Éducation: entre études à distance et emploi de la technologie

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L’accès des enfants à la technologie est un facteur à considérer en cas de cours exclusivement en ligne en période de confinement.

L’accès des enfants à la technologie est un facteur à considérer en cas de cours exclusivement en ligne en période de confinement.

Depuis mardi dernier, les élèves des Grades 1 à 12 sont davantage restés à la maison que dans la cour de récré. La principale cause: la météo. Cette dernière a prédit que le mauvais temps allait persister et le ministère de l’Éducation a conséquemment suspendu les cours. Si avant-hier, les choses semblaient reprendre leur cours, le cyclone Herold, hier, a permis de prolonger les congés. À présent, allons encore plus loin. Avec la menace du Covid-19, plusieurs pays ont fermé leurs établissements scolaires, que ce soit pour les tout-petits comme pour les plus grands, y compris les universités. Et si, dans les jours à venir, Maurice subit les effets de ce virus, comment s’organiser au niveau de l’éducation ? La question a été posée à des éducateurs et pédagogues.

Pour Jacques Malié, pédagogue et ancien recteur du St-Esprit, ces quelques jours de congé n’ont pas nécessairement été profitables aux jeunes. «Avec cette cassure, certains ont mis les livres de côté. Il faut savoir qu’il y a deux sortes de groupes: celui où les jeunes sont bons et bien organisés et l’autre groupe, où les jeunes ont fait la pause.» Dans le cas où l’État envisage l’option de fermer les écoles, il faudra penser à l’éducation à distance. «Certains l’ont déjà mise en pratique, comme l’Open University, voire même certaines écoles pour les Grades 7 à 9. Ils ont mis en place tout un programme sur le Net.» Toutefois, pour Jacques Malié, rien ne peut être fait sans le soutien des parents. «Ils doivent assumer leur rôle: encadrer et conseiller les enfants.»

Écourter les vacances

Certes, il y a aussi une autre option, dit-il. Celle de convertir quelques jours des vacances scolaires en jours de travail. «On est à la veille des examens du premier semestre. Les professeurs ont fait comprendre qu’il leur reste peu de temps pour terminer le programme. Déjà qu’il faudra faire avec encore un jour de congé la semaine prochaine (NdlR, le 25 mars est un jour férié, célébration d’Ugaadi oblige)».

Le président de la Government Teachers Union (GTU), Vinod Seegum, opte lui aussi pour le remplacement des jours de classe perdus. Il en a même fait mention auprès du ministère de tutelle. «On nous a promis une réunion incessamment, pour justement parler de ce problème. Il faut savoir quel protocole sera appliqué.» Toutefois, le syndicaliste est peu enclin à l’utilisation de la technologie. «Il ne faut pas oublier que tous les Mauriciens n’ont pas accès à la technologie. La réalité est tout autre dans ce pays. Les poches de pauvreté existent.» Le président de la GTU soutient qu’il ne faut pas y avoir d’inégalité dans le système éducatif.

C’est aussi le ressenti de Faizal Jeerooburkhan. Le pédagogue propose même d’autres idées. «Pourquoi ne pas regrouper les jeunes qui n’ont pas accès à Internet dans un seul endroit? Les y faire venir en petits groupes, tout en leur donnant accès à ces facilités.» Il est aussi d’avis que les vacances scolaires devraient être écourtées afin de rattraper les cours perdus. «Et aussi, je propose d’utiliser la télévision pour justement proposer des cours spécialisés aux élèves. Bien sûr, il faudra rechercher les meilleurs enseignants. Et utiliser également la radio pour diffuser les cours.» Selon lui, ce sont des méthodes qui devraient marcher.

Zoom et Skype à la rescousse

Dans certaines écoles internationales payantes, on établit déjà un plan B pour parer un éventuel confinement. Dans ces écoles, on évoque la possibilité de mettre à profit Zoom et Skype, deux plateformes de visioconférence pour continuer les cours. Une autre option évoquée est le Student Support Programme, système de cours en ligne, élaboré par le MIE et l’Open University of Mauritius. Du côté du ministère de l’Éducation, une source officielle confirme que le système d’apprentissage à distance est une option qui peut être prise en compte si jamais les écoles doivent fermer. «L’enseignement à distance à travers des applications comme Zoomest une option à considérer mais nous n’en sommes pas là. Nous travaillons aussi sur un plan d’action que nous communiquerons aux écoles s’il le faut. Les écoles payantes sont libres d’agir, bien sûr.» Néanmoins, les écoles ont déjà été approchées et le préposé du ministère affirme que les campagnes de sensibilisation dans celles-ci ont déjà démarré. En ce qui concerne les régions où l’eau courante n’est pas accessible 24h sur 24h, le préposé assure que les réservoirs d’eau dans ces écoles sont bien contrôlés et remplis afin que les élèves puissent se laver les mains.

Un exemple d’adaptation

Depuis le 16 mars, la scolarité est flexible dans les institutions, dont Dukes-bridge. D’abord, tout enfant qui présente le moindre symptôme de grippe, gastro ou de fièvre dengue est invité à rester chez lui. Ensuite, même pour les enfants en bonne santé, être présents en classe est optionnel pour les trois prochaines semaines. Le fondateur de Dukesbridge, Rishi Nursimulu, indique qu’une plateforme en ligne pour le «homeschooling» a été mise en place. Ce, à travers un portail dédié aux parents. «Celui-ci permet aux parents de suivre le plan établi par les enseignants pour ladite période. On y trouve le guide des enseignants, des tutoriels vidéo au quotidien, des feuilles de travail à être imprimés et complétés, et la soumission en ligne des devoirs», explique-t-il. Et si un parent ne parvient pas à expliquer un concept à son enfant ? «Il peut envoyer un mél au Teacher Coordinator désigné pour le groupe d’âge de l’enfant en question. Dans le cas des élèves du primaire supérieur, les enseignants peuvent être en contact avec eux à travers la visioconférence. Par ailleurs, chaque jour, les coordonnateurs aident les parents davantage là où le besoin se fait ressentir.»

Autre méthode pédagogique à l’étude

François Mark, de la société AfriEDX, envisage de lancer le Home School Social Impact. Ce concept d’«e-learning» permettra aux jeunes de rester informés tout en utilisant le virtuel et la réalité pour avancer. «Tout sera installé dans un boîtier. Il permettra de dispenser des cours n’importe où à travers le monde.» Il soutient que les enseignants auront l’occasion de créer des contenus éducatifs et de les installer dans le boîtier. «Depuis 2019, nous avons ce projet. À la base, nous pensions aux pays peu développés pour installer ce boîtier car il n’a pas besoin nécessairement de l’Internet pour fonctionner.» Les documents relatifs à ce prototype ont été soumis au Mauritius Research Council.

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