Covid-19: réouverture des supermarchés, règles strictes pour le shopping

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Le lendemain de l’annonce des trois premiers cas confirmés de Covid-19, soit le jeudi 19 mars, plusieurs grandes surfaces, dont Super-U à Belle-Rose, avaient été prises d’assaut par des centaines de consommateurs.

Le lendemain de l’annonce des trois premiers cas confirmés de Covid-19, soit le jeudi 19 mars, plusieurs grandes surfaces, dont Super-U à Belle-Rose, avaient été prises d’assaut par des centaines de consommateurs.

Si les opérateurs se disent prêts à participer à la démarche gouvernementale, ils expriment néanmoins des appréhensions quant à l’ouverture des commerces. Elle représente un énorme défi, surtout à la suite des conditions imposées. Achat par ordre alphabétique ou encore rationnement, les clients devront s’adapter…

C’est le 1er avril prochain, à moins que ce ne soit un poisson d’avril…, que seront opérationnels les 221 points de vente de la grande distribution, un marché dont 80 % des parts sont détenues par 95 supermarchés/ hypermarchés. Ces derniers jours, les rencontres se sont multipliées entre les gérants de ces commerces, les représentants du gouvernement (GM) et de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry pour que cette réouverture puisse se passer sans anicroche. Les commerces devraient en principe être ouverts de 9 a.m. à 5 p.m.

«Nous sommes prêts à jouer le jeu. Car nous estimons qu’il n’y avait pas d’autre choix pour approvisionner la population hormis la réouverture des supermarchés. Toutefois, il faut que les consommateurs sachent que cette réouverture se fera dans des conditions difficiles, mais essentielles, avec le confinement national et le couvre-feu. On y appliquera un certain rationnement par rapport à certains produits sur lesquels nous subissons des retards de livraison», explique le propriétaire de la chaîne Intermart, qui opère huit supermarchés à travers le pays.

Pour éviter la pagaille liée au «panic buying» et ses conséquences sur la santé publique, la réouverture des supermarchés comprend un changement de taille : un ordre alphabétique a été établi pour l’accès des consommateurs à partir de mercredi prochain. D’où la définition de trois batches de consommateurs à nombre égal. Le premier, dont les noms vont de A à F, aura accès aux supermarchés de leur localité, lundi et jeudi ; pour les lettres G à N, ce sera mardi et vendredi ; alors que, pour ceux de O à Z, ce sera mercredi et samedi. Concrètement, chaque client aura droit à deux jours d’achat par semaine. Toutefois, vu que les portes devraient s’ouvrir mercredi, ceux dont les noms vont de O à Z auront la priorité et les autorités s’attendent que la rotation va s’appliquer normalement à partir de lundi prochain.

La décision de privilégier l’ordre alphabétique devrait per- mettre un meilleur contrôle des consommateurs à l’accès des commerces et une meilleure gestion de leur déplacement à l’intérieur. D’ailleurs, chaque lieu définira le nombre de clients dont il autorisera l’entrée en vue de maintenir une distance sociale raisonnable. «On nous a communiqué les directives générales et les précautions d’hygiène de base à respecter. Nous allons les suivre strictement car il y va de la santé de toute la population», explique Ignace Lam. Il ajoute que, pour éviter au maximum les contacts physiques, les produits mis en vente seront déjà empaquetés et pesés. De plus, les légumes et fruits frais ne seront pas exposés alors que toutes les viandes et poissons frigorifiés seront en barquette. D’autre part, la décision aurait été prise pour que les consommateurs utilisent exclusivement des chariots pour s’approvisionner. Chaque chariot sera d’ailleurs désinfecté après l’utilisation alors qu’un client n’aura, en tout et pour tout, qu’une demi-heure pour le remplir.

Certes, les autorités ne veulent pas prendre de risques en cette période de confinement à domicile et le mot d’ordre est de briser à tout prix la chaîne de contamination. Consciente que les commerces peuvent constituer un lieu propice à la transmission du Covid-19, comme dans le cas de la jeune fille testée positive et hospitalisée, la force policière, aidée de la Special Mobile Force (SMF) assurera une présence quasipermanente dans l’enceinte de chaque supermarché. Elle veillera à ce que seuls ceux qui ont leur carte d’identité y aient accès tout en s’assurant que leurs noms correspondent à l’ordre alphabétique préétabli.

Selon les arrangements mis en place, seule une voiture par client aura accès à l’aire de stationnement. Aucun enfant ne sera autorisé à l’intérieur, même s’il est accompagné. «Il est évident que la pression sera sur les opérateurs pour s’assurer que ce plan de réouverture se fasse sans obstacle. Il faudra suivre les consignes. Tout est une question d’organisation. Déjà des employés de notre enseigne travaillent sur certaines de ses règlementations. Il nous reste peu de temps pour tout mettre en exécution mais nous avons déjà commencé le travail», laisse entendre le directeur général des supermarchés Super U, Pascal Tsin.

Chez DreamPrice, l’heure est également aux préparatifs. Pour son directeur général, Fauzee Muryoodeen, il faut que tout soit prêt dans deux jours, insistant sur le fait qu’il n’a pas de choix que d’appliquer le protocole établi par les autorités. «Il existe certaines mesures qui ne concernent que la police. Celle-ci nous a demandé toutes les informations nécessaires sur notre bâtiment, telles que sa superficie et le nombre de places de parking. Ce sera à la force policière de gérer le nombre de clients à l’entrée de DreamPrice.» Il ajoute qu’il dispose de suffisamment d’effectifs pour assurer le bon fonctionnement de ses activités avec ses 28 points de vente dans l’île et ses 1 100 employés.

Pour Ajay Gungadoo, petit commerçant de Curepipe, c’est la même appréhension. «C’est un vrai challenge d’être fin prêt pour le 1er avril mais je m’y mettrais pour ouvrir et répondre aux attentes de mes clients.» Il rappelle que l’emballage des légumes et fruits frais, ainsi que des aliments surgelés, prend du temps. 

Tout compte fait, le GM a dû se plier aux exigences du bon sens en préparant la réouverture les supermarchés. Sinon Maurice aurait été un des rares pays, sinon l’unique pays, à confiner sa population et à imposer un couvre-feu sans lui permettre de s’approvisionner en produits de première nécessité en fermant tous les supermarchés et petits commerces.

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Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a mis le pays sous confinement à partir de vendredi 20 mars, 6 heures du matin. Pour finalement annoncer un couvre-feu, à compter de lundi 23 mars, 20 heures. Comment se protéger ? Comment la situation évolue-t-elle à travers le pays ? Comment réagissent les Mauriciens ?  Voici notre dossier sur lexpress.mu

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