Serge Labiche: «La NEF essuie plus de critiques que le ministère du Logement et des Terres»

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Serge Labiche, président du syndicat des employés de la National Empowerment Foundation.

Serge Labiche, président du syndicat des employés de la National Empowerment Foundation.

La National Empowerment Foundation (NEF) a une nouvelle fois été épinglée dans le rapport de l’Audit. Serge Labiche s’en défend.

Seules 102 maisonnettes sont prêtes sur les 291 prévues, selon le rapport de l’Audit. Qu’est-ce qui explique ce retard ?
Pour commencer, il faut dire que le directeur de l’Audit ne s’est pas attardé sur ce que nous faisons d’autre. La National Empowerment Foundation (NEF) ne s’occupe pas uniquement de construire des maisons pour les bénéficiaires. Nous avons plusieurs programmes et il n’a pas men-tionné nos autres services. Je pense que cela veut dire que nous faisons un bon travail sur ces autres projets. Pour la construction de maisons, il y a certaines choses à comprendre, les procédures ne sont pas aussi simples. Quand nous recevons des demandes, nous devons les soumettre à notre conseil d’administration. Ensuite il y a l’appel d’offres, il faut encore voir la liste des soumissionnaires et dans le cas où nous n’avons pas de soumissionnaires satisfaisants ou pas de candidats du tout, il faut relancer la procédure d’appel d’offres, ce qui prend du temps.

Un autre exemple: admettons que le conseil d’administration a approuvé une demande, il faut encore que le permis de construction soit ratifié par les collectivités locales, ce qui prend 21 jours. Ensuite il nous faut les permis du CEB, de la WWMA et de la CWA, entre autres. Il arrive que la mairie n’accepte pas notre plan de construction et là il nous faut le refaire. S’il y a des retards de chantier, ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur. C’est hors de notre contrôle. Parfois, il y a un manque de coordination entre les différents ministères et services. Il y a même des contradictions parfois. Que pouvons-nous y faire? Nous devons nous suivre les directives.

Avez-vous informé la direction de ces contradictions ?
On en a parlé avec la direction mais il n’y a pas eu de changement important. Il y a des efforts faits sur certains projets mais pas pour tous les chantiers. Cette coordination entre les services est nécessaire pour faire avancer au plus vite les dossiers. En tant qu’employés, nous ne pouvons parfois pas faire grand-chose et les gens qui viennent au bureau nous insultent à cause des retards ou des complications, mais nous ne pouvons vraiment rien faire. Les employés de la NEF sont sur le terrain, incluant Rodrigues, où nous sommes environ 150 employés, mais certaines choses sont vraiment hors de notre contrôle. En ce qui concerne le nombre d’employés, le recrutement se fait régulièrement. Dans certains départements il y a en effet un manque d’effectifs. Toutefois, ce n’est pas une généralité.

L’année dernière, les informations du ministre contredisaient celles du rapport de l’Audit. Y existe-t-il encore des doutes cette année ?
Les officiers du bureau de l’Audit viennent à des moments précis pour récolter leurs informations mais les choses bougent en permanence. Il y a aussi l’année financière et l’année calendaire. Leurs chiffres sont souvent basés sur l’année financière. Ceci dit, parfois j’ai l’impression que la NEF et le ministère de l’Intégration sociale reçoivent plus de critiques concernant les logements que le ministère concerné, celui du logement et des Terres. Nous avons d’autres activités, comme je l’ai dit.

Est-ce le manque de fonds qui explique ces retards ou la non-réalisation de certains projets ?
Non, je ne pense pas. Notre budget est toujours approprié mais ce sont les procédures administratives qui sont longues. Vous savez, parfois il y a des contractuels sélectionnés pour des projets qui ne viennent pas sur le chantier par la suite. Il y a un manque de main-d’œuvre sérieuse pour entreprendre les travaux. Nous évoquons souvent de problème mais ca tombe parfois dans l’oreille de sourds.

La NEF est censée aider les gens les plus pauvres. Les employés se sentent-ils vraiment investis de cette mission ? Oui, tous les employés de la NEF sont motivés. Nous savons comment faire notre travail, en particulier sur le terrain. Nous menons tous nos projets à bien, surtout en ce qui concerne les enfants venant de familles pauvres, à travers nos divers programmes dont la distribution de matériel scolaire, la child allowance et la distribution d’uniformes, entre autres. Il y a aussi le suivi des enfants à faire: Vont-ils à l’école ? Ont-ils tout ce dont ils ont besoin ? Même dans les cas d’inondations, les employés de la NEF vont faire des inspections. Nous avons la volonté de faire bien notre travail et nous prenons nos responsabilités, qu’il pleuve ou qu’il fasse ‘gros soleil’.

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