Post SC-HSC: les universités privées déploient les grands moyens

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Des étudiants se rendant aux renseignements lors d’une foire universitaire en février 2019.

Des étudiants se rendant aux renseignements lors d’une foire universitaire en février 2019.  

Campagnes massives, nouvelles formations taillées sur mesure, ciblage des étudiants... Autant de manœuvres préconisées par les universités privées à la suite des résultats du Higher School Certificate (HSC) et du School Certificate (SC)…

«La différence pour la rentrée 2020 est l’introduction de nouveaux programmes tels que l’intelligence  artificielle,  la  Fin-Tech  et la communication», déclare le Dr. Nittin Essoo, directeur de Rushmore Business School, qui recrute entre 450 à 500 étudiants annuellement. En ce moment, ils sont nombreux les établissements supérieurs privés qui mènent une campagne  agressive de recrutement.  «Les inscriptions sont en cours pour l’International Foundation Programme, le BA  (Hons)  Business  Management, entre autres. Comme la majorité des programmes ont des places limitées, l’inscription sera achevée d’ici les deux prochaines semaines. Nos campagnes pour l’admission de septembre débuteront un peu plus tard ce mois-ci», confirme la professeure Mari Jansen Van Rensburg, Campus Director de Middlesex University Mauritius.

La diffusion des résultats du secondaire, couplée à la demande croissante des étudiants, a d’ailleurs nécessité une seconde  période d’inscription en  février, ajoute-t-elle.  De son côté,  Kanya Santokhee,  Head of Marketing de Curtin Mauritius, affirme que cette stratégie s’active surtout pour ces jeunes qui visent une qualification internationale, notamment australienne auprès de  cette  institution. Qui est ciblé par ces recrutements? Désormais, la majorité des universités privées s’orientent vers les plus jeunes étudiants, notamment les détenteurs du SC. «Nous avons des pathways pour les SC school leavers. Par exemple,  ils  peuvent  compléter des certificats et diplômes avant d’intégrer des formations en vue d’obtenir des licences. Si l’élève ne détient que le SC, rien n’est perdu», précise-t-elle.

Ces offres sont actuellement décuplées  auprès de  cette catégorie de la  population   estudiantine.  Par exemple, à Rushmore Business School, les détenteurs de trois credits peuvent adhérer à un Level 3 Foundation Certificate en marketing ou des Level 3 Diplomas en informatique, Tourism and Hospitality et des diplômes en spa. Certes, les cours sont taillés sur  mesure pour répondre aux  exigences et développements du marché, assure Nittin Essoo. D'ailleurs, une autre innovation est qu'avec le SC, les élèves peuvent intégrer l'Association of Chartered Certified Accountants (ACCA) à travers le cours de Foundation in Accountancy.  Après l’obtention des certificats et diplômes, les jeunes peuvent enchaîner avec une  formation pour  la  qualification ACCA elle-même. Ces  démarches  s’accélèrent-elles depuis la  gratuité des universités publiques instituée depuis le 1er janvier 2019 ? Les responsables d’établissements privés déclarent que leur marché est différent puisqu’il vise plutôt la certification internationale. À l’inverse, indique le directeur de Rushmore Business School,  qui propose des diplômes britanniques, les cours gratuits dans les établissements publics se focalisent plus sur des qualifications locales. Toutefois, tous les parents ne peuvent se permettre de financer des études à portée internationale. «Pour trois ans, une licence coûte Rs 660 000. Néanmoins, on n’a pas  senti  l’impact  de la  gratuité»,  précise  Kanya Santokhee.  D’ailleurs, Mari Jansen Van Rensburg dénote une croissance d’inscriptions en dépit de la  gratuité des universités  publiques. «Sur 37  pays, Maurice  représente 45 % de notre population estudiantine. Nos programmes sont aussi  considérés comme étant abordables  comme  ils coûtent 50 % moins cher comparés au tarif britannique», estime-t-elle. Par conséquent, expliquent nos interlocuteurs, les universités privées  s’alignent davantage comme une alternative qu’un compétiteur féroce au système public, de par un «business model» différent et l’accession  internationale. Au total, une cinquantaine d’universités privées opèrent à Maurice. En 2018,  la Tertiary  Education Commission avait recensé un nombre de  12  150  étudiants inscrits dans le circuit privé,  dont la majorité en comptabilité et administration.

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