Motards de la police: excès de zèle?

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Une photo de Lindsay Mootien prise à l’époque où il était motard.

Une photo de Lindsay Mootien prise à l’époque où il était motard.  

Est-il vraiment nécessaire pour nos VVIP de se faire escorter par des motards de la police ? Qui roulent à 100 à l’heure, voire bien plus? La question revient une fois de plus sur le tapis après l’accident impliquant Saumduth Raghoobeer, à hauteur de Trianon, le mardi 11 février, alors qu’il faisait partie du cortège présidentiel.

Selon l’ancien président de la République par intérim, Barlen Vyapoory, oui, les motards sont importants. «Ils permettent d’arriver à l’heure aux fonctions, même en cas d’embouteillage. Ces motards aident à frayer un passage pour nous. De ce fait, nous sommes à l’heure et le public n’a pas à attendre…» Oui mais de là à déranger tous les autres automobilistes, à provoquer des accidents? Barlen Vyapoory soutient que «c’est malheureux ce qui s’est passé mardi». Dans son cas, «des incidents mineurs ont surgi durant son mandat, mais rien de très grave»... Pour sa part, Cassam Uteem, ancien président de la République, n’a pas voulu réagir longuement sur le sujet, si ce n’est que pour dire que «c’est comme ça dans tous les pays du monde».

Lindsay Mootien faisant un baisemain au pape Jean-Paul II lors de sa visite à Maurice en 1989.

Les motards escortant les personnalités, dont le Premier ministre et le vice-Premier ministre, sont tous issus de la Traffic Branch. «Ils font partie de ceux qui manient les grosses cylindrées. Ils intègrent par la suite la Very Important Person Security Unit (VIPSU) et sont formés par les anciens qui sont, eux, dans le Prime Minister’s Group.»

Les motards sont en outre coachés par des experts internationaux, Réunionnais et Japonais, notamment. Cependant, les motards, qui escortent le président et le vice-président de la République, sont, eux, toujours affectés à la Traffic Branch. «Ils ont déjà une formation et un bagage. Mais ils apprennent surtout sur un day-to-day basis, quand ils sont sur le terrain.»

Lindsay Moutien a été motard trente années durant. Et il a pris sa retraite en janvier 2000. Aujourd’hui âgé de 71 ans, l’ancien policier soutient que c’est un métier dangereux. «Il y a beaucoup plus de morts chez les motards qu’au sein d’autres unités de la police. C’est pourquoi nous avons toujours réclamé une assurance spéciale pour nous. Mais on ne l’a jamais eue. Je connais moi-même, personnellement, plusieurs motards qui sont morts sur la route, en fonction...»

Lindsay a escorté plusieurs hautes personnalités et dignitaires, dont le pape Jean-Paul II ou encore sir Anerood Jugnauth (SAJ), quand il était Premier ministre et plusieurs présidents d’autres pays lors de leur venue à Maurice. «Je me rappelle un accident très grave qui s’est produit devant mes yeux. On escortait SAJ, il sortait d’une réunion dans sa circonscription, Piton-Rivière-du-Rempart. Nous étions sur la route, près du château Labourdonnais. Vous savez, entre motards, on se relaie à tour de rôle. Il y a l’éclaireur, un autre devant le cortège et encore un autre pour fermer le cortège. Kan premié areté pou donn signal, lot-la al devan, li alé mem koumsa.»

Lindsay Moutien se rappelle qu’il faisait signe à un motocycliste de s’arrêter et de ralentir. «Mais au contraire, celui-ci a accéléré. Il a été frappé de plein fouet par le deuxième motard. Le motard et le motocycliste ont été gravement blessés, tandis que la femme de celui-ci a été tuée sur le coup. Nous avions transporté les blessés à l’hôpital du Nord à bord de l’escort car

Mais est-ce bien nécessaire d’avoir des motards pour escorter les VVIP ? «Non. Je vais vous dire comment les motards sont ‘apparus’.» Cela remonte à quand Ramgoolam père occupait le poste de Premier ministre. «Lorsqu’il se rendait à son bureau, il était souvent pris dans des embouteillages. Il avait alors fait la demande auprès du Commissaire de police, à l’époque, pour se faire escorter. Lerla enn motar finn vinn dé, lerla inn gagn osi escort car. Sé la ki travay escort inn koumansé.» Avant cela, seuls les présidents et les personnalités étrangères en visite chez nous y avaient droit.

Quid de la limitation de vitesse ? Le retraité soutient qu’il est primordial de respecter le code de la route. «En cas d’accident, ce sera à nous de répondre. Mais je me rappelle que l’on faisait dans les 110 km/h même dans des villages.» D’autres sources actuelles soutiennent qu’ils roulent entre 110 à 120 km/h en temps normal. «Lor lotorout, nou abitié al ziska 200 km/h, mem 220 km/h, dépandan lor nou VIP. Parfwa ena bien présé, bizin rant aler... »

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