Pointe-aux-Sables: mamans et enfants expulsés aujourd’hui…

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Joella Denis, mère de deux enfants en bas âge, dont un est grièvement malade, remue ciel et terre pour lui venir en aide.

Joella Denis, mère de deux enfants en bas âge, dont un est gravement malade, remue ciel et terre pour lui venir en aide.

Ils seront contraints à vivre à la belle étoile dès ce soir... Mais personne ne sait où. Plus de 70 familles, qui squattaient un terrain à Pointe-aux-Sables, ont eu 48 heures pour vider les lieux – le délai expirant ce dimanche 24 mai – suivant un ordre d’éviction de l’État. 

Si elles sont dans l’illégalité, d’aucuns s’interrogent sur le «timing» de cette expulsion, alors que le pays entame une période graduelle de déconfinement et que le Covid-19 a laissé des séquelles partout, surtout chez les plus vulnérables…  

Les images et les récits de ces personnes, qui logent temporairement sur les terrains du gouvernement, ont en tout cas fait le tour de la Toile. 

Depuis vendredi, après le passage des officiers du ministère du Logement et des Terres, Joella Denis a perdu le sommeil. Cette mère de deux enfants en bas âge, dont un est gravement malade, remue ciel et terre pour trouver de l'aide. «Où aller ? Je n’ai personne qui puisse m’accueillir.» 

Plus de 300 personnes doivent quitter le terrain du gouvernement
aujourd’hui suivant l’ordre émis par le ministère des Terres et du Logement.

Elle raconte que cela fait déjà deux mois depuis qu’elle habite à Pointe-aux-Sables. Et qu’elle a sollicité l’aide de la police, car il y va de la survie de ses enfants. «Mon bébé n’a qu’un seul rein. Il souffre d’un handicap au pied et aussi de problèmes à l’estomac.» Si elle s’en est sortie jusqu’ici, c’est aussi grâce à l’aide de ses voisins, même si ces derniers ne sont souvent pas mieux lotis. 

Elle n’est pas la seule à se retrouver dans cette situation. Josie Genave, mère de trois enfants, ne sait plus à quel saint se vouer. «Mo latet fatigé, népli koné ki pou fer.» 

Cette dernière habite là depuis octobre et soutient qu’elle n’a pas les moyens d’aller chercher un autre abri. «Je louais une maison à Rs 7 500, mais je n’ai plus les moyens de le faire.» 

Expulsée en tant que locataire, elle avait trouvé refuge sur ces terres de l’État. Les autorités, assure-t-elle, sont au courant du fait qu’elle habite là. «Je suis allée faire des démarches à Ébène pour régulariser ma situation. Mais je n’ai jamais eu de retour.» 

Désemparées, ces deux mamans implorent les autorités. «Kot nou pou alé sirtou dan sa peryod-la. Pa les nou koumsa…»

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