Le coronavirus se propage notamment en Europe, semant de fortes inquiétudes

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Tente médicale dite de "triage" devant l'hôpital Santa Maria Nuova à Florence, le 25 février 2020 Photo Carlo BRESSAN. AFP

Après l’Italie, le nouveau coronavirus se propage désormais à travers l’Europe, suscitant de fortes inquiétudes et mettant le continent sous pression pour contenir l’épidémie dont le nombre de morts s’est encore accru mercredi en particulier en Iran.

Pour la première fois, le nombre quotidien de nouvelles contaminations par le nouveau coronavirus dans le monde a dépassé celui enregistré en Chine, d’où est partie l’épidémie en décembre, a annoncé mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), faisant état de 411 nouveaux cas mardi en Chine contre 427 cas ailleurs dans le monde.

Le nouveau coronavirus est apparu depuis mardi dans plusieurs nouveaux pays européens : Autriche, Suisse, Croatie et Grèce, ainsi qu’en Algérie. La France a annoncé mercredi son premier mort français et un cas suspect a été détecté pour la première fois en Amérique latine, au Brésil.

Le Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, une quarantaine de nations où elle a fait une cinquantaine de morts et près de 2.800 contaminations. Mais l’épidémie semble avoir atteint un pic en Chine: les autorités ont annoncé mercredi 52 nouveaux décès en 24 heures contre 71 la veille, le chiffre le plus bas depuis plus de trois semaines.

«Pas de panique»

En Autriche en revanche, deux premiers cas ont été détectés mardi dans un hôtel d’Innsbruck, au cœur des Alpes: un couple d’Italiens venus des environs de Milan, région la plus touchée d’Italie.

En Croatie, c’est un jeune homme ayant séjourné à Milan qui est devenu le premier cas du pays, et des Balkans. Son frère est devenu mercredi le 2e cas confirmé. En Suisse, le premier cas concerne aussi un homme revenu de la région de Milan, tandis qu’en Grèce, une femme de 38 ans ayant voyagé en Italie du Nord a été contaminée.

En Afrique, un Italien arrivé le 17 février en Algérie est devenu la deuxième personne infectée du continent après un premier cas en Egypte.

L’Italie, le pays européen le plus touché avec plus de 370 cas et 12 morts, apparaît donc comme une plateforme de diffusion du virus, conduisant plusieurs capitales à déconseiller de s’y rendre et à encadrer le retour des personnes y ayant séjourné, bien que ses voisins se soient engagés à garder leurs frontières ouvertes.

Mais les autorités appellent à ne pas céder à la panique. La diffusion du coronavirus en Italie et en Europe est «un motif d’inquiétude» mais «nous ne devons pas tomber dans la panique», a déclaré mercredi à Rome la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides. Elle a cependant appelé les pays européens a «se préparer à une augmentation des cas et à bien se coordonner».

Rugby or not rugby

Ainsi la France, où le dernier cas concerne «un Français qui rentre d’un séjour en Lombardie», «invite» ses ressortissants à éviter les régions d’Italie à risque.

La Russie a aussi déconseillé à ses citoyens de se rendre en Italie, mais aussi en Iran et en Corée du Sud.

En Irlande, les autorités sanitaires ont recommandé l’annulation du match de rugby devant opposer l’Irlande à l’Italie le 7 mars à Dublin dans le Tournoi des six nations.

Evénements culturels ou sportifs annulés, économie en berne et dégringolade des marchés financiers : au niveau planétaire, l’épidémie et ses conséquences inquiètent l’OMS. Le monde n’est «tout simplement pas prêt» à y faire face, a averti mardi Bruce Aylward, l’expert qui dirige la mission conjointe OMS/Chine.

En Corée du Sud où la situation est «très grave», selon son président Moon Jae-in, le nombre de contaminations a encore bondi pour dépasser le millier de cas.

Le pays, qui dénombre 12 morts selon le dernier bilan, est le premier foyer mondial de contamination après la Chine. Le bilan s’élève à 1.261 personnes touchées, après l’annonce de 284 nouveaux cas dont un soldat américain.

«Ouvrir la bible»

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que le monde restait menacé de «pandémie», à savoir une épidémie d’ampleur internationale. Cette agence de l’ONU s’inquiète particulièrement des risques pour les pays pauvres, mal équipés pour dépister et combattre le nouveau virus.

Téhéran a annoncé mercredi 4 nouveaux décès et 44 nouveaux cas, portant son bilan à 19 morts et 139 cas, le plus lourd en dehors de la Chine. Le vice-ministre de la Santé en personne, Iraj Harirchi, a été contaminé.

Dans un contexte de vives tensions entre Washington et Téhéran, l’Iran a accusé mercredi les Etats-Unis de répandre «la peur».

«Nous ne devrions pas laisser l’Amérique ajouter un virus, appelé la peur extrême (...), au coronavirus», a déclaré le président iranien Hassan Rohani répliquant ainsi au secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo qui avait appelé la veille l’Iran à «dire la vérité» au sujet de l’épidémie en Iran.

A Rome, le pape François a exprimé mercredi sa proximité avec les personnes contaminées, tout en appelant, pour désamorcer les fausses rumeurs et la peur, à «éteindre la télévision et ouvrir la Bible».

En Chine, outre les cas mortels, le décompte quotidien des contaminations est aussi en baisse : 406 nouveaux cas annoncés mercredi contre 508 la veille. Tous, sauf cinq, sont intervenus au Hubei, province de 58 millions d’habitants sous quarantaine depuis un mois. Au total, le virus a contaminé quelque 78.000 personnes en Chine, dont plus de 2.178 en sont mortes.

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