Cette année, je m’engage dans le social

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Rencontre avec deux personnes pour qui l’engagement social est un choix de vie. (De gauche à droite) Livio Bien-aimé et Mario Agathe.

Rencontre avec deux personnes pour qui l’engagement social est un choix de vie. (De gauche à droite) Livio Bien-aimé et Mario Agathe.

L’idée d’«engagement citoyen» s’applique à plusieurs actions. Au-delà de l’implication bénévole dans des projets sociaux, chercher de l’emploi en milieu associatif, plutôt que dans le secteur public ou privé, est une forme d’engagement citoyen. Moduler son mode de vie en fonction de l’impact social positif que l’on souhaite avoir l’est aussi : par exemple, faire du tri sélectif ou recycler ses vieux objets. Rencontre avec deux personnes pour qui l’engagement social est un choix de vie.

Livio Bien-aimé: La vie, passionnément

Le partage d’expériences humaines profondes est ce qui motive Livio Bien-aimé, 30 ans, à évoluer dans le domaine du social depuis une dizaine d’années. Pour lui, un simple survol des choses, des relations, du monde, a moins d’attrait que de les vivre en direct ! Livio fonctionne avec passion et se nourrit constamment de tout ce qui peut l’aider à se construire. Dans une ONG, les réalités sont crûment exposées, les enjeux sont tangibles et l’impact sur la vie des personnes touchées peut être très percutant !

Le jeune homme, détenteur d’une licence en Tourism, Leisure and Recreation Management et d’un Post-Graduate Diploma en Communication et Relations Publiques, travaille depuis 2018 comme animateur des thérapies et de la prévention sur les drogues auprès de jeunes bénéficiaires du Centre Frère René Guillemin.

«Me joindre à cette équipe a été un retour à mes motivations d’origine. J’ai grandi dans un quartier où la drogue faisait des ravages parmi des jeunes, des amis avec qui je jouais quand j’étais enfant. Je ne sais pas exactement ce qui a fait que j’ai eu un parcours de vie différent. Au début, de toute façon, je ne me suis pas trop posé ce genre de questions. La drogue était tellement présente autour de moi que le problème était un peu banalisé. J’ai poursuivi ma route, entamé mes études supérieures…»

Mais alors que Livio évolue en s’enveloppant naturellement de qualités d’empathie et de compassion, un besoin urgent d’action surgit chez lui. Et un jour, il participe, encouragé par un ami, à un séminaire résidentiel pour des jeunes au centre Lakaz A du Groupe A de Cassis, qui accueille, accompagne et soutient des personnes vivant avec le VIH, des travailleurs du sexe et des personnes dépendantes aux drogues. «Cette session m’a donné l’envie d’acquérir de nouvelles compétences et je me suis inscrit à plusieurs formations – spirituelles ou non – en leadership et en renforcement de capacités, notamment.»

À partir de ce moment, il commence à animer des sessions auprès des jeunes de Lakaz A. «Ma vision des personnes dépendantes aux drogues évolue encore. Je me suis mis à voir la souffrance derrière les substances, pour la personne elle-même et pour ses proches. Si la personne essaie d’échapper à sa souffrance en prenant des substances, les parents eux, n’y échappent pas, car ils restent ancrés dans la réalité…»

Au bout de trois ans, il souhaite mettre ses compétences en communication au sein d’une ONG et approche Caritas Ile Maurice, auprès de qui il est déjà engagé à temps partiel en tant que Project Coordinator, et leur propose de s’occuper de leur communication. Il y met en place pas mal d’actions concrètes, dont des formations en communication, et une stratégie de mobilisation des ressources adaptée d’une formation qu’il a eu l’opportunité de suivre au Kenya.

Après encore trois ans, il rejoint l’équipe du Centre Frère René Guillemin et prend ses fonctions à la suite de trois mois intenses de formation à Madagascar au sein d’un établissement psychiatrique, «des semaines que je vis dans la peau d’un patient et qui m’amènent à avoir une vision encore plus profonde des personnes souffrant d’une addiction».

