Éthique et régulation: la profession comptable veut nettoyer devant sa porte

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Le ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, prenant la parole lors de la conférence organisée jeudi par le MIPA. Il insiste pour que les comptables fassent preuve de transparence.

Le ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, prenant la parole lors de la conférence organisée jeudi par le MIPA. Il insiste pour que les comptables fassent preuve de transparence.

Drôle de thématique pour la conférence organisée jeudi, au Caudan Arts Centre, par le Mauritius Institute of Professional Accountants (MIPA), qui regroupe les professionnels de la comptabilité. «Carton rouge aux comptables malveillants» était le titre de cette rencontre. La discussion s’est articulée autour du thème «que faire pour que la profession comptable soit bien régulée à Maurice», sous la présidence de Louis Clensy Appavoo, président du MIPA SMP Committee, et des panélistes, Satyabhooshun Gupt Domah, président du Financial Reporting Council (FRC), Mario Hannelas, directeur du Large Taxpayers Department à la Mauritius Revenue Authority, Yuvraj Thacoor, membre du MIPA Investigation Committee, et D. G. J. Roland Béchard, membre du MIPA SMP Committee. 

L’idée n’était surtout pas de montrer du doigt des professionnels de comptabilité pour un manquement quelconque, mais d’attirer l’attention des membres de l’association sur la nécessité de redoubler de vigilance, face aux risques potentiels auxquels la profession peut être confrontée. Des délits comptables, il en existe pas mal. Sur la liste publiée sur le site https://www.etudier.com/dissertations/Les-D%C3%A9lits-Comptables/462249.html, on peut noter, entre autres, l’omission de recettes journalières ; l’absence d’enregistrement d’opérations réalisées ; le défaut de tenue de la comptabilité ou de passer ou faire passer des écritures inexactes ou fictives ; la facturation de travaux mensongèrement indiqués comme accomplis par une société au livre-journal et au livre d’inventaire ; la tenue sciemment d’écritures comptables inexactes par un professionnel de la comptabilité ; l’omission de passer ou de faire passer des écritures ; et la comptabilité lacunaire. 

Confiance 

Étant lui-même comptable, il s’avère que la tâche du ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, n’était guère aisée. Mais il s’en est quand même sorti. L’une des idées phares de son intervention a été de rappeler aux comptables la nature exceptionnelle de leur fonction pour un pays qui a voulu faire des services financiers un de ses principaux piliers économiques. Il a indiqué comment de mauvaises pratiques comptables peuvent ruiner la réputation d’un pays. 

Pour Mahen Seeruttun, le monde de la finance s’articule entièrement autour de la confiance. Il a rappelé comment la grande crise qui a secoué le monde financier a laissé place au doute et à la suspicion sur la façon dont les professionnels s’acquittent de leurs devoirs auprès de leurs clients. «Lorsqu’une telle situation se manifeste, il faut vite rebondir en fournissant des informations de qualité, en faisant preuve d’un intérêt pour l’exactitude dans la reprise des faits comptables et la démonstration de la détermination à oeuvrer dans le cadre des principes et des règles de la bonne gouvernance.» 

Le ministre a ensuite indiqué ce qui doit motiver les investisseurs voulant s’installer dans une juridiction comme Maurice. «Les investisseurs veulent de la transparence et une visibilité leur permettant de prédire l’évolution de la performance de leur investissement à l’avenir. Ils ont besoin de voir la réalité de leurs affaires de la façon la plus transparente qui soit. Car ce sont bien les états financiers d’une société qui vont finalement contribuer à une prise de décisions judicieuses et saines susceptibles de favoriser la réussite des affaires de la société.» Il a soutenu qu’il n’est pas difficile de comprendre combien la profession comptable doit se battre en permanence pour démontrer sa détermination à satisfaire la demande pour des informations de qualité. 

Puisque ceux qui se trouvent aux avant-postes de ce métier doivent donner le bon exemple, le MIPA a publié sur son site Internet le dernier rapport financier pour l’exercice se terminant au 30 juin 2019. Il a terminé cet exercice avec un surplus de Rs 3,4 millions qui est bien au-delà du surplus enregistré l’année précédente, qui se chiffrait à Rs 1 million. Pas de souci non plus au niveau de ses réserves, qui sont passées de Rs 8,1 millions en 2018 à Rs 11,5 millions, soit une hausse de 42 %. 

On apprend également que le MIPA a fait le plein au niveau de la souscription de ses membres, qui constitue sa principale source de revenus. Le montant des souscriptions est passé de Rs 4,9 millions à Rs 9,7 millions en 2019.

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