Les hôtels face à l’écroulement en attendant l’opération de sauvetage du GM

Avec le soutien de
Avec l’arrivée du Covid-19 sur le sol mauricien, le secteur touristique en prend un coup.

Avec la propagation du Covid-19 sur le sol mauricien, le secteur touristique en prend un coup.

Plus de 1 600 employés d’hôtels seront potentiellement en chômage technique sans l’aide financière de l’État. C’est ce que déplore Ajay Jhurry, président de l’«Association of Tourists Operators». Pour remédier à la situation, la SIC a mis en place divers plans, afin de soutenir les entreprises affectées par le Covid-19. Mais aucun décaissement n’a été effectué pour l’heure.

La liste noire continue. Après Beachcomber, Attitude Resorts et RIU, soumis à un régime sec face à la fermeture des frontières aux arrivées des touristes de l’Union européenne, l’effet de contagion économique du Covid-19 gagne les petits établissements hôteliers. «Sans le soutien financier de l’État, c’est plus de 1 600 employés qui seront en chômage technique», lâche Ajay Jhurry, président de l’Association of Tourists Operators (ATO). Dans la foulée des victimes de cette pandémie, une agence réceptive, Coquille Bonheur, a été contrainte de cesser temporairement ses activités et confiner ses employés pour opérer à leur domicile.

«Nos membres ont la peur au ventre pour le mois d’avril, où leurs établissements hôteliers pourraient se retrouver sans un seul client si la crise perdure», soutient le président de l’ATO, qui regroupe une quinzaine d’établissements de taille moyenne disposant d’une capacité de 500 chambres. Il ajoute que sur la base des chiffres travaillés, les 500 membres officiellement enregistrés, soit de petits opérateurs engagés dans le secteur hôtelier et touristique, le montant lié aux remboursements de prêts et à la masse salariale s’élèverait à presque Rs 1 milliard mensuellement.

Face à une industrie, dont la nature du business, soit les voyages, n’est pas considérée comme une priorité après une crise économique, voire une récession mondiale, Ajay Jhurry estime qu’il faudra attendre plus d’une année avant qu’elle retrouve sa vitesse de croisière. Du coup, il s’attend que le gouvernement vienne à la rescousse de ses membres, aujourd’hui financièrement fragiles.

À cet effet, la State Investment Corporation (SIC), le bras d’investissement du gouvernement, passe actuellement à l’offensive pour soutenir les entreprises vulnérables, secteur hôtelier ou autre, en participant financièrement à leur capital. Et ce, par le biais du SIC Equity Participation Scheme. Mais à noter que les entreprises concernées sont toujours dans l’attente, aucun décaissement n’ayant encore été effectué pour l’heure.

«Ce plan aidera les entreprises à surmonter les difficultés financières. Nous mettrons à leur disposition un montant de Rs 2,3 milliards, qui sera mobilisé à travers l’émission d’actions privilégiées rachetables (redeemable preference shares). À ce titre, la SIC deviendra un Equity Partner de ces entreprises. Notre rôle se limite au soutien financier de ces sociétés en y apportant également notre expertise à leur gestion. Une fois qu’elles seront financièrement redressées, nous nous désengagerons de leurs capitaux», explique Jairaj Sonoo, le Chairman de la SIC. Il maintient toutefois qu’il faut qu’à la base ces entreprises aient été affectées par le Covid-19 pour bénéficier de ces financements.

Idem pour l’Investment Support Programme, l’Enterprise Modernisation Scheme et le Revolving Credit Scheme, qui sont également proposés pour garder financièrement en vie ces entreprises. Et éviter au passage les licenciements massifs. Une cellule, qui sert comme un one-stop-shop, a été mise en place au rez-de-chaussée de l’immeuble de la DBM pour traiter les dossiers et décaisser les fonds une fois la demande approuvée.

Comme on peut s’attendre, les entreprises victimes de la crise sanitaire dépassent largement celles opérant dans le secteur hôtelier. «La crise est devenue systémique et frappe toutes les activités économiques du pays. Avec le lockdown du pays, si une décision est prise en ce sens, l’économie sera complètement paralysée. Car même si on peut appliquer le concept de télétravail, la nature de certaines activités exige une certaine présence physique comme le secteur bancaire», souligne le partenaire d’une firme faisant partie du Big Four.

Le salaire des employés dans trois secteurs assuré

Quel sort est-il réservé aux employés de différents secteurs d'activités si tout le pays est confiné dans les jours à venir ? Le ministre du Travail, Soodesh Callychurn, a eu une rencontre hier avec les syndicats et différents représentants des travailleurs de même qu'avec Ashok Subron, leader de Rezistan ek Alternativ. Une des mesures phares annoncée à l’issue des dicussions est le  maintien du paiement des salaires à ceux qui travaillent dans les secteurs de l’hôtellerie, du BPO et les PME.Cette mesure a été confirmée subséquemment par le ministre Callychurn.

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Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a mis le pays sous confinement à partir de vendredi 20 mars, 6 heures du matin. Pour finalement annoncer un couvre-feu, à compter de lundi 23 mars, 20 heures, jusqu'au jeudi 2 avril, 20 heures. Comment se protéger ? Comment la situation évolue-t-elle à travers le pays ? Comment réagissent les Mauriciens ?  Voici notre dossier sur lexpress.mu

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