1917: un (faux) plan séquence réussi

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La note: 7/10

Encore trois oscars dans l’escarcelle de Sam Mendes. 1917, son film consacré à la Première Guerre mondiale, était nominé dans 10 catégories dont celles du Meilleur Film, du Meilleur Réalisateur et du Meilleur Scénario. Finalement, 1917 est reparti avec trois statuettes, notamment la Meilleure Photographie, le Meilleur mixage de son et les Meilleurs Effets Visuels. Qu’est-ce qui le démarque donc des milliers d’autres films sur le même sujet ? Levée de rideau...

 
 

Après deux James Bond (Skyfall et Spectre), Sam Mendes a décidé de changer de genre. 1917 est inspiré des histoires que le grand-père du réalisateur, qui était lui-même au front pendant la Grande Guerre, lui a racontées. Deux soldats britanniques ont pour mission d’apporter un message à un bataillon du régiment Devonshire, en passant à travers les lignes ennemies en parcourant le no man’s land, des villages perdus et autres fermes abandon-nées. Pour corser l’affaire, le frère de l’un d’eux fait partie de ce régiment de 1 600 soldats qui vont vers une mort certaine si les deux héros n’arrivent pas à temps...

L’Oscar de la meilleure photographie, 1917 ne l’a pas volé. Le film, qui dure deux heures, est composé de deux (faux) plans séquences. Pas de coupures, du moins pas apparentes. Ce procédé est rendu possible par le fait que le film, qui dure deux heures, se passe en moins de 24 heures. La seule ellipse est donc pour passer du jour à la nuit. Et c’est l’ingrédient principal de la réussite de ce film...

Niveau dialogue, rien de transcendant. Jeu d’acteurs, bien mais sans plus. S’agissant des costumes, il n’y a rien d’autre que des uniformes kakis. Mais la technique utilisée par Sam Mendes pour suivre les deux protagonistes relègue tous ces points au second plan. Si le procédé est surprenant, voire lassant, au début, l’effet voulu par le réalisateur est vite atteint. Peu à peu, le spectateur atterrit aux côtés des deux protagonistes. Il traverse les tranchées avec eux. Il se mêle non seulement à leur situation, mais commence à les comprendre. Pourquoi l’un est irrité par les blagues à deux balles et pourquoi l’autre tient à une médaille, par exemple. Mais le plan séquence interminable a hélas ses limites. Il faut faire des efforts pour ne pas se prêter au jeu de «kot li’nn koup zimaz-la» et essayer de savoir quand Sam Mendes a dit «coupez» sur le plateau de tournage et ce qui a été fait au montage.

Puis, dans 1917, il n’y a pas de scènes de guerre. Par moments, on a même l’impression d’être devant une œuvre inspirée des écrits de Jane Austen. Il y a des prés à perte de vue, il y a des fermes abandonnées, il y a des rivières, il y a même des cerisiers en fleur et des seaux de lait. Comme c’est un film de guerre, les prises de vue en travelling dans les tranchées sont légion. Mais pas de batailles et pas de sang (ou si peu)... Une des seules scènes de destruction, un village en feu, est un jeu d’ombres presque onirique, mais on évitera ici de dire que la guerre est poétique... L’ennemi, lui, est comme les résolutions du Nouvel An. Omniprésent dans le discours et l’atmosphère, il n’apparaît que très rarement concrètement à l’écran. L’attention reste donc braquée sur les acteurs et le spectateur n’arrête pas de les suivre. Quant aux cadavres, ils sont placés stratégiquement pour faire partie de ce décor souvent dominé par une seule couleur. Choix fait exprès pour ne pas distraire le spectateur du principal : le ressenti des héros.

Et n’attendez pas de grands discours humanistes sur les méfaits de la guerre, il n’y en a pas. Mais lors du générique de la fin, Sam Mendes a accompli sa mission. Un bon film, qui fait ressentir au spectateur les mêmes émotions que les acteurs et ce, de par sa manière de filmer.

Pour résumer, 1917 repose uniquement sur la technique, d’où la note.

En salles

Birds of Prey(et la Fantabuleuse histoire d’Harley Quinn)

 
 

Le film en une ligne: Après sa séparation du Joker, Harley Quinn doit maintenant survivre sans la protection de ce dernier. Et alors que tout Gotham veut sa peau, elle est mêlée à une histoire de vol de diamants et de gros sous...

De: Cathy Yan

Avec: Margot Robbie, Mary Elizabeth Winstead, Jurnee Smollett-Bell, Rosie Perez, Chris Messina, Ella Jay Basco, Ali Wong, Ewan McGregor

Durée: 1 h 50 min

Samsam

 
 

Le film en une ligne: Tout le monde sur cette planète lointaine a un super-pouvoir, sauf Samsam, qui va quand-même devoir se battre contre un monstre...

De: Tanguy De Kermel Voix : Isaac Lobé-Lebel, Lior Chabbat, Jérémy Prevost, Sébastien Desjours, Léopold Vom Dorp, Victoire Pauwels

Durée: 1 h 20 min

Malang

 
 

Le film en une ligne: Pris de pulsions meurtrières après son séjour en prison, Adavit prévient la police de qu’il a prévu de faire, mais il n’est pas pris au sérieux...

De: Mohit Suri

Avec: Aditya Roy Kapur, Disha Patani, Anil Kapoor, Kunal Khemu

Durée: 2 h 20 min

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