De retour à Maurice, il anime, depuis l’an dernier, des ateliers artistiques auprès de jeunes dépendants aux drogues synthétiques, dans des objectifs bien concrets : les conduire à une réflexion plus élargie sur le monde tel qu’ils le voient, les amener à faire face à la réalité, les aider à développer en eux des capacités d’empathie, d’entraide, de patience, d’écoute, et de prise de responsabilité.

Pour soutenir le centre Frère René Guillemin, basé à Pamplemousses, dans son travail auprès de jeunes dépendants aux drogues synthétiques : 249-5339 | [email protected]





Mario Agathe: bouger pour soi et pour les autres

Pour Mario Agathe également, la ferveur de l’engagement vient tout naturellement du quartier où il grandit – à Berthaud – et où une forte mobilisation communautaire s’active pour faire bouger des choses, notamment par rapport aux problèmes d’infrastructure et un manque de loisirs. Dès les années 70, en pleine adolescence, il se joint aux ailes jeunes de différents groupes sociaux dans l’optique d’apporter sa petite pierre à des améliorations de la qualité de vie des habitants du quartier, en particulier des jeunes. La promotion du sport et des loisirs sains et une certaine forme d’accompagnement scolaire permet aux groupes dont il fait partie de travailler auprès de jeunes.

L’éducation, encore payante à cette époque, le contraint à écourter lui-même son parcours scolaire, faute de moyens, et il intègre très tôt le monde du travail. «De toute façon, je travaillais déjà depuis la Form III à mi-temps pour financer partiellement mes études.» À 17 ans, il intègre le monde de l’imprimerie, d’abord pour une entreprise privée, puis, un peu plus d’une dizaine d’années plus tard, dans l’imprimerie du gouvernement, son objectif depuis un bout de temps déjà. Il y est encore aujourd’hui.

Son engagement social reste vivant et dynamique depuis toutes ces années et entretemps il suit des formations en leadership social et en écoute notamment, afin d’étoffer et améliorer son approche au sein des groupes communautaires où il intervient. Parmi, une formation en l’an 2000 avec le Nouvel Institut pour le développement et le progrès (IDP) tous les week-ends pendant un an. Ce qui l’amène à se joindre à un projet de construction de centre paroissial à La Caverne, dont il est aujourd’hui membre du conseil d’administration. Le centre développe quelques activités auprès des enfants et des jeunes.

«En 2002, je réponds à une annonce du ministère de la Sécurité sociale, qui recrute des éducateurs de rue et je suis sélectionné. Je prends un an de congé sans paie à l’Imprimerie et je me lance auprès d’une quinzaine de personnes, dont Edley Maurer (aujourd’hui Coordinateur de l’association SAFIRE), dans le travail auprès d’enfants en situation de rue. Après une formation de 15 jours à La Réunion, trois d’entre nous ont été postés à Barkly. Nous avions pour tâches d’identifier les lieux où se trouvaient des enfants en situation de rue, de les observer et de commencer à les approcher.»

La technique d’approche est particulière, dans le sens où il est important que l’enfant, déjà en proie à des réalités difficiles, ait suffisamment confiance en lui et se sente écouté pour se livrer et raconter son histoire, explique Mario Agathe. «À neuf ou dix ans, ils n’étaient pas scolarisés et dormaient dans la rue, parfois le ventre vide, souvent en sniffant de la colle. Certains d’entre eux n’étaient pas déclarés.» Un travail de réinsertion sociale est entamé par le groupe. Un an après, il retourne à l’imprimerie mais reste en contact avec les éducateurs.

Mais, en 2006, le projet s’arrête brusquement. Ne souhaitant pas abandonner les enfants à leur sort, un groupe d’éducateurs formés, dont Edley Maurer, choisit de poursuivre le travail en formant une association, SAFIRE, et Mario Agathe fait dès le début partie du conseil d’administration. Il est aujourd’hui le président de l’association.

