs, la Fédération internationale d’athlétisme a clairement pris position, illustrant son message avec l’image des Américains Tommy Smith et John Carlos levant le poing aux Jeux de Mexico en 1968, pour protester contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Un geste effectué l’an passé par la lanceuse de marteau Gwen Berry aux Jeux panaméricains, sanctionné d’une mise à l’épreuve par son comité olympique, à qui elle demande désormais des excuses après avoir vu que sa directrice dénonçait à son tour les violences policières racistes.

Un geste, enfin, comme ne veut plus en voir le Comité international olympique, qui a prévenu que toute manifestation politique serait interdite à Tokyo. L’été aurait pu être brûlant sur ce terrain-là. Qu’en sera-t-il en 2021?

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