La dure réalité des travailleurs employés à leur compte

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Les maraîchers sont parmi ceux qui travaillent à leur compte et se retrouvent sans revenus. Fawzi Jhummun, (ci-contre) chauffeur de taxi, n’est pas épargné non plus par cette crise.

Les maraîchers sont parmi ceux qui travaillent à leur compte et se retrouvent sans revenus. Fawzi Jhummun, (ci-contre) chauffeur de taxi, n’est pas épargné non plus par cette crise.

La situation est dure pour les «selfemployed». Au chômage technique, ils se rabattent sur leurs économies et l’aide de leurs proches. Mais ils se demandent comment payer leurs dettes et attendent un soulagement de l’Etat.

Endettés et privés de leur gagne-pain quotidien, ils subsistent grâce à leurs dernières économies. Dans quelques cas, des proches viennent à leur rescousse. Depuis le confinement, les personnes self-employed rencontrent de nombreuses difficultés. Comment vivent-ils cette situation ?

«Dès l’annonce du confinement, j’ai pu acheter quelques légumes. Mais après le lockdown complet, ça a été pire. Tous les marchés étaient fermés. Je ne peux même plus travailler», déclare Devmit Chooramun, 59 ans. Ce marchand de légumes opère au bazar de Flacq. Heureusement, il a pu écouler ce stock rapidement dans le voisinage. «J’avais des carottes, betteraves et d’autres légumes vendus à bas prix. Par contre, je n’ai pu le faire pour les pommes d’amour. Une bonne partie était périmée. Maintenant je n’ai plus rien. Je n’ai aucun champ. Ce sont plus les planteurs qui m’approvisionnent. Avec le confinement, eux-mêmes ne peuvent aller dans leurs plantations. Me voilà condamné au chômage», se lamente-t-il.

«Je dois rembourser deux emprunts, donc Rs 9 000 par mois. Il faudrait nous permettre de payer nos emprunts à la reprise.»

Pour l’instant, il subsiste avec sa petite réserve d’argent mise de côté. Mais une prolongation de la situation actuelle risque de le mettre en détresse. «Comme tous les Mauriciens, on essaie toujours de trasé. Cela dit, si le lockdown est prolongé, je ne sais ce qu’il adviendra de nous. On s’en remet à Dieu», ajoute le maraîcher.

De son côté, Fawzi Jhummun, chauffeur de taxi, ne sait plus à quel saint se vouer. Travaillant avec un hôtel le jour et une entreprise dont il véhiculait les employés la nuit, il se retrouve sans aucun revenu, les deux entreprises étant fermées, le contraignant au chômage technique. «Je dois rembourser deux emprunts dont un pour l’achat de mon véhicule. Cela totalise Rs 9 000 par mois. Il aurait fallu, en cette période, nous permettre de payer nos emprunts à la reprise. Car selon les conditions établies, si on ne paie pas pendant trois mois, notre taxi peut être saisi. Nous sommes vraiment en difficulté», confie-t-il. Marié et père de trois enfants âgés entre 8 et 11 ans, ce chef de famille constitue la seule source de revenus.

Pour l’heure, c’est grâce à son père qu’il arrive à tenir. «Il nous aide pour la nourriture. Tout ce qui me restait comme argent a été dépensé. Dimanche dernier, mes enfants étaient malades. J’ai dû me ruer chez le médecin. Mes proches me soutiennent mais je ne pourrai pas les solliciter pour le remboursement de mes prêts», déclare-t-il. Et bien que plusieurs clients individuels le contactent pour ses services, il a dû décliner leurs demandes, confinement oblige.

Chez Naseem et Taleb Jahaleea, le désarroi s’est aussi installé. Habitant Quatre-Cocos, ce couple gère un petit salon de coiffure et d’esthétique. Les époux emploient également une per- sonne, qui s’est retrouvée, elle aussi, au chômage. «On est dans le métier depuis 25 ans. Là, nos clients nous appellent pour qu’on leur coupe les cheveux à domicile. Mais on ne peut pas se déplacer à cause du confinement mais aussi à cause des risques d’être contaminé par le Covid-19 . C’est trop dangereux», déclare Naseem Jahaleea. Elle a simplement pu s’acheter quelques provisions lors du confinement partiel, ce qui fait tenir sa famille. Mais dans l’incapacité de travailler, cette maman de deux enfants, âgés de 15 et 17 ans, craint la suite. «Nous ne connaissons que notre métier et ne dispo- sons d’aucune autre source de revenus», confie-t-elle.

Idem pour Kiran Ramsahye, 48 ans, spécialisée dans la confection et la vente de rotis, dholl puris et gâteaux. «Ma famille et moi ignorons quand les activités reprendront. Sans revenus, on doit quand même payer le loyer de notre emplacement et d’autres dépenses».

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Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a mis le pays sous confinement à partir de vendredi 20 mars, 6 heures du matin. Pour finalement annoncer un couvre-feu, à compter de lundi 23 mars, 20 heures. Comment se protéger ? Comment la situation évolue-t-elle à travers le pays ? Comment réagissent les Mauriciens ?  Voici notre dossier sur lexpress.mu

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