Covid-19: le secteur touristique se prépare au pire

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On constatera de moins en moins de touristes déambulant dans les rues de la capitale à cause du coronavirus et des restrictions imposées aux passagers.

On constatera de moins en moins de touristes déambulant dans les rues de la capitale à cause du coronavirus et des restrictions imposées aux passagers.

Premier secteur à faire directement les frais de la pandémie du Covid-19, le tourisme va prendre un coup de massue avec la restriction d’accès au territoire mauricien aux passagers venant de l’Union européenne et de La Réunion. Avec le nombre décroissant d’arrivées touristiques de pays pourvoyeurs, les recettes s’amenuisent dans la trésorerie des hôtels. La posture, à ce week-end, était de ne pas céder à la panique mais plutôt de se préparer psychologiquement à mieux faire face au pire, à savoir une réduction substantielle du nombre d’arrivées touristiques. 

«Lors d’une réunion, témoigne un employé d’hôtel qui n’a pas désiré parler à visage découvert, la direction nous a bien fait comprendre qu’il faut s’attendre à des mesures drastiques au cas où le nombre d’arrivées se détériore. Nous allons nous serrer la ceinture. L’une de ces mesures est la révision de l’allocation des heures supplémentaires.» 

Un grand groupe hôtelier a, par ailleurs, déjà mis en place un protocole pour parer à toute éventualité au cas où la situation empire. La volonté de communiquer non seulement avec les employés mais également avec l’opinion est à l’ordre du jour de ses priorités. 

Dans une déclaration publiée sur la page web de l’express en date du 14 mars, Jocelyn Kwok, Chief Executive Officer de l’Association des restaurateurs et des hôteliers de l’île Maurice, n’a pas hésité à évoquer le spectre du chômage technique. Il s’agit d’une situation où une entreprise est contrainte de réduire le temps de travail à la suite d'une circonstance dont elle ne peut contrôler les effets sur son mode d’opération. 

Moins de recettes

Puisque les revenus des hôtels dépendent essentiellement des arrivées touristiques, toute annulation en raison du coronavirus signifie moins de recettes pour les hôtels. Bref, difficulté à faire face aux obligations courantes, dont le versement des salaires aux employés. En dépit des mesures annoncées vendredi 13 mars par Renganaden Padayachy, ministre des Finances, le maître de la situation n’est ni plus ni moins que le coronavirus, qui frappe n’importe où dans le monde sans prévenir. 

L’enregistrement de 800 nouveaux cas de Covid-19 en France n’est certainement pas une nouvelle qui réjouit les opérateurs hôteliers. Pour cause ? Selon les derniers chiffres de Statistics Mauritius pour le mois de février, la France est solidement ancrée à la première place loin devant l’Allemagne, La Réunion et le Royaume-Uni en termes d’arrivées touristiques. Le nombre répertorié pour ce seul mois s’élève à 34 244. 

L’Allemagne arrive en deuxième position avec 13 058. Ce pays, qui affiche plus de 4 500 cas, vient de demander aux transfrontaliers français de ne pas venir travailler sur son sol. La Réunion vient d’enregistrer son septième cas. Et si le gouvernement applique des mesures drastiques d’interdiction à l’égard des touristes arrivant de France et de La Réunion, le tourisme, tant à Maurice qu’à Rodrigues, sera drastiquement affecté. 

18,8 % d’arrivées en moins

La tendance à la baisse, attendue principalement à cause de la propagation du Covid-19, a été notée dans le dernier rapport de Statistics Mauritius, rendu public le 13 courant. Le nombre d’arrivées touristiques pour février est passé de 137 419 à 111 560, 18,8 % de moins. 

L’Italie – qui, selon les données de février, arrive en huitième position derrière la France avec une part de marché de 2,6 % – a vu ses arrivées touristiques chuter de 35 %, passant des 4 526 en janvier à 2 944 en février. Le site francetvinfo.fr, citant le journaliste Alban Mikoczy d’Italie, indique que le nombre de décès s’élève à près de 1 500 et que l’âge ne constitue pas une protection naturelle contre les attaques du coronavirus. 

La République populaire de Chine, d’où le Covid-19 est parti, n’a fait entrer que 194 de ses ressortissants sur le territoire mauricien en février, contre 4 771 en janvier. Ce qui équivaut à une baisse de 96 %. Un véritable coup dur pour les opérateurs locaux car les touristes chinois sont réputés pour dépenser l’argent apporté pour leur déplacement. 

Danger international

C’est le 30 janvier que l’Organisation mondiale de la santé a décrété le coronavirus un danger de dimension internationale pour la santé publique. Le 11 mars, le Covid-19 a obtenu le label de pandémie, pouvant ainsi atteindre n’importe quel pays. 

S’il est vrai que, vendredi, le ministre des Finances est venu de l’avant avec un ensemble de mesures pour soutenir les opérateurs économiques et rendre l’économie nationale plus robuste et résistante aux effets associés au coronavirus, il est aussi vrai que la santé publique risque fort de prendre le pas sur la santé économique du pays. La ruée vers les étagères des supermarchés ce week-end pour constituer un stock de produits alimentaires est un facteur qui renforce la thèse que la santé publique a peut-être déjà pris le dessus sur les préoccupations financières ou économiques, du moins au niveau du grand public.

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