Virus: la France se prépare à un confinement prolongé, Macron rencontre Raoult

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Des policiers contrôlent des passants, vérifiant leur attestation de sortie, le 9 avril 2020 à Strasbourg.

Des policiers contrôlent des passants, vérifiant leur attestation de sortie, le 9 avril 2020 à Strasbourg.

Emmanuel Macron a rencontré jeudi le Pr Didier Raoult, chantre de l’utilisation très controversée d’un dérivé de la chloroquine contre le coronavirus, à quelques jours d’une allocution au cours de laquelle il doit détailler la suite du confinement face à l’épidémie qui a tué près de 11.000 personnes en France.

Après avoir rencontré dans la matinée d’autres chercheurs dans un hôpital universitaire près de Paris pour faire le point sur la recherche de traitements, le président de la République a été accueilli vers 15H45 à l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) de Marseille, où travaille le Pr Raoult.

Devenu l’une des figures de cette crise, Didier Raoult a publié deux études sur l’hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine, un médicament contre le paludisme) qui prouvent, selon lui, «l’efficacité» de ce traitement contre le coronavirus. Mais nombre de scientifiques estiment impossible de tirer cette conclusion sur la seule base de ces études, en raison de la manière dont elles sont élaborées.

Il est soutenu par un certain nombre de responsables politiques et une pétition baptisée «#NePerdonsPlusDeTemps», lancée par l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy et demandant à assouplir les possibilités de prescription de la chloroquine, dépassait jeudi après-midi les 456.000 signatures.

La visite d’Emmanuel Macron à Marseille s’inscrit dans des consultations menées avant son allocution aux Français programmée lundi soir.
 
Entamé le 17 mars et déjà prolongé une fois, le confinement se poursuivra après mardi prochain, a d’ores et déjà prévenu l’Elysée, sans préciser la durée du nouvel allongement.

Outre cette question, le chef de l’Etat devrait également aborder lundi la situation économique et sociale, alors que l’épidémie et le confinement indispensable à sa jugulation ont précipité la France dans une récession historique.

Le gouvernement prévoit désormais un effondrement du produit intérieur brut (PIB) de 6% cette année, une estimation basée sur un confinement allant jusqu’à mi-mai. «Il s’agit de la plus grande récession en France depuis 1945», a souligné le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dans Les Echos.

Face à l’ampleur de la crise et aux besoins croissants des entreprises, le gouvernement a doublé son plan d’urgence, qui passe de 45 à 100 milliards d’euros, et les dépenses «exceptionnelles» dédiées à la santé vont augmenter de 2 à 7 milliards d’euros, faisant gonfler le déficit et la dette publique.

Pâques confinée

En ce «jeudi saint», en France comme à travers le monde, les croyants se préparent à passer le weekend pascal confinés, privés de messes et de larges réunions pour ce temps fort de leur vie spirituelle et familiale.

Vacances de printemps et beau temps obligent, après Paris et cinq autres départements franciliens, c’est en Alsace, région très touchée, que toute activité sportive individuelle sera interdite en journée à partir du weekend pascal.

Et pas question de s’offrir une escapade sur la Côte bleue ou dans les Alpilles: dans les Bouches-du-Rhône, où les vacances débutent également ce week-end, les contrôles du confinement seront renforcés sur le littoral, sur l’autoroute et dans les massifs. Et en Ardèche, les sorties à plusieurs sont interdites.

Dans le cadre d’un contrôle du confinement, un trentenaire est mort mercredi soir à Béziers (Hérault), où un couvre-feu est en vigueur, après une interpellation «difficile» par la police municipale, selon le parquet. Une enquête pour homicide involontaire est en cours.

La France a enregistré mercredi un nouveau très lourd bilan quotidien dans les hôpitaux, avec 541 décès supplémentaires en 24 heures, soit un total de 7.632 depuis début mars. S’y ajoutent 3.237 morts déjà recensés dans les Ehpad et établissements médico-sociaux, soit un total de 10.869 décès.

Dans les hôpitaux, 7.148 patients gravement atteints sont en réanimation, signe que l’épidémie «est toujours très active», selon le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Troisième CHU de France, les hôpitaux de Marseille craignent un relâchement des comportement à l’approche du long weekend. «Si le confinement n’est pas respecté, tout le gain qu’on a eu risque de se perdre!», a alerté l’un de leurs dirigeants, le Pr Dominique Rossi.

En Ile-de-France, afin de soulager un système hospitalier toujours en très forte tension avec plus de 2.600 personnes en réanimation, de nouvelles évacuations de malades auront lieu vendredi vers l’Aquitaine.

La morgue provisoire installée dans un hall du marché de Rungis, près de Paris, a suscité un début de polémique en raison des tarifs controversés demandés aux familles par l’opérateur privé qui la gère. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a demandé un «contrôle», jugeant la situation «anormale».

Un essai clinique stoppé

Sur le front de la recherche, les essais cliniques se poursuivent. Pour l’essai Discovery, qui figure parmi ceux présentés à Emmanuel Macron jeudi matin à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre et qui porte sur quatre traitements possibles, les premières tendances ne sont pas attendues avant fin avril.

En revanche, un essai clinique qui prévoyait d’administrer à des malades une solution issue du sang de vers marins, pour tenter de soulager leur détresse respiratoire, a été stoppé jeudi. Son autorisation a été retirée dans l’attente d’une nouvelle évaluation.

La France poursuit aussi ses efforts pour s’approvisionner en masques pour les soignants et malades, des protections convoitées par l’ensemble de la planète, alors que l’épidémie continue de s’étendre.

En revanche, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets de faire «retirer les arrêtés» pris par des maires pour rendre obligatoire le port du masque dans la rue pendant le confinement, évoquant «un sujet problématique», «qui n’est pas médicalement démontré».

Et la justice administrative a suspendu l’arrêté pris par le maire de Sceaux (Hauts-de-Seine) qui imposait à ses administrés de sortir visage couvert, pointant «une atteinte grave à la liberté fondamentale d’aller et de venir» et à la «liberté personnelle».

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