«Au-delà d’offrir à des enfants en situation vulnérable une éducation académique, maintenir une proximité sur le terrain est ce qui leur donne, à mon sens, la possibilité d’aller plus loin, les aide à découvrir leurs capacités innées et à les utiliser pour rebondir. Je pense qu’il est important qu’ils se sentent valorisés pour accéder d’eux-mêmes à une certaine autonomie.» Peu importe la situation dans laquelle se trouve une personne en difficulté, ajoute-t-il, elle a en elle des ressources qu’elle n’imagine pas. «À nous, travailleurs de terrain, de les aider à les (re)découvrir. »

Pour soutenir l’ONG SAFIRE (qui cherche des fonds pour la mise sur pied d’un «Break- Away Home» pour les jeunes suivis) : 433-4371 | [email protected]



En savoir plus sur le centre Frère René Guillemin

Le Centre frère René Guillemin marquait, en décembre, sa première année d’opération. Il propose, depuis sa création, une prise en charge de mineurs et jeunes dépendants aux drogues synthétiques (14-24 ans). Avec une approche thérapeutique centrée sur des pôles bien définis : écoute et accompagnement ; santé ; réinsertion et réhabilitation sociale (considérer le milieu d’où vient le jeune afin de le réinsérer et le garder autant que possible en connexion avec le circuit scolaire) ; et un système d’accueil de jour (non-résidentiel). Le centre propose aussi à différents groupes de jeunes, des ateliers artistiques mêlant expression corporelle, dessins, peinture, musique et danse. Une centaine de jeunes a bénéficié l’an dernier de ces ateliers.


Quelques demandes de bénévoles postées sur ACTogether.mu

L’ONG Soleil de l’Ouest relance l’accompagnement scolaire pour les régions du Morne, La Gaulette, Case-Noyale et Chamarel et sollicite l’aide de ceux qui peuvent donner une heure de leur temps, une fois par semaine, pour aider les enfants de Grade 2 à 4 à apprendre à lire et écrire en utilisant la méthode syllabique.

L’ONG recherche surtout des personnes pour les villages de La Gaulette, Case-Noyale et Chamarel. L’objectif : redonner le goût et l’envie de la lecture et l’écriture aux enfants suivis, en leur proposant une méthode d’apprentissage différente des méthodes classiques, et ainsi, leur donner les chances d’avoir une base pour avancer dans la vie.

Veuillez contacter Soleil de l’Ouest sur [email protected] ou sur le 451-2006

Link to Life recherche des écoutants-bénévoles capables d’offrir une écoute, une présence et une empathie à des personnes hospitalisées (Link to Life offre plusieurs types de soutien aux personnes affectées par le cancer). L’équipe d’écoutants de l’ONG couvre les hôpitaux suivants : Victoria (Candos), Sir Seewoosagur Ramgoolam (Pamplemousses) et Jawaharlal Nehru (Rose-Belle).

Date limite pour s’inscrire : 28 février 2020
Contact : 686 0666 (région Vacoas) / 243 9593 (région nord)

Mission Verte recherche plusieurs aides bénévoles à long terme (au moins un an - fréquence d’aide à discuter) pour les tâches suivantes :
-Soutien aux tâches administratives
-Graphiste pouvant travailler sur de nouvelles brochures pour l’association et aider à remettre à jour une animation audiovisuelle
-Accueil et sensibilisation en individuel sur le recyclage et le tri sélectif en étant posté devant les poubelles de tri (minimum deux heures par semaine)
Le temps de l’équipe de Mission Verte étant limité, il est surtout question d’accueillir des personnes aptes à aider sur une longue durée afin de ne pas avoir à former continuellement de nouvelles personnes.
Merci de contacter l’association par email si cela vous intéresse: [email protected]

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