Tennis: la star russe Sharapova tire sa révérence

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La Russe Maria Sharapova victorieuse du Tournoi de Roland-Garros, le 9 juin 2012 à Paris Photo PATRICK KOVARIK. AFP

La Russe Maria Sharapova victorieuse du Tournoi de Roland-Garros, le 9 juin 2012 à Paris Photo PATRICK KOVARIK. AFP

«Tennis - je te dis adieu»: c’est sur ce clap de fin théâtral que la Russe Maria Sharapova a quitté mercredi à 32 ans le sport dont elle a été une vedette durant 18 ans avec son physique hollywoodien, ses titres et sa suspension pour dopage.

Femme d’affaires qui fait depuis longtemps fructifier son image, c’est par une tribune publiée d’abord sur le site du magazine de mode Vogue, avant d’être postée sur les réseaux sociaux, que la grande blonde (1,88 m) a officialisé une décision qui semblait devenue inéluctable.

«Tout au long de ma carrière, +Est-ce que ça en vaut la peine?+ n’a jamais été une question. Dernièrement, ça l’était en permanence», explique la Russe dont les dernières années de représentations ont été plombées par les blessures.

Suspendue 15 mois pour dopage (meldonium) en 2016, Sharapova n’est jamais parvenue à retrouver le niveau qui était le sien avant cette interruption.

«Un an et demi loin du tennis ça a été terrible, ça lui a porté un coup. C’est pour ça qu’elle a mis un terme à sa carrière prématurément», a estimé le président de la Fédération russe de tennis Shamil Tarpishev, cité par l’agence RIA Novosti.

Ex-N1 mondiale redescendue au 373e rang mondial, Sharapova restait ainsi sur quatre défaites consécutives, dont des éliminations aux premiers tours de l’US Open 2019 face à Serena Williams et de l’Open d’Australie 2020 contre la Croate Donna Vekic, son dernier match.

Cris

Mais, contrairement à sa compatriote Anna Kournikova qui avait très tôt échangé son costume de joueuse pour celui de starlette, Sharapova a marqué le circuit féminin par des résultats spectaculaires obtenus à force de hargne bruyante. Les cris stridents qui accompagnaient chacune des frappes de la diva résonneront encore longtemps sur les plus grands courts du monde où elle a écrit quelques pages du tennis mondial.

Elle est ainsi l’une des rares joueuses à avoir remporté les quatre tournois du Grand Chelem: Wimbledon (2004), US Open (2006), Open d’Australie (2008) et Roland-Garros (2012 et 2014) pour un total de 36 titres et 21 semaines au sommet de la hiérarchie mondiale entre le 22 août 2005 et le 8 juin 2012.

«Elle a eu une sacrée carrière ! Evidemment, elle était derrière Serena (Williams), mais elle est probablement la meilleure après Serena», a estimé mercredi le Grec Stefanos Tsitsipas qui a des origines russes par sa mère. «Elle a beaucoup apporté à notre sport», a-t-il ajouté en marge du tournoi de Dubai.

En carrière, Sharapova a ainsi gagné 38,8 M de dollars. Seules les soeurs Serena et Venus Williams (respectivement 92,7 et 41,8 M dollars), ont gagné plus d’argent qu’elle sur un court de tennis.

La petite fille née le 19 avril 1987 à Nyagan, dans la plaine de Sibérie occidentale à plus de 1700 km de Moscou, a également vécu un rêve américain en marge de sa carrière sportive.

Rêve américain

«A six ans, j’ai traversé la planète jusqu’en Floride avec mon père (...) Tout me semblait immense, tout comme l’étaient les sacrifices de mes parents», se souvient-elle dans Vogue.

Ces sacrifices ont porté leurs fruits puisque de 2005 à 2015, la Russe s’est maintenue au sommet, non pas du classement WTA, mais de la liste Forbes des sportives les mieux payées. Ce mercredi, le magazine estimait sa fortune à 325 millions de dollars, en comptant ses gains en tournois, ses différentes interventions mais aussi et surtout ses partenariats commerciaux. Seule Serena Williams a fait mieux avec, à ce jour, 350 millions de dollars.

En 2019 encore, malgré de faibles gains en tournois (1 millions de dollars) à cause des blessures qui ne lui ont permis de disputer que 18 matches, elle a touché 6 millions de dollars de contrats publicitaires pour un total de 7 M USD qui en faisait encore la 7e joueuse de tennis la mieux payée de l’année.

«La beauté fait vendre. Je sais que c’est en partie pour ça que les gens me veulent et ça me convient. Je ne vais pas me rendre laide exprès», avait-elle commenté un jour.

En 2019, elle était liée à Nike, Porshe, Head, Evian et Tag Heuer. Elle a également investi en 2016 dans l’UFC, principal organisateur de MMA, et a lancé en 2012 sa propre marque de bonbons Sugarpova.

Après Wozniacki en janvier, Sharapova est le deuxième grand nom du tennis à quitter définitivement le circuit en 2020.

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