Droit des prisonniers: les pères Véder et Coowar tirent la sonnette d’alarme

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Le 19 mars dernier, les détenus de la prison de Beau-Bassin avaient manifesté leur mécontentement.

Le 19 mars dernier, les détenus de la prison de Beau-Bassin avaient manifesté leur mécontentement.

Depuis quelque temps, l’univers carcéral est sous les feux des projecteurs. Les plaintes concernant le sort des détenus s’enchaînent, et la mort des prisonniers en cellule n’arrangent pas les choses. Lundi 25 mars dernier, la Commission des droits de l’homme a démarré pas moins de six enquêtes en même temps, alors 10 plaintes ont enregistrées. Le père Jean-Claude Véder, fondateur du Mouvement Affimative Action et le père Jean-Max Coowar, l’aumônier des prisons, tirent la sonnette d’alarme.

Depuis que la pandémie a été déclarée, la direction du Mauritius Prisons Service a suspendu les visites aux prisonniers par mesure de précaution. Pour rappel, les incidents survenus à la prison de Beau-Bassin le 19 mars dernier sont partiellement attribués au fait que les prisonniers ne supportaient pas l’idée de ne plus avoir de contact avec l’extérieur. Selon le père Jean-Claude Véder, l’isolement total a sapé le moral des prisonniers. «Il y a eu une recrudescence des cas de violence à la prison de Beau-Bassin. Il se peut que les prisonniers ont fait du désordre pour échapper à la prison. Il se peut aussi qu’ils ont été privés des visites et des prières auxquelles ils assistaient une fois par semaine. Comme ils n’avaient pas de soutien psychologique pour les accompagner en cette période, ils avaient donc perdu leurs repères». Le père Jean-Claude Véder rajoute que le rôle des gardiens de prison est aussi très important en ce moment. «Peut-être qu’ils avaient beaucoup de pression et ne pouvaient contrôler les prisonniers. Ou que certains parmi eux ont profité de la pandémie pour démontrer un excès de zèle».

Quant au père Jean-Max Coowar, il  explique que le manque de prières a eu un effet sur la psychologie des détenus. «Nous n’avons plus de messe les samedis. Les programmes d’accompagnements ont été suspendus. A la fin du confinement, je solliciterai une réunion avec l’administration de la prison et mettrai sur pied un plan pour les soutenir».

Revenant sur la mort des prisonniers, le fondateur d’Affirmative Action avance que quatre prisonniers qui décèdent en deux mois n’est pas une situation normale. Du côté de la Commission des droits de l’homme, une dizaine de plaintes ont été enregistrées depuis la mutinerie de Beau-Bassin et après la mort des détenus Caël Permès, Maurice Utcheegadoo, Michel Louise et Jean Alain Auguste. Six enquêtes ont démarré lundi dernier, mais à ce stade, aucune date n’a été avancée pour la soumission des rapports.

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