Chachi et Kartik, les nouveaux chouchous des confinés

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Ils sont les nouvelles stars de la Toile. Kartik et Simla (photo), nom de scène Chachi, sont tous les soirs au rendez-vous en live de Vacoas sur Facebook. Le nombre de «viewers» et de commentaires concurrence étroitement avec les conférences de presse quotidiennes de la «National Crisis Committee». Il y a deux mois, mère et fils étaient de parfaits inconnus. Comment ont-ils fait pour sortir de l’ombre et avoir plus d’un millier de gens qui les attendent tous les soirs ?

«On a des fans, mais on a aussi beaucoup de critiques», avance Simla d’emblée. Elle parle sans mise en scène comme c’est le cas dans ses Live. Elle essaie, tant bien que mal, de gérer son petit dernier qui est dans ses bras et qui veut à tout prix faire un coucou à la caméra. Mais même là, assis dans son canapé, sa voix est douce et maitrisée. Elle met l’accent sur les mots qu’il faut, injecte de l’émotion là où elle doit, comme le font les chanteurs. La chanson, elle a grandi avec. «Mo papa ti enn santer li. Li ti pé santé dan maryaz. Li ti bien konu dan rezion Saint-Pierre, mé dimounn ziska Valléedes-Prêtres ek lé Nor ti pé rod li.» Quand Simla parle de son papa, elle marque un temps d’arrêt. Il n’est plus de ce monde, et il lui manque.

Simla fait un bond en arrière. Son père donnait des cours de chant aussi. Elle y assistait. Mais ce n’est pas parce qu’elle était fille de… en classe qu’elle avait des privilèges. Il lui a fallu suivre tout le parcours. Puis, un jour, son père a finalement cédé et lui a laissé le micro au mariage d’un proche. «Sa zour la, linn dir mwa mo kapav santé aster. Mo ti extra kontan», se souvient Chachi. Son regard n’est plus sur la caméra de son téléphone, elle fixe au loin.

Et la danse ? Encore une fois, cela date de son enfance. Elle avait un cousin muet qui adorait danser. Entre elle et lui, c’était toujours une compétition. Ils organisaient des dance contests entre cousins, et, entre les deux, ils essayaient toujours de faire mieux que l’autre. Son fils est aussi un passionné de danse et il y a vraiment pris goût le jour où il devait incarner Krishna lors d’une prière au shivala de l’endroit. Ce jour-là, sa mère avait confectionné son dhoti et l’avait habillé comme Krishna pour qu’il soit totalement dans le rôle. Depuis, il ne se passe pas un jour sans qu’il ne danse.

Mais comment est-elle devenue un phénomène d’Internet ? Sans détour, elle explique que c’est Kartik, le troisième de ses quatre enfants, qui est derrière tout ça. Âgé de 12 ans, il est souvent sur les vidéos avec sa mère. Sans complexe et dégourdi, il prend souvent ses repas en répondant aux messages de ses amis en Live. Il a commencé sur Tik Tok, comme beaucoup d’autres. Puis, un jour, il a vu des gens faire des Lives sur Facebook et il s’y est mis. «Lontan mo ti pé bizin koupé kan mo mama vini. Li kriyé, kriyé li», dit-il, sous le regard désapprobateur de Chachi, mais elle ne l’interrompt pas.

Puis, un jour, elle entend parler dans la chambre de son fils. Elle va voir avec qui il parle et ce dernier lui dit avant même qu’elle ne pose des questions : «Pa koz for, ena dimounn pé trouv twa, pé tan twa la.» Elle pose quand même des questions, découvre le monde virtuel et s’y adapte tout de suite. Elle commence à participer aux Lives de Kartik en répondant aux questions, puis, petit à petit, elle commence à chanter. Les «Likes» augmentent, les «Views» aussi. Elle décide donc de montrer ses talents de danseuse. Il faut aussi dire que, confinement oblige, davantage de personnes sont connectées, ce qui l’arrange…

«On a des fans, mais on a aussi beaucoup de critiques», redit-elle. Selon elle, la plupart des commentaires négatifs viennent de sa famille. Ses problèmes familiaux ont la racine profonde et datent du temps où son époux était toujours de ce monde. Ils se sont amplifiés depuis son décès. «Mo res loin, zis ek mo ban zanfan. Pa zoenn zot. Ou koné, problem dibien la fer boukou lager sa», confie-elle. Mais bonne actrice, elle se ressaisit aussitôt et avance que, de toute façon, elle ne se soucie guère des critiques. «Je réponds simplement aux gens qu’il faut qu’ils changent leur mentalité et que le meilleur moment pour cela, c’est maintenant» dit-elle. «De toute façon, mo pa pran zot kont. Mo mem pa mind zot get mo bann live.»

Elle préfère donc se concentrer sur ses fans. Ceux qui l’appellent pour lui dire qu’elle est une bouffée d’air frais, surtout en ce moment. «Enn misié ine telefone, linn dir mwa so latet fatige kan li pa trouv mwa fer live, li trouv zis mové nouvel. So madam ousi parey.» Elle ajoute qu’un autre lui a promis qu’après le confinement, quand la vie sera retournée à la normale, il mettra son studio à sa disposition pour qu’elle donne des cours. Kartik et Simla ont atteint le summum de la gloire : ils ont des mèmes à leur effigie. Jeudi, ils n’ont pas fait de Live et, moins d’une heure après le rendez-vous manqué, les posts ont commencé à pleuvoir. Les photos de la chaise rouge vide de Chachi, de son rideau vieux-rose à fleurs, qui est l’arrière-plan de ses numéros de danse, ont fait leur apparition. Ces items sont désormais si connus que même sans  bandeau titre -caption-, on comprend que la présence des deux nouvelles «stars locales» est réclamée.